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CHAPITRE IX

compliment. Ce monument et l'acte de son inauguration , qne nous allons signer avec vous, monsieur, vont y suppléer : l'un et l'autre passeront à la postérité la plus reculée ; l'un et l'autre immortaliseront la mémoire d u premier des aéronautes qui ait osé traverser la mer; enfin Tun et l'autre attesteront notre juste admiration sur un événement qui formera la plus glorieuse époque dans l'histoire de ce siècle. »

M. Blanchard répondit:

• Messieurs,

Cette colonne, précieux fruit de votre amour pour les arts, l'inscription qui s'y trouve, dont l'a honorée l'Académie, disent tout pour vous, messieurs, et disent beaucoup plus que je n'ai mérité. Mais comment m'acquitter? De quels termes me servir pour vous exprimer mon admiration et ma reconnaissance à des procédés aussi nobles que généreux? Silence et respect. Voilà, messieurs, où se réduit ma réponse. »

Alors, le greffier ayant fait lecture de l'acte d'inauguration et reçu les signatures, on s'est rendu à Guines.

Les maires et échevins y avaient fait préparer un trèsgrand repas, qui a été suivi d'un bal ; la noblesse, les nota bles de l'endroit et nombre d'étrangers, qui avaient assisté à la cérémonie de l'inauguration, ont été de la fête On y remarquait entre autres deux compagnons de voyages aériens de M. Blanchard, M. le chevalier de l'Êpinard et M. de Honicnthum fils, officier dans la légion de Maillebois.

Les seuls ornements de la salle consistaient dans le portrait de M. Blanchard et le profil de la colonne, et dans un médaillon, entouré d'une couronne de myrte, surmontée

d'une couronne de lauriers, où on lisait ces quatre vers de M. Delaplace, citoyen de Calais :

Autant que le Français, l'Anglais fut intrépide : Tous 1rs deux ont plané jusqu'au p'us haut des airs; Tous les deux, sans navire, ont traversé les mers. Mais la France a produit l'inventeur et le guide.

Inscriptions sur la colonne :

SOUS LE FtÈGNS DE LOUIS XVI, M DCC LXXXV,

Jean -Pierre Blanchard des Andelys en Normandie, Accompagné de Jean Gefteries, Anglais, Partit du château de Douvres Dans un aérostat, Le sept janvier à une heure un quart} Traversa le premier les airs Au-dessus du Pas-de-Calais, Et descendit à trois heures trois quarts Dans le lieu même où les habitants de Guines Ont élevé cette colonne A la gloire des deux voyageurs.

Toute trace d'intervention de la cour et du gouvernement dans cette affaire se réduit à cette courte note que que Ton trouve dans le Journal d'un Observateur :

En parlant de M. Blanchard, il ne faut pas omettre une anecdote infiniment honorable et dont on a peu parlé. La reine jouait lorsqu'elle apprit le passage de l'aéronatflc. Elle déclara que c'était pour lui qu'elle mettait sur telle carte. La carte gagna une très grosse somme, qui a été délivrée au sieur Blanchard....

Le bénéfice d'un coup de cartes, voilà tout.

P.ge 117.

Aéro-Montgolfière de Pilâtre de Rozier (16 juin 1785)

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