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CHAPITRE XIII

si calme de l'Italie, il trouva la mort sans aucun fruit pour la science, dans une expérience plus dangereuse encore. Le peu prit à sa montgolfière, et, à demi consumé luimême, il fut rejeté sur la terre.

Olivari périt à Orléans, le 25 novembre 1802 ; il s'était enlevé dans une montgolfière en papier, soutenu de quelques bandes de toile seulement. Sa nacelle en osier, suspendue au-dessous du réchaud et lestée de matières combustibles destinées à entretenir le feu, devint, à une grande élévation , la proie des flammes. L'aéronaute, privé de ce seul soutien , tomba à une lieue de distance environ du point de son départ.

Mosment fit à Lille, le 7 avril 4806, sa dernière expérience. Son ballon était en soie , gonflé par le gaz hydrogène. Cet aéronaute avait coutume de s'élever debout, les pieds sur un plateau très-léger qui lui tenait lieu de nacelle. Dix minutes après son départ , il lança dans l'air un parachute avec un quadrupède. On suppose qu'alors les oscillations du ballon ainsi délesté furent la cause de la chute de l'aéronaute. Quelques personnes prétendirent à cette époque que M. Mosment avait annoncé d'avance l'événement, et que ce n'était de sa part qu'une imprudence calculée. Quoi qu'il en soit, le ballon continua seul sa route, et r aéronaute fut retrouvé à moitié enseveli sous le sable, dans les fossés qui bordent la ville.

Bittorf fit en Allemagne un grand nombre d'ascensions heureuses. Néanmoins , il n'eut jamais d'autres machines que des montgolfières. A Manbeim, le 47 juillet 4842, jour de sa mort, son ballon était en papier, de 48 pieds de diamètre sur 60 de hauteur. Il s'enflamma dans l'air, et Bittorf fut précipité sur les dernières maisons de la ville ; sa chute fut mortelle.

Cocking. Celui-ci est presque notre contemporain, il

mourut à Londres le 27 juillet 1836. Il avait inventé une espèce de parachute renversé, bordé d'un cercle d'étain creux qui se replia au moment de la descente, ce qui détermina un mouvement en tarière et précipita la chute du malheureux aéronaute. C'était cependant un homme instruit et qui possédait une collection bien faite de tout ce qui avait paru sur l'aérostation. Mais il avait dans la tête l'idée de faire une expérience non encore tentée. Et bien mal lui en prit , car il alla se briser en tombant près de l'auberge de la Tête du Tigre, à Lee, à quelques milles de Londres.

La mort du pauvre Cocking donna un singulier exemple de l'esprit mercantile et ingénieux des Anglais. L'aubergiste commença par faire une exhibition du parachute et du cadavre du malheureux aéronaute : on donnait six sous pour voir le vaste parasol de toile de 32 pieds de diamètre, et six sous pour voir le cadavre. Cette horrible exposition lui rapporta dix livres; et, comme on l'engageait à remettre celte somme à la veuve de Cocking :

— Et mes frais, et ma location ! répondit-il.

Ce sinistre détermina une enquête, et le parachute fut confisqué au profit de la reine comme déodand [Deo dandura). On apprit qu'au moment du départ, M. Gye, directeur du Wauihall, avait lâché de le dissuader de son entreprise; que déjà il l'avait ébranlé, lorsqu'un des assistants s'écria :

— A quoi bon servent ces représentations tardives ? M. Cocking est si avancé, qu'il vaudrait mieux pour lui mourir que reculer.

Ce fut un arrêt de mort.

Au moment de partir, on lui offrit un verre de vin d'Espagne.

— J'ai besoin de tout mon sang-froid, répondit-il ; mais, si j'en reviens, je boirai une bonne bouteille.

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