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CHAPITRE VII

nent, dans leurs expériences, à l'essai de deux moyens physiques de direction , dont l'un a été imaginé par M. Joseph Montgolfier, qui ne l'a point exécuté; il consiste dans une ouverture latérale pratiquée au ballon. L'air dilaté s f échappant par cette ouverture, frappe l'air extérieur, dont la réaction doit faire avancer la machine en sens contraire, avec une vitesse évaluée par l'auteur à six lieues par heure, en supposant l'ouverture d'un pied de diamètre. Un de nos plus célèbres physiciens, M. de Saussure, dans une lettre écrite au sujet de la grande montgolfière de Lyon , a dit qu'il était à souhaiter que quelqu'un fît l'essai de ce moyen.

Le même M. de Saussure , après avoir parlé des forces mécaniques appliquées aux aérostats, finit par dire que la connaissance des divers courants de l'atmosphère sera vraisemblablement, un jour, le moyen le plus efficace pour diriger les ballons. C'est pour parvenir à cette connaissance précieuse que MM. l'abbé Miollan et Janinet ont adapté à leur machine deux petits ballons, dont l'un, rempli d'air inflammable , doit s'élever au-dessus de la machine à * 50 pieds , et l'autre, plein d'air atmosphérique, est suspendu à la même distance au-dessous. En supposant que l'effet de ces deux espèces de moyens n'ait pas tout le succès que l'on doit en attendre , on ne doit pas moins savoir gré à ces deux physiciens de les avoir essayés les premiers.

L'aérostat, dans l'état que nous venons de dire , partira dimanche à midi précis. Il s'élèvera de l'enclos séparé du jardin du Luxembourg ; on tirera quatre boites, la première une demi-heure avant de rien commencer, pour avertir les personnes rassemblées dans le jardin de passer dans l'enclos ; la deuxième pour annoncer qu'on allume le feu ; la troisième pour indiquer que le ballon est parfaitement

plein; et la quatrième pour marquer le moment du départ.

La distribution des billets se fera demain , jour de l'expérience, seulement dans deux bureaux, dont l'un sera placé dans la rue du Théâtre-Français ,.chezM. Gcéry, et l'autre , à la place Saint-Michel , près le corps de garde . On y trouvera des billets de 6 livres pour entrer dans la première enceinte , ainsi que des billets de 3 liv. pour entrer dans l'enclos. »

Puis, dans le Journal d'un Observateur , la remarque suivante , qui indique Irop bien l'esprit du temps, pour la passer sous silence :

« Les dévots sont scandalisés que M. l'abbé MioHan ait choisi pour le jour de son expérience aérostatique un dimanche, et, pour le temps, celui de la matinée, c'està-dire l'heure de la messe; on assure que c'est sur les représentations de M. le lieutenant de police que le choix du jour a été fait pour ne pas détourner les ouvriers. Il a calculé que , durant le reste de la semaine , ce serait pour eux une perte de plus de cent mille écus. Il a eu le courage de contrarier ainsi le goût de la reine, qui désirait voir ce spectacle et voulait, en conséquence, que ce ne fût point le dimanche. Sa Majesté a sacrifié son plaisir à une aussi excellente raison. »

Jamais aucun aéronaute n'avait réuni tant de monde au spectacle de son ascension. Il devait enlever, outre MM. Miollan et Janinet, le marquis d'Arlandes, compagnon de M. Pilâtre de Rozier, et un mécanicien nommé Bredin. Mais , soit que la machine ait été mal construite, soit préméditation, la calotte prit feu, et il fallut renoncer à l'expérience.

Voici ce qu'on lit dans le Journal d'un Observateur à la date du 42 juillet:

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