CHAPITRE VIII
avaient faits dans son champ pour voir mon ballon. Inutilement je leur représentai que, ne leur ayant rien fait personnellement , je ne leur devais rien. Ils insistèrent, et, me voyant disposé à prendre ma volée pour me sauver de leurs mains, ils saisirent les cordes de ma gondole. Plusieurs paysans se joignirent à eux ; un des messiers menaça de percer mon ballon avec sa hallebarbe, si je ne descendais pour venir au château payer le dégât. J'employai en vain prières et menaces. Ne me voyant pas disposé à leur livrer ma bourse, ils brisèrent mes rames, tirèrent la corde
de mon ballon Mes rames brisées sont encore entre les
mains de mes oppresseurs. On m'a pris mon manteau, ajoute-t-il, et mon marteau; j'avais des pierres que je pouvais jeter comme lest ; ce n'est donc pas moi qui les ai jetées, on me les a enlevées, »
Quand on compare cette réception avec celle qui nous fut faite, il y a quelques jours, en Belgique, on est fort tenté de croire que les pays les plus civilisés ne sont pas ceux qui en ont la plus grande prétention.