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INTRODUCTION. — EAUX MINEUALES. XXIII

cament purgatif. Les eaux moins fortement minéralisées, contenant en général une proportion notable de carbonate et de chlorure sodiques participent, dans leurs effets, de cette nature complexe. En boisson, a faible dose, elles constipent ordinairement; à la dose de trois à six verres, elles produisent un effet laxatif qui ne dure que deux ou trois heures et ne s'accompagne pas de coliques; elles activent en outre la diurèse. Le traitement détermine bientôt une congestion marquée des vaisseaux héinorrhoïdaux. Loin de se sentir affaibli, comme par les purgatifs ordinaires, le malade éprouve un sentiment de bien être et d'augmentation des forces; le poids du corps et l'embonpoint diminuent, l'action résolutive se manifeste en même temps que l'appétit devient plus vif. Ces eaux sont reconstituantes, comme les chlorurées et, comme les bicarbonatées, elles ont une action élective sur le système de la veine porte et sur le foie. A cet effet viennent s'ajouter comme adjuvants ceux du traitement externe.

Les eaux sulfatées sodiques et mixtes sont indiquées principalement dans la dyspepsie, les affections du foie, la surdité et la conjonctivite scrofuleuses, la cachexie paludéenne dans ses manifestations hépatique et splénique, les maladies chroniques du rein et de la vessie, la gravelle et les engorgements de l'utérus.

Les eaux sulfatées calciques ont, suivant Petrequin et Socquet, une influence évidente sur les voies urinaires; elles sont diurétiques et impressionnent la muqueuse vésicale. Plusieurs de ces eaux paraissent agir spécialement sur les voies respiratoires : enfin elles ont quelquefois un effet purgatif. Suivant M. Durand-Fardel, elles sont avant tout sédatives.

Les eaux fewugineuses sont essentiellement toniques et reconstituantes ; elles l'emportent de beaucoup sur les meilleures préparations martiales du laboratoire comme facilité d'assimilation. L'estomac supporte difficilement, en général, celles qui sont chargées de sulfate de chaux ou non gazeuses. Les eaux ferrugineuses répondent, comme agent thérapeutique, à la chlorose et à l'anémie.

Le manganèse, souvent uni au fer dans les eaux minérales, est un adjuvant très utile de ce métal et paraît en faciliter l'assimilation.

L'arsenic existe aussi dans un assez grand nombre d'eaux de minéralisation diverse. On reconnaît à ce métal des propriétés altérantes et, sans doute, il contribue aux effets thérapeutiques des eaux qui en contiennent une certaine proportion, mais on n'a pu jusqu'à présent préciser son action dans le traitement hydro-minéral et la distinguer de celle des autres principes auxquels il est uni.

Dans cette revue sommaire des indications auxquelles répondent les eaux minérales, une question fort importante doit trouver place : quelle est l'action des eaux sur la syphilis? Les ouvrages d'hydrologie médicale et les médecins d'un grand nombre de stations thermales s'accordent à présenter certaines eaux comme facilitant le diagnostic dans les cas douteux, en faisant apparaître des manifestations diathésiques, et comme venant en aide au traitement, en augmentant la tolérance du mercure et de l'iode ; des médecins étrangers ont même avancé que leurs eaux suffisaient à elles seules, et sans le secours d'aucun autre agent thérapeutique, au traitement de la syphilis.

Ces différentes propositions ont été l'objet de discussions approfondies à la Société d'hydrologie médicale de Paris. On considéra, comme insuffisantes, les observations présentées pour établir la propriété curative des eaux, sans le secours des médicaments spécifiques. Mais l'utilité des eaux minérales, au point de vue du diagnostic et comme adjuvant dans le traitement, fut admise par la majorité des membres de la Société et notamment par tous ou presque tous les médecins de stations thermales. En revanche, les syphiligraphes les plus autorisés n'accordent aux eaux minérales aucune propriété utile soit au diagnostic, soit au traitement de la syphilis. Ils reconnaissent seulement que certaines eaux, par leur action sur des manifestations d'une autre nature, comme celles de la scrofule ou du rhumatisme par exemple, peuvent, en reconstituant ses forces, permettre au malade de résister mieux à la diathèse syphilitique.

A l'action complexe des eaux viennent s'ajouter celle de l'hygiène, pendant et après le traitement, et celle du climat, plus ou moins salubre dans le pays où sont situés les thermes. Ces considérations sont d'une grande importance pour le

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