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CHAPITRE CINQUIÈME

QUATRIÈME VOYAGE AÉRIEN. — DON PAUL ANDRÉANI. — PREMIERS ESSAIS DE DIRECTION. — BLANCHARD, GUYTON- MORVEAU , ALBAN ET VALLET.

Jusqu'à présent nous n'avons eu à raconter que de simples ascensions , et le quatrième voyage aérien , qui eut lieu à Milan le 25 février 4784 , n'a d'autre importance que sa date. Le chevalier don Paul Andréani et les deux frères Gerli s'élevèrent dans une grande montgolfière, et redescendirent quelque temps après , sans qu'aucune circonstance singulière vint donner de l'importance à leur expérience. Nous ne le citerons donc que pour mémoire , et nous passerons tout de suite aux premières tentatives de direction , qui , si elles n'eurent pas tout le succès désirable, présentent néanmoins un immense intérêt.

Nous n'aborderons cette question qu'avec une réserve extrême , car en ce moment où la question est débattue vivement , grand nombre de gens qui nient la possibilité de diriger les aérostats, les uns sans savoir pourquoi , et parce qu'il est plus commode de nier que de discuter; les autres par suite de ce préjugé absurde qu'il n'y a pas de point d'appui dans l'air, etc.; la plupart parce qu'ils ne se sont jamais rendu un compte bien exact de ce qu'est un aérostat , et que l'espèce de ridicule attaché , nous ne savons pourquoi , à tous ceux qui s'occupent de celte matière, les empêchent d'y donner l'attention qu'elle mérite. Et cepen-

dant quels immenses résultats seraient attachés à cette découverte.

Mais n'anticipons pas sur des conséquences incalculables, et revenons à 1784, époque où Ton entrevit un instant la possibilité d'une navigation aérienne, et où quelques expériences, dont nous allons rapporter les récits, en ont fait espérer la réalisation prochaine.

On a dirigé des aérostats en 4784 et en 4785 ; incomplètement , il est vrai > mais enfin on Ta fait.

Alors pourquoi n'en dirige-t-on plus , pourquoi lesaéronautes ont-ils renoncé depuis ce temps à ce genre de recherches. Pourquoi? d'abord, parce que cela coûte horriblement cher, et que, comme le disait très-bien Guyton- Morveau , il faut produire d'un seul jet toutes les parties de la machine. « Car, ajoute-t-il, ceux qui se sont occupés de cette construction savent bien que l'exécution en est trop dispendieuse pour qu'il soit possible de varier les expériences à son gré , et de s'instruire en pratiquant. » Secondement, parce que l'on craint le jugement de la multitude, qui, par une déplorable et cruelle erreur, exige d'une science nouvelle ce que des milliers d'années n'pvaient pu donner à la navigation sur l'eau avant l'invention des machines à vapeur.

Ce qu'on demande à celui qui croit avoir trouvé le moyen de diriger un ballon, c'est qu'il puisse monier, descendre, aller à droite, à gauche, en avant et en arrière, par toute espèce de vent; qu'il puisse partir de l'Hippodrome, aller à Versailles et revenir à l'Hippodrome, redescendre exactement à la même place où il s'était enlevé, tout cela en quelques minutes, et surtout dès la première expérience, sans quoi ce serait un homme perdu.

Alors les malheureux se creusent la cervelle pour ne rien oublier dans leur mécanisme , et leurs appareils coin-

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