XII. — Plus lourd que l'air
Malgre le succes des experiences qui ont fait entrer dans une voie toute nouvelle le probleme de la direction des ballons, les partisans de V aviation par la seule puissance mecanique ne desarment pas.
Certes, il serait seduisant d'imiter les oiseaux. Pluslourds que Fair, ils n'en luttent pas moins victorieusement contre la pesanteur qui les precipiterait sur la terre, si leur appareil de vol n'etait, par rapport a leur poids, d'une incroyable puissance.
A cette imitation servile de la nature, on peut faire une assez grave objection. Lorsqu'il s'agit, eir effet, de realiser un mouvement, la nature et Tiii-
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dustrie de 1'homme emploient des moyens absoluments differents, appropries aux modes d 'action — essentiellement differents aussi — des moteurs animes et inanimes.
Les premiers, par des phenomenes de distribution inconsciente, transmettent la force motrice, instantanement et avec des variations a i'infini, aux innombrables muscles qui la mettent en ceuvre.
On a une machine qui se regie d'elle-meme ; une machine automalique : j'allais dire instinctive ; et la regulation se fait sentir j usque dans les parties les plus infimes, avec une promptitude et une sensibilite telles, qifil faut renoncer a copier le modele sous ce rapport.
On ne pourra done obtenir qu'une imitation beaucoup plus apparente que reelle, une approximation plus ou moins grossiere, puisqu'il y manquera toujours cette adaptation et cette souplesse des organes.
Si Ton supprime ces qualites essentielles de la machine animee, il ne nous reste plus qu'un moteur d'un pitoyable rendement, complique d'organes sans nombre.
Ne demandons a la mecanique industrielle que ce qu'elle peut nous dormer.
Au lieu d'organes extremement complexes auxquels il faut distribuer la force, elle cherche a reduire et a decomposer le probleme en elements