CURES DE PETIT-LAIT ET DE RAISIN
C'est à Gaïs, dans le canton d'Appenzell que, vers 1750, fut installé le premier établissement pour l'emploi du petit-lait comme agent thérapeutique.
Le raisin est surtout employé comme moyen complémentaire du traitement par les eaux minérales, et son usage en ce sens est assez récent. Le petit-lait, souvent employé dans le môme but, est fréquemment donné comme adjuvant du traitement hydrominéral. C'est à la fois comme laxatifs, comme résolutifs et comme analeptiques que l'un et l'autre sont prescrits.
On donne le petit-lait en boisson et en bains; mais, sous cette dernière forme, il n'est usité que dans quelques établissements où l'on peut s'en procurer la quantité nécessaire.
En boisson, le petitdait de vache est donné à la dose de deux à cinq verres, 0Ut,2bO à 0lit,625; le premier verre se prend à jeun et le second un quart d'heure après ; on se promène en plein air dans l'intervalle. Le petit-lait de chèvre ou de brebis se donne à dose moins forte, on ne dépasse pas trois verres, 0Ht,360. La durée du traitement est communément de six semaines à deux mois, et l'on conseille en général de la prolonger dans le pays qu'on habite le reste de l'année. Quelquefois aussi le raisin est donné comme traitement complémentaire après le petit-lait, ou comme transition entre deux traitements de ce dernier genre. Jamais les deux moyens ne doivent être employés concurremment.
Nous avons dit que le petit-lait est purgatif. Dès les temps antiques on lui avait reconnu cette propriété. Il agit comme dépuratif et par dérivation-, de même que les eaux dont on le rapproche au point de vue minéral, il fortifie tout en purgeant • de plus il est analeptique et produit en même temps sur l'organisme un effet de sédation. Aussi le donne-t-on comme correctif d'eaux très excitantes.
Les auteurs allemands ont attribué au petit-lait beaucoup de propriétés. Quelques-unes sont difficiles à déduire de sa nature et d'autres sont plus ou moins controversées, mais, si l'on a
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été un peu loin et si l'imagination a quelque part aux propositions avancées, il reste un fond incontestable.
Pendant une cure de petit-lait, les aliments azotés et plastiques, viandes fortes, poisson, doivent être exclus du régime et remplacés par les viandes grasses, plus riches en carbone et en hydrogène qu'en azote, par les végétaux de digestion faciler par les compotes de fruits. La constitution plus ou moins faible, plus ou moins irritable et nerveuse, guide le médecin dans le choix des aliments et dans leur quantité, qui doit toujours être modérée. On conseille d'éviter les farineux dans certaines limites. Le vin doit être peu capiteux et mêlé d'au moins trois quarts d'eau. Le café, le thé et les liqueurs spiritueuses sont absolument interdits.
Un exercice modéré convient au malade, mais il faut se défier des refroidissements, si faciles dans les pays où sont situées la plupart des stations de petit-lait.
Les propriétés du raisin sont analogues à celles du petit-lait, dont on l'a rapproché sous le rapport des éléments constituants. Il est en effet laxatif, il agit comme résolutif sur les organes congestionnés, mais il est excitant plutôt que sédatif, et plus nourrissant que le petit-lait.
Sous l'influence du traitement par le raisin, la circulation est activée, les forces se relèvent et la maigreur fait place à un état d'embonpoint que l'effet laxatif n'empêche pas, mais qu'il maintient dans certaines limites.
Le malade soumis à une cure de raisin mange en une, deux, trois, puis quatre fois dans la journée, une certaine quantité de raisin parfaitement mûr et de bonne espèce. Les variétés muscat de Roussillon et de l'Hérault, pineau et chasselas de Fontainebleau, sont celles qu'on préfère. On commence par 500 grammes et l'on va jusqu'à 3 kilogr., quelquefois 4, rarement plus. On mange le raisin seul, et le traitement constitue ainsi des repas supplémentaires qui ne sont pas sans importance. Le premier doit être le plus fort, les autres sont égaux entre eux. On mange la première dose à jeun et dans la vigne encore mouillée de rosée. Tel est le précepte, auquel on doit ajouter quelques précautions à prendre par les malades pour éviter les refroidissements, faciles à cette heure dans les pays accidentés, et au