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INTRODUCTION. — EAUX MINERALES. IX

nette. Nous nous sommes donc arrêtés à la division la plus généralement admise.

Nous considérons comme froides les eaux dont la température est inférieure a 20°; nous appelons thermale toute eau à température sensiblement constante de 20° au moins.

Classification. — On compte presque autant de classifications que d'ouvrages d'hydrologie minérale. C'est dire qu'aucune n'a pu jusqu'à présent faire loi. Nous suivrons celle qu'ont adoptée les auteurs du Dictionnaire général des eaux minérales et que M. Durand-Fardel avait formulée dès 1857. Cette classification, débarrassée des termes vagues ou ambigus que présentent la plupart des autres, nous semble claire et logique.

Les auteurs ajoutent quelquefois, à la qualification qui exprime le principe dominant dans l'eau minérale, un sous-titre indiquant un autre principe, comme l'acide sulfhydrique, le fer, etc., en quantité trop faible pour déterminer la classe de l'eau, mais qui modifie ses propriétés et dont la présence est importante à connaître au point de vue médical. Nous avons fait de même pour l'iode, le brome, l'arsenic et l'acide carbonique libre.

Bien que la qualification de gazeuse semble devoir s'appliquer à toute eau dégageant un gaz quelconque, l'usage l'attribue seulement à celles qui dégagent en grande quantité de l'acide carbonique et cette désignation complémentaire est utile.

L'arsenic existe dans certaines eaux en proportion assez forte pour que plusieurs auteurs aient cru devoir établir une classe d'eaux arsenicales. Jusqu'à présent les propriétés médicinales de l'arsenic ne sont pas à beaucoup près définies comme celles d'autres principes, du fer, par exemple, et malgré l'importance incontestable que ce corps donne à quelques eaux, la désignation d'arsenicale en sous-titre nous parait suffire. Il en est de même pour l'iode et le brome.

Origine des eaux minérales. — On a dit que les eaux minérales se formaient dans les profondeurs du globe, par la combinaison de leurs éléments, sous l'influence de l'électricité. Il est certain que les corps à l'état gazeux qui s'échappent de la bouche des volcans ou des fumerolles, existent primitivement

ou sont élaborés au sein de la terre, et que ces corps, hydrogène carburé, acides azotique, sulfurique, sulfhydrique, chlorhydrique, borique, etc., aussi bien que des corps simples à l'état gazeux, l'hydrogène, l'oxygène et l'azote, sont au premier rang parmi les principes des eaux minérales. De plus, rien n'empêche d'admettre qu'il se forme de l'eau dans les cavités de la terre, comme dans l'appareil de Lavoisier, et que cette eau, sous l'impulsion d'une force quelconque, émerge à la surface du sol. Mais, d'autre part, on ne peut méconnaître l'influence des phénomènes atmosphériques sur l'abondance, la température et la minéralisation de beaucoup de sources, non plus que la coïncidence des sources thermales et minérales les plus importantes avec les traces d'anciennes convulsions du sol, et ces faits semblent démontrer que les eaux versées par l'atmosphère pénètrent l'écorce du globe et vont alimenter des nappes souterraines qui se minéralisent, au contact et par la réaction des corps solides et des gaz, dans les profondeurs des terrains volcaniques anciens ou nouveaux. De là ces eaux remontent à la surface du sol, soit en vertu des lois qui régissent les nappes artésiennes, soit sous la pression des gaz dilatés (voyez Annuaire des Eaux de la France, pages 320 et suivantes. — Filhol, Eaux minérales des Pyrénées, pages 434 et suivantes).

Sur plusieurs points, l'homme a pu sonder ces océans souterrains. C'est ainsi qu'à Carlsbad, après avoir percé, au-dessous de la croûte calcaire sur laquelle est bâtie la ville, plusieurs autres voûtes couvrant d'immenses cryptes, la sonde a pénétré dans un abîme dont on n'a pu atteindre le fond et d'où l'eau minérale s'est échappée avec une violence et un bruit effrayants.

Calorique des eaux thermales. — C'est à leur séjour dans ces régions profondes et d'une haute température que certaines eaux minérales doivent leur thermalité. On a dit avec raison que ce caractère physique était comme le complément de leur essence et que les eaux froides, même à égalité de principes minéralisateurs, ne pouvaient être placées sur la même ligne que les eaux thermales.

Cette chaleur native des eaux a été comparée aussi à la chaleur propre des êtres vivants et longtemps considérée comme

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