PASSAGE DE LA MANCHE PAR BLANCHARD
Nous avons donné de suite le récit des expériences auxquelles on pouvait ajouter foi , quant à la direction des aérostats : à partir de ce moment jusqu'à 4847, il n'y a plus que des théories ou des expériences incomplètes dont on ne peut tirer aucune conséquence.
Il ne nous reste donc plus dans notre histoire que la partie purement anecdotique : nous l'esquisserons rapidement. Parmi les faits les plus curieux se range naturellement le passage de la Manche par Blanchard : pendant que Pilâlre de Rozier, aidé d'une forte subvention ministérielle, attendait à Boulogne un vent favorable pour passer en Angleterre, Cassandre-Méchanicien avait franchi le détroit et s'était rendu chez nos bons voisins, qui lui avaient donné argent et sympathies.
Là, trouvant un bon vent, le 7 janvier 4785, à une heure précise, il fit monter avec lui le docteur Geflferies, et se livra à un bon vent du nord-ouest, qui, vers trois heures trois quarts, vint le déposer entre Boulogne et Calais, à deux lieues et demie dans les terres, et sur la lisière de la forêt de Guines. Pendant la traversée, le ballon avait un peu baissé vers la mer, ce qui avait inquiété beaucoup les gens de Douvres, qui suivaient l'aérostat avec leurs lunettes, et les gens de Calais, prévenus par les