L ANTHROPOPHAGIE
Les Papouas ne mangent que les vaincus. Ds dépècent les cadavres avec des couteaux de forme particulière et qui ne servit qu'à cela. Autrefois, ces couteaux étaient en piorre dure ; depuis leurs relations avec les Européens, ils sont en fer de feuillards.
M. Morell, ce capitaine américain dont j'ai déjà parlé à propos des îles Auckland et des amours des phoques, faillit être victime d'un guet-apens aux îles Fidji.
n ne dut Gon salut qu'à son sang-froid, mais il perdit quatorze de ses compa^'nous.
De retour à grand'peine sur son bâtiment, il prit une longue- vue et la dirigea vers la plage.
€ A Taide de cette longue-vue, raconte- t-il., je vis les barbares couper les membres de mes malheureux matelots qui vivaient encore, et plus d'un d'entre eux vit rôtir et dévorer sa jambe ou son bras avant que de mourir. »
M. Morell se réfugia à Manille, où il compléta et augmenta son équipage; puis il revint tirer vengeance de ces insulaires, qui, lors de sa première visite, l'avaient cordialement accueilli.
M. Morell commandait alors son joli schooner /'ylnfarcri^w^. 11 parcourait l'Océanie pour recueillir la biche de mer, le tripang, dont les gastronomes chinois font un si grand usage.
Ce mollusque, le gaUero-pedo-pulmonifero de Cuvier, habite les rochers à fleur d'eaa de presque toutes les îles de TOcéanie; mais, selon le navigateur américain, le tripang des îles du Massacre est le meilleur qu'il ait jamais rencontré. Les Chinois, l'emploient comme fortifiant et aphrodisiaque, et le mangent indiffé-
remment avec le bœuf, la volaille elles légumes.
Selon moi, la religion, la vengeance, la sensualité, la disette, séparément et collectivement, ont poussé et poussent encore Thomme à dévorer l'homme.^ et, malheureusement, on peut trouver des exemples d'anthropophagie ailleurs que chez les Océaniens.
Passons en revue ces mobiles divers :