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Dillon refusa, et, comme il n'avait pas de temps à perdre, lui et ses compagnons se retirerait à reculons, menaçant à chaque instant de casser la tête du prêtre, s'il osait Ifaire un pas en avant vers les indi-
La vie de Tambetti était sacrée, et le peuple, plutôt que de la compromettre, laissa le capitaine et ses deux compagnons effectuer leur retraite sans faire aucune démonstration hostile.
Mais, dès que les trois Européens eurent sauté dans le canot, les sauvages accoururent en foule et saluèrent les fugitifs d'une grêle de pierres et de flèches.
Par bonheur, les Anglais étaient déjà hors de la portée des fliVshes et do la fronde, et ce fut en remerciant la divine Providence qu'ik atteignirent à force do ranges k Nunki\ qui s'éloigna au momeat où le aoleil iH>8usalt d'tWaiivr ce terrible spectacle.
h^ imwûUXimki^ di$|\iratt de rOcéame à mesure ^w V\\\\\\\mis^ d«\< Ku)\)p<k\n$ grandit dans la mer IVitUju^, , IV i<y ^hmiji iH^mcoi^p de pavî^» et particu-
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lièrement aux îles Sandwich, aux Marquises, à Taïii, il est passé à l'état de souvenir.
A la honte de Thumanité, l'histoire nous révèle que des peuples civilisés ont immolé et mangé des hommes...
J'ai laissé de côté les Amériques, l'Afrique et l'Asie; mais le lecteur doit être las de m'entendre parler si longtemps de ces orgies de sang et de ces bombances de chair humaine en Océanie.
La Peyrouse, Delangle, La Place, Dumont d'Urville, d'Harcourt, etc., etc., y ont essuyé de terribles catastrophes, qui, toutes regrettables qu'elles sont, n'approchent pas cependant de celles qui ont si souvent' frappé d'humbles aventuriers, pioniers infatigables du commerce et de la navigation, tels que les baleiniers français, anglais et américains, et ces bâtiments à cargaison recueillie d'Ilot en îlot, tels qu'en commandaient Morell l'Américain, Dillon-Peters l'Anglais, etc., etc.
L'équipage du baleinier VUnUm a été rôti en entier aux îles Viti.
Le célèbre baleinier Powel du Ramcler est mort à Vavas avec un grand nombre de ses compagnons, en roulant arracher des mains des naturels son aôné, John, dont Ozëla, fille d'Aouloulala, principal chef, était tellement amoureuse, qu'elle voulait s'opposer à son départ.
Pendant que nous péchions à la Nouvelle-Zélande, le navire le Liancourt, du Havre, n'a dû son salut qu'à une bonne brise qui l'emporta loin de Eloudy- Bay. Depuis, il s'est perdu dans la mer d'Otschoke.
D n'y a pas une baie, pas une crique de la Nouvdle- Zélande qui n'ait été témoin d'un de ces horribles drames.
Chaque numéro des journaux anglais qui se publient à la baie des îles, à Wellington-Tov^rer, à Nicholson, à Gantorbéry, contiennent des récits de combats que les tribus refoulées à l'intérieur se livrent entre elles, et des saturnales qui suivent la vîctotte.
Malheur à l'homme blanc qui tombe entre leurs mains.
n y a deux ans, des naturels du détroit de Cook dévorèrent en entier un poste nombreux de colons anglais qui avaient entrepris le défrichement de je ne sais plus quelle partie du littoral.
La fréquentation des Européens, la colonisation de ces grandes terres que les Anglais ont entrepris sur une vaste échelle font disparaître peu à peu ces horribles coutumes qui, néanmoins, je crois, n'affligeront plus Thimianité que lorsque la race européenne se sera complètement substituée aux indigènes.
Quand le vainqueur mange son ennemi après le combat, il ne croit pas seulement manger son corps, mais aussi manger son âme : c'est un outrage de manger le corps, et c'est un avantage de manger la tcàidoua^ l'âme du vaincu, car ils pensent l'assimiler à leur âme propre. Cette superstition est toute-puissante en temps de guerre, surtout chez les Zélandais : le courage du vaincu s'ajoutera à leur courage, ils héritent ainsi de ses nobles facultés. D'ordinaire, après le combat, on commence par dévorer le corps des
guerriers les plus vieux et les plus courageux, les plus tatoués^ laissant de côté les corps des jeunes gens qui débutent à la guerre, quoique cependant leurs masses musculaires soient plus appétissantes.
liCS vainqueurs veulent donc avant tout s'assimiler, s'inoculer, s'inféoder la vie, le courage des plus grands guerriers, quelque maigres et décharnés qu'ils soient.
Considéré à ce point de vue, !e cannibalisme serait presque excusable chez des peuples barbares.
Les Zélandais estiment particulièrement la cervelle vi rejettent le reste de la tête.
Nikols, un missionnaire anglican, dit cependant que Pomaré, de h baie des Iles, mangea six têtes entlN^es.
llnbltuoUemont^les têtes des chefs sont desséchées, ot parfaitement conservées à l'aide d'ingénieux procédé», et, quand une tribu veut faire la paix, elle offre à Itt tribu valneiio, pour gage de ses bonnes intentions, la têtt^ dos olu^fa (jumelle a perdus.
On m trnlUiuo aunal aux environs de la baie des
Iles, et on en apporte un certain nombre en Eiïrope très-bien momifiées.
Les os des chefs sont soigneusement mmassés, et on en fabrique des couteaux, des hameçons, des pointes de flèche, de lance, de javelot, et des ornements de toilette.
Je possède des hameçons armés de fragments d'os humains très-pointus.
Parfois, on détache la main et Tavant-bras, et on les fait sécher à la fumée d'un feu d'herbes ai'omatiques. Les muscles, les tendons et les doigts se raccomissent, et le tout forme un croc qu'ils placent dans leur cabane pour y suspendre des paniers, des armes. J'ai vu plusieurs de ces patères. Us utilisent ainsi les débris du cadavre pour faire sentir à la famille du chef qui n'est plus, que, même après la mort, il est encore l'esclave du vainqueur.
Avant le repas du triomphe, chaque guerrier boit du sang de l'ennemi qu'il a tué de sa main.
L'atoua, le dieu des vaincus, est alors soumis à Tatoua du vainqueur. Kandalle rapporte que, vers le
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territoire de Soukianga, Scbongui mangea l'œil gauche d'un grand chef. L'œil gauche, selon leur croyance, devient une étoile au firmament, et Schongui croyait que, désormais, son étoOe serait plus brillante, et que la puissance de sa vue s'augmenterait de toule la puissance de la vue du défunt.
LA RBLIGIOM
Me voici arrivé aux contradictions. Quelques voyageurs prétendent que les Nouveaux-Zélandais croient que rame de celui qui a été mangé est, ainsi que son corps, condamnée à un feu étemel.
Je n'ai jamais eu la confirmation d'une pareille croyance. Comme elle se rencontre chez d'autres peuples océaniens, on aura commis une erreur en la leur attribuant. A Bornéo, à Sumatra, et sur d'autres grandes terres, ainsi que chez l'Australien, l'âme en peine de celui qui a été dévoré, erre' sans cesse et sans repos autour du tombeau (Yondoupa) de ses pères. Quelques peuples même ont un Elysée (le Balaton
hyppa^ YAta myra)^ d'où les âmes des vaincus sont à jamais proscrites. Les Zélandais, tout en croyant à la survivance de l'âme du corps, ne parlent pas du séjour des bienheureux. Ils ont plusieurs dieux, outre le grand Atoua, le principal ; mais le nombre de ces dieux est illimité, et chaque chef qui meurt victorieux devient dieu à son tour.
Voilà, du moins, ce que j'ai pu comprendre de plus clair dans leur barbare théologie; et l'action de couper la tête de son adversaire, l'élever par les cheveux au-dessus de sa bouche, afin de boire le sang chaud qui s'échappe des jugulaires et de la carotide; l'action d'avaler son œil gauche, de mâcher ses muscles avec enthousiasme afin d'hériter d'une étoile, d'une âme, n'est-ce pas se préparer à être dieu, quand la mort surviendra, dans la paix ou dans le combat?
n y a toujours des sacrifices humains après la mort d'un chef, et les Zélandais mangent les victimes, quoique ce ne soit pas obligatoire.
Le nombre des esclaves immolés varie selon le
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rang du chef qu'on pleure, car la tribu redoute la puissance du chef qu'elle a perdu. La mort n'a pas afifaibh le principe d'autorité. Ce sacrifice a lieu afin d'apaiser la wàidotui^ Tâme du mort, d'arrêter sa colère, qui tomberait sur les survivants de sa famille et de lui procurer des esclaves pour le servir parmi les dieux dans l'autre monde. Un coup de massue (merë) abat les victimes désignées au moment oh elles y pensent le moins.
La reli^on ordonne alors que les corps des esclaves soient déposés sur celui du chef; mais il arrive souvent que les sacrificateurs préfèrent les manger. A l'exemple de nos ancêtres du vieux continent, les Gaulois et les' Germains, ils sacrifient des hommes au commencement de la guerre et pendant ses dernières péripéties.
Quoique les Zélandais ne se cachent pas d'être cannibales, leurs chefs cherchent parfois cependant à s'en excuser. Ainsi, Marsden dit qu'ils se font le raisonnement suivant :
— Les grands poissons de la mer se mangent entre
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eux ; les grands poissons itiàtlgent les jpetits poissons ; les petits poissoils mangent les insectes; les chiens mangent les hommes; les hommes mangent les chiens, et les chiens se mangent entre eux; les oiseaux de Tair s'entre-dévorent aussi; enfin, les dieux dévorent un autre dieu. Pourquoi, entre ennemis, ne nous mangerions-nous pas?...
— Mais, répondit Marsden au chef qui discourait ainsi, je ne vois pas qu*un dieu ait jamais dévoré un autre dieu.
Schongui, le grand chef, qui était présent,' répondit :
— Cela s'est vu, se voit et se verra. Quand je suis allé en guerre vers le Sud, j^ai tué ime grande partie des habitants, puis j'ai eu peur que leur dieu ne voulût me tuer pour me manger, car je suis un dieu; alors j'ai tué le dieu de ces étrangers : c'était un reptile; j'en ai mangé une partie, et j'ai réservé l'autre pour mes amis. Cette nourriture sacrée nous a mis à l'abri de son ressentiment.
Outre le grand dieu,rAtouâ, outre les chefs vain-
queurs qui deviennent dieux après leur mort, il y a encore un dieu pénate pour chaque tribu, dieu représenté tantôt sous la forme d'une plante, tantôt sous celle d'un animal, d'un reptile, d'un insecte, d'un oiseau.
C'est ce même Schongui que Dumont-dTJrville a interrogé sur les sacrifices humains et sur l'habitude de manger les vaincus et les victimes ; mais l'illustre navigateur n'a pu recueillir que des faits déjà confus, faux ou falsifiés pour la plupart ; il a passé trop rapidement devant cette terre, ce c[ui ne Ta pas empêché de laisser un travail qui seul suffirait à la gloire d'un navigateur : les reconnaissances, les plans, l'hydrographie de quatre cents lieues de côtes sur les deux îles Ikana-mawi et Tavaï-Pounama.
H y a, d'ordinaire, suspension d'armes après la mort du chef qui tombe^le premier dans le combat.
n arrive que le parti qui n'a pas perdu son chef réclame le corps du défunt ; si la tribu est intimidée, elle livre le corps, ainsi que la femme du chef, qui est mise à mort aussitôt, et qui même se livre vo-
lontairement aux ennemis, si elle aime son mari.
Les prêtres et les prêtresses dépècent les cadavres, les divisent en morceaux, en mangent quelques-uns, offrent le plus grand nombre à leurs idoles, et consultent les dieux sur l'issue de la guerre actuelle. Pendant leurs cérémonies et leurs prières, les autres chefs et le peuple s'accroupissent autour des arikis (prêtres) et gardent un profond silence en se couvrant la tête avec leur natte de phormium, de peur que leurs regards profanes ne troublent les saints mystères.
Puis le combat recommence ou la paix se fait, selon les augures ; dans ce cas, il n'y a pas dé déshonneur à ce que la tribu livre le corps de son chef, car ce n'est que dans un but religieux, et le cadavre n'est pas dévoré.
Dans d'autres circonstances, après la mort d'un chef, il est d'usage que la tribu victorieuse suspende le combat pour offrir un sacrifice à ses dieux, surtout si elle s'est emparée du cadavre du chef. La femme de ce chef vient se livrer d'elle-même aux vainqueurs
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et estmiseà mort* Alors les prûacipaiix pr^res etles priudpaax chels préparent le corps du dâunt. Tandis qoe la grande prétresse et les femmes des chdEs préparent de leur côté cdni de la femme, les corps dépecés sont rôtis devant des hrasiors; certaines portions sont oiE»tes aux dieox, sdon des rites par— ticuliers. Les arikis, par intervalle, prennent de petits fragments de cette chair sacrée, et les mangent dans un grand recueillement, en ayant l'air de consulter les dieux sur l'issue de la guerre.
Si les dieux se montrent Ëivorables à la tribu, le combat recommence, sinon la tribu, quelle que soit sa force numérique, et malgré les avantages déjà ranportés, retourne dans ses pas (villages fortifiés). Comme plus haut, les guerriers, pendant cette cérémonie, se voilent la £ace et gardent un profond silence.
La cérémonie religieuse terminée, le festin commence, les chairs rôties sont partagées entre les chefs et les principaux guerriers, qui les mangent avec ferveur surtout. Si la guerre n'est pas interrompue, les
plus grands chefs font la provision de plusieurs morceaux d'élite qu'à leur retour ils distribueront à leurs amis absents.
C'est un honneur insigne, c'est une haute marque de distinction.
Quand les distances à parcourir pour le retour sont considérables, et qu'il est à craûndre que la viande sacrée ne se coiTompe, on opère une espèce de transvbstanUation. Le grand-prétre prend un morceau de bois nommé rakaurîapou^ et le met en contact avec les chairs consacrées, tandis qu'il récite de longues prières.
Ce morceau de bois est ensuite soigneusement enveloppé dans une natte et confié aux soins d'un per* sonnage ftibow^ (sacré, inviolable). Quand les guerrier: sont arrivés au chef-lieu de la tribu, le grandprétre reprend lerakau-tapou^ le couvre d'un monceau de tranches de porc et de patates et récite encore de longues oraisons. Puis le morceau de bois est enlevé, jeté au loin dans un endroit solitaire, où, aucun regard profane ne le reconnaîtra ; alors cette
chair de porc et les patates <Hit reçu qualité de chair homaine, de chair sacrée, et les habitants qui n'ont pas été à la guerre les dévorent ayec délioes.
Deux Aurais racontent qu'ils ont assisté à l'immolation d'un esclave des îles Fedji. L'oreille étant un morceau très-estimé, deux des chefs se les réservèrent ; ils en prirent chacun une et la mangèrent, après l'avoir trempée dans le samboul^ mélange de sel et d'épices.
Les assistants se précipitèrent ensuite sur le condamné, qui respirait encore, et chacun coupa à même le corps, le morceau qui lui convenait.
Bientôt après, mais seulem^t par déférence pour les deux Anglais qui assistaient à c^te exécution, on firappa la victime au cœur afin de lui donner le coup de grâce.
Le code des Battas condamne à être mangés vivants ceux qui se rendent coupables d'adultère, ceux qui commettent un vol de nuit, les prisonniers de guerre, ceux qui, étant de la même famille ou de la même tribu, contractent mariage entre eux; enfin
ceux qui attaquent traîtreusement les habitants d'une maison ou un homme isolé. Un tribunal institué ad hoc prononce sur ces crimes. Après les débats et le jugement, les juges boivent chacun mi verre de kawa ou d'autre boisson fermentée, comme pour ratifier la. sentence, et l'exécution a lieu, sans délai, en présence de tout le peuple.
Mais, en cas d'adultère, une dernière formalité est nécessaire, indispensable: il faut que les parents du coupable ou des coupables assistent au supplice.
Gomme je le disais plus haut, le mari, la femme, ou les personnes le plus directement offensées, ont le droit de s'adjuger les oreilles du condamné; chacun selon son rang, choisit son morceau, le chef des juges coupe ensuite la tête et la suspend comme un trophée à l'entrée de sa cabane.
La cervelle, à laquelle on attribue des vertus magiques, est conservée dans une courge. Les intestins ne sont pas dévorés ; mais la plante des pieds et le cœur, accommodés avec du riz et du sel, sont regardés
comme un plat délicieux.