NÉCROLOGIE
On parle beaucoup d'accidents et de morts arrivés en aérostation; et ce préjugé fut toujours un argument contre ce genre de locomotion. Nous allons raconter, le plus brièvement possible, la fin déplorable de quelques aéronautes, et l'on verra que la témérité , l'ignorance et l'orgueil ont presque toujours été la cause des malheurs survenus.
Un homme qui monte à cheval étant ivre, et qui le force à sauter un fossé trop large, se brise le crâne : c'est bien fait. Ce n'est pas la faute du cheval, ni du fossé.
Un homme fume dans une poudrière, se fait écraser sous les décombres : lien de plus naturel.
Un couvreur marche par bravade sur une surface trop étroite, il tombe et se brise \v.ï reins : rien n'est plus juste. Voilà, pour la plupart du temps, comment les choses se passent.
La première victime fut Pilâtre de Rozier. Nos lecteurs qui ont pris connaissance des détails que nous avons donnés sur l'événement qui mit fin à ses jours, ont po juger que, s'il est mort, c'est bien sa faute.
Quant à madame Blanchard , dont la fin tragique mit tout Paris en émoi pendant si longtemps, voici comment elle mourut, et certes il y avait grave imprudence de sa part. Elle avait l'habitude d'emporter avec elle une couronne d'artifice suspendue à dix mètres environ au-des-