‹ Les baleiniers, voyage aux terres antipodiques;Chapitre 14 sur 22 · IT · texte numérisé non relu

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fottcèr tei pirogues, afitt de les remplir d'huile, et le maître charpentier dressa des plans pour construire, au prochain voyage, une cale supplémentaire dans dha({uehtine.

i La réputation de Lôok-Sharp s'étendit^ eomme un coup dé vent, dans tout le Nord-Amérique. Les armateurs se le disputèrent au poids de Tor, et les capitaines ne parlèrent plus qu'avec Jalousie du grand confrère du Sag'^Harbour. Il exécuta quatre voyages, tous aussi heureui que le premier^ et sa femme, pendant les quatre voyages, lui apporta quatre petits enfants y

> n voulait déjà se mettre à quai (se retirer du service) pour toujours, car il se sentait assez riche pour ne plus risquer d'aller prendre une demi-lasse dans le grand bassin; mais madame, qui avait mis le cap sur un palais de New* York, le pria tant et tant de filer Técoute du grand foc encore une fois, qu'il céda et se prépara à partir.

t Mais ne voilà-t-il pas que, la veille de l'appareillage, le choléra emporte ses quatre enfants.

LES BAtËtniERS 139

— Stop, minute I s'écrla-t-U, je ûe pars pas. -* Tu partiras. Je te les remplacerai.

— ' Je ne pars pas.

^ Tu partiras. Je t'en ferai plutôt huit.

— Je ne pars pas.

Elle ignorait, la malheureuse, qud son époux

était mscrit au registre matricule du roi des balehies et de l'empereur des cachalots i Elle Tlgnorait, et fit si bien, que Look-Shàrp, entortillé, obéit, et partit en faisant cette réflexion :

9 — Je ne cours pas plus de dangers qu'autrefois ; Tatné de mes eniknts morts avait quatre ans ; puisqu'ils sont devenus baleines, ils ne sont encore que des baleineaux, des cafres. £h bien, Je ne piquerai pas de caftes.

» Il ne chassa dotic pas de cafres, et fit un voyage très-heureux.

» Son épouse, qui, pendant son absence, naviguait avec un jeune commis aux écritures, l'entortilla de nouveau, et le contraignit à partir, mais pour la dernière fois, pour la clôture défmitive et sans remise.

140 LBS BALEINIERS

» Pendant qu'on réarmait le navire, le père Look- Sharp, vieillard de quatre-vingts ans, rempit son câble (mourut). Look-Sharp résolut d'abord de ne pas partir, mais* il réfléchit, comme il avait réfléchi à la mort de ses enfants.

» — Mon père, se dit-il, était bossu de son vivant; il doit donc être baleine à bosse après sa mort. Or, nous ne péchons jamais la baleine à bosse, elle est trop maigre; il n'y a donc pas de danger que je tue mon père baldne. File l'écoute du grand foc f — Adieu ! va pour la dernière fois.

9 Six mois après. Look- Sharp n'avait plus besoin que d'une seule baleine pour retourner chargé à Sag-Harbour, et il amena sa pirogue sur une grosse mère qui jouait avec son cafre à un mille du bord.

» — Sauve la vie au cafre I cria-t-il au harponneur.

» Trois heures après, le pauvre petit cafre nageait autour du navire, et flairait avec anxiété les bordages de la cale, où sa maman était descendue, coupée en morceaux.

» — Enfants, tout est dit, s'écria alors Look- Sharp ; en route pour chez nous. — Au vent la barre, timonnier I — Brasse carré, et arrive pour Sag-Harbour!

» Et il se disait à lui-même :

> — Si maintenant le grand monsieur noir, qui m'a rendu louche et m'a fait faire ma fortune, me rattrape jamais à espeller des baleines, je veux que les cochons rôtis courent dans les rues de Sag-Harbour, la fourchette sur le dos, et la moutarde sous la queue! Âh! oui, ce sera un fameux roué, si jamais il me voit reprendre un harpon et une lance t . . .

> Et, se frottant les mains, il descendit se coucher. Mais, avant de se coucher, on écrit toujours le journal du bord. Il écrivit donc.

» — Croissez, croissez, mes petits-enfants, mes bons cafres, murmurait-il en écrivant; poussezvous du gras jusqu'à deux cents baleines; j'irai vous rejoindre quand je me mettrai en dérive^ comme mon père, à quatre-vingts ans !

» Mais ne voilà-t-il pas que, tandis qu'il écrivait,

lis LES ikitimtns

il efttdndît tin hftiit comme un grtttefllêint à Vm des sabords de l'sftt'ière de h chaiùbre. D*àb(«td, il n'^ fit pas grande attention, pensant cjfi'tta bout de corde à la traîne chatouillait le couronnement du natire. Mais le bruit redoubla, r^ôoutllle dtl sabdrd se sôuléfta, et une figure se fliontfa... VStiè flgtii'é â^êc un nez aplati, en forilie de patte d'anci*éf, mie figure avec un œil tert et ttn œil fouge, une figtife, enfin, pareille à celle dti gfànd monsieat nofiï* dé là Marée ftiontante...

> Et, de cette figure, il Sortit une tdlx c(tli prononça ces mots :

t — SafiS VOUS déranger, pardon, etcuSe, maître Look- Sharp; écrivez ceci sur le livre du bord r € Cejourd'hui, tant et tant, le capitaine dti Sug-Ëar^ % bout est tombé à la mer, et ri*a pti être repêché. . , • Écrivei ceci, et doimez-raoi la main.

i Et le grand monsieur noir allongea le bras, et, au bout de ce bras, il avait tiné griffe en formé de foene, laquelle se cramponna SUT l'épaule du capitaine.

» ^ H<^ J s'écria celiji-çi, que signifie cett« poignée à^ fngin? E^t^ce que j'aurais fait souflte le »wa k Vm 4es B^enabre? de ma famille ?

» — Oui.

• «,*Piwpo«&ible?

» — C'est plus que possible, -^ ^'est vmi, — r tu vifflis ijle tuer ta (&swm^ qui, ce oiatiQ, éta^t accouchée d'an petit gàvçm*

» — A.bt la satauée femelle I U était donc é^it (pi-elle ferftit twjours mon malbeur. J'avais recomïm^d*ép^gim le eafre.

p 5Tir Celui-là, t» pouvais le tuer.

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