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CHAPITRE XVI

sua duquel nous nous trouvâmes lorsque le premier moment d'étonnem«nt que cause toujours une ascension se fut dissipé.

Une foule immense remplissait l'Hippodrome , la place de l'Étoile était noire de monde, une sorte de bruit confus de voix et d'applaudissements avait salué notre départ, et nous l'entendîmes encore assez longtemps; puis tout bruit cessa, et le calme le plus parfait nous entoura.

Nous pûmes alors tranquillement admirer le superbe panorama qui se déroulait sous nos yeux ; nous étions en* core assez près de terre pour distinguer avec une grande netteté les villages au-dessus desquels nous passions , les différentes courbures de la rivière, les rail-ways, les routes qui se traçaient sur un grand plancher uni d'un brun clair, sur lequel des touffes d'un vert plus ou moins vif indiquaient parfaitement les arbres. Nous étions partis à 5 heures 23

minutes, le baromètre marquait 75°.

Quand M. de Nicolay regarda à sa montre pour la première fois, il était 5 heures 28 minutes, le

baromètre marquait 69°,U.

Sur Asnières, 5 heures 34 minutes 68°.

Sur Genevilliers, 5 heures 33 minutes 66°,6.

En traversant une seconde fois la rivière, M. Mazen, qui s'était emparé du porte-voix, héla fortement un gros bateau ; mais nous n'entendîmes pas la réponse : trois minutes plus tard , nous étions sur Enghien , 5 heures 36 , baromètre 69°,6. Nous distinguions parfaitement le lac avec ses longues traînées d'herbes vertes ; l'un d'entre nous crut reconnaître les cygnes dans quelques points blancs épars à la surface ; je préfère croire que c'étaient les petits bateaux qui, le dimanche surtout, sillonnent le lac en tout sens.

Laissant alors Montmorency à notre droite, nous pos?â-

mes sur la forêt; je ne sais si c'est souvenir ou effet réel, mais certainement il me sembla distinguer l'éminence que forme la colline sur laquelle se trouve situé Montmorency. Le baromètre descendit alors brusquement à 72v La pointe que formait Montmorency nous attirait vers la terre ; nous entendions les naturels crier après nous, mais nous rappelant leur avarice et leur inhospitalité, nous dûmes alors jeter du lest, et bientôt nous nous élevâmes rapidement au-dessus de ces indigènes malfaisants et avides qui, en 4787, cassèrent les rames de Testu, le dépouillèrent de ses vêtements, et qui, lors de notre descente avec le pauvre Gale, eurent, après nous avoir à moitié étouffé», l'aplomb extrême d'oser venir réclamer quarante et quelques francs pour cinq pied* de haricots un peu piétinés. Le ballon se mit alors à remonter sans qu'on jetât rien de la nacelle, et vers 5 heures 65 minutes le baromètre marquait 66°.

Une légère impression de froid (|e thermomètre n'était qu'à 6°) se fit alors ressentir, mais bien moindre, certes, que celle que nous éprouvions à terre avapt notre départ. Un appétit fort vif vint atteindre en même temps tous les membres de l'expédition, et d'une même voix on déclara toute observation suspendue, d'autant plus que la nuit baissait et que l'on ne voyait plus clair que fort médiocrement.

Justement, notre capitaine venait de mettre la dernière main aux agrès, disposant tout pour la descente, dans le cas où elle s'effectuerait malgré nous. On décréta donc l'ouverture du panier aux provisions, et bientôt un gros poulet et un énorme pain avaient disparu.

Pendant ce temps, Luzarche et la forêt de Chantilly fuyaient sous nos pieds, et l'obscurité devenait de plus en plus grande. On but alors au malheureux Arban, dont on

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