CHAPITRE XIII
sous de sa nacelle, comme on a pu le voir faire cette année au pauvre Gale. Une fois en l'air, une longue mèche enflammée allait y mettre le feu. On le voit, feu + hydrogène = inflammation et chute nécessairement un jour ou Fautre. C'est ce qui arriva le 6 juillet 4849 à Tivoli.
Quelques instants après que la lueur du feu d'artifice fut éteinte, on en vit une autre bien plus brillante : le gaz du ballon brûlait. Une minute plus tard, l'aéronaute arrivait sur le toit en pente de la maison n° 46 de la rue de Provence. Elle cria t A moi! Un crampon de fer accrocha sa nacelle , et madame Blanchard alla donner de la tête sur le pavé de la rue, où elle mourut sur le coup.
Voici le détail de quelques autres morts, dont nous empruntons une partie à une note présentée par M. Dupuis- Delcourt à l'Académie des Sciences le 24 décembre 4829.
« Harris, ancien officier de la marine anglaise, conservait toujours celte ardeur de courage qui entraine l'homme à combattre les éléments. Il avait fait avec M. Graham aéronaute anglais , plusieurs ascensions qui lui donnèrent Tidée de construire lui-même un ballon, auquel il appliqua diverses prétendues améliorations qui paraissent avoir été mal conçues.
En mai 1824, M. Harris tenta à Londres une expérience qui eut beaucoup de succès en apparence, mais qui se termina malheureusement. Au plus haut de l'air, il paraît que l'aéronaute voulant descendre, ouvrit sa soupape. Elle était disproportionnée, et ayant en outre un vice de construction qui l'empêcha de se refermer complètement, la déperdition de gaz se fit trop promplement , et le ballon s'abaissa si rapidement sur la terre, que M. Harris y perdit la vie du choc qui en résulta. Il n'était pas seul, une jeune dame qui l'accompagnait ne fut que légèrement blessée.
Sod/er, célèbre aéronaute anglais, qui avait déjà fait un
grand nombre de voyages aériens, et qui dans une de ses expéditions avait franchi le canal d'Irlande entre Dublin et Holyhead (où il est large de 36 à 40 lieues), périt près de Bolton en Angleterre d'une manière déplorable, le 29 septembre 4824. Privé de lest, par suite de son long séjour dans l'atmosphère , et forcé de descendre , très-tard, sur des bâtiments élevés» la violence du vent le fit heurter contre une cheminée, d'où il fut précipité à terre, hors de la nacelle. La prudence et le savoir de l'aéronaute ne peuvent être révoqués en doute. M. Sadler avait fait ses preuves dans près de soixante expériences. Des circonstances fâcheuses, bien difficiles à prévoir, ont seules causé sa perte. C'est ici un véritable naufrage aérien ; un navigateur qui se brise sur des rochers et vient échouer au port par une nuit d'orage !
Le comte de Zambeccari, dont Kotzebue fut l'ami et l'admirateur, a aussi montré dans ses expériences plus de génie que de savoir, et plus dlntrépidité que de courage. Malgré qu'il connût bien les malheurs et les inconvénients graves survenus dans les montgolfières, il voulut opiniâtrément ne faire usage que de ces sortes d'appareils, auxquels même, à l'instar de Piiâtre de Rozier, il réunit souvent un ballon à gaz hydrogène. Sortant constamment des bornes que prescrit la prudence, ses expériences se terminèrent presque toujours par des événements bien faits pour arrêter tout autre que cet homme extraordinaire.
Deux fois , après avoir erré des journées ou des nuit* entières dans l'atmosphère, il redescendit dans la mer Adriatique, la première fois à demi-brûlé par l'esprit de vin d'une lampe dont il faisait usage; la seconde, gelé par le froid glacial des régions supérieures de l'air, où il s'était vu emporter malgré lui , faute d'avoir pris toutes les précautions nécessaires. Un peu plus tard, sous le ciel si fw>