CHAPITRE VIII
que nous étions trop exposés, nous avons conduit le ballon jusqu'à la porte jaune du par H de Saint-Cloud , où nous l'avons amarré de nouveau.
Là, nous avons encore atten vainement jusqu'à quatre heures des instants propces; loin de diminuer, les secousses du vent se sont succédé de si près et ont été si violentes , qu'il n'a rien moins fallu qu'une machine aussi solide pour y résister.
Le baromètre ne nous annonçant aucun changement, nous n'avons rien vu de plus prudent que de tenter notre retour à Javel. Nous y sommes heureusement arrivés sains et saufs, à huit heures du soir, malgré les ouragans affreux que nous avons essuyés en route, et la difficulté de passer deux fois la rivière. Nous l'avons traversée d'abord dans le bac de Suresnes, et ensuite au Point-du-Jour, dans un batelet. »
Du 13, à cinq heures du matin.
« Le vent est-sud-est, nous avons manœuvré sur Issy, et parcouru une ligne de 4,350 toises; là, nous sommes descendus par nos moyens pour nous reposer. Nous nous sommes enlevés de nouveau et dirigés sur Javel. Comme l'air était pour ainsi dire tranquille , nous y sommes arrivés sans peine. Après nous être reposés de nouveau, nous avons repris nos manœuvres; nous nous sommes dirigés sur Vaugirard.
Après avoir parcouru environ 42 à 4,300 toises , nous avons retourné notre ballon et sommes revenus tout de suite à Javel , sans interrompre noire marche aérienne.
Il était alors neuf heures; un de nos souscripteurs étant survenu et monté dans notre gondole , nous avons recommencé nos manœuvres et coupé différents angles jusqu'à dix heures. Le vent ayant pris trop de force, nous avons été obligés de rentrer. »
Le 20 septembre 1785.
« Nous avons fait, le 17 et le 18, matin et soir, de nouvelles expériences à ballon libre , accompagnés de souscripteurs. Le calme qui régnait , la nuit du dimanche au lundi , nous a déterminés à entreprendre le voyage de Saint-Cloud, qui formait toujours l'objet de nos désirs. En conséquence, hier 19, à 4 heures du matin, nous nous y sommes préparés ; le vent était au sud.
Nous avions cru de notre prudence de laisser flotter audessous de notre nacelle une corde qui pût servir au besoin à empêcher que le vent ne nous portât au delà du château ; loin de nous servir, elle n'a fait que nous embarrasser; mais, malgré tous les obstacles, nous nous sommes si bien dirigés, que nous sommes descendus, par nos propres moyens, au milieu de la cour royale. A dix heures, LL. MM. ont daigné venir voir notre aérostat, ont examiné avec la plus grande attention toutes les parties de sa construction, sont entrées dans la gondole, et se sont fait expliquer par détail l'application et l'effet de chacun des moyens de direction.
Trop resserrés par l'enceinte et forcés par le vent, il nous a été impossible de faire des manœuvres de direction horizontale; mais à trois reprises différentes nous nous sommes élevés et sommes descendus par l'effet de nos manœuvres , ce qui démontre la possibilité de toute espèce de direction. A onze heures le vent étant devenu nord-ouest, nous n'avons pu entreprendre de nous en retourner, et nous avons profité de la permission qui nous a été donnée pour rester amarrés dans la cour du château.
Sur les cinq heures et demie, le temps ayant paru calme, nous avons tenté trois fois de nous élever, mais