CHAPITRE VI
La calotte supérieure était entourée par un fort filet fait en tresse de rubans, de \ 6 lignes de largeur, venant s'attacher à un cercle en bois de frêne, et se continuant avec les cordes qui portaient la gondole ; ce cercle, qui entourait le ballon comme une ceinture, se trouvait placé à peu près à deux pieds et demi de son équateur, et servait de support en avant à une sorte de proue en toile de sept pieds de haut et de onze de large, à partir du cercle.
Cette proue, sur laquelle étaient peintes, d'un côté les armes du prince de Condé, et de l'autre celles de la province de Bourgogne, était destinée à fendre l'air dans la direction que l'on voulait imprimer à l'aérostat. En arrière, une sorte de gouvernail de soixante-six pieds carrés devait aider aux évolutions.
A droite et à gauche, de longues rames, qui présentaient à l'air une surface de 24 pieds carrés, devaient faire monter ou descendre l'aérostat, le tourner à droite ou à gauche, ou le porter en avant.
D'autres rames étaient attachées à la gondole, peinte en rouge vif, sur laquelle on avait écrit, d'un côté : Aérostat, et de l'autre : Académie de Dijon. En avant était un coq, ailes déployées, avec cette devise :
Surgit nunc gallus ad œthera.
C'est dans cette nacelle et avec ces moyens d'action que MM. Guyton-Morveaux, Bertrand et de Virly entreprirent deux ascensions dont ils firent le récit en deux longs procès-verbaux que nous donnons en entier, tant il est important de s'appuyer sur des bases positives et officielles.