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BALUBA
Aspect du pays.
Le pays des Baluba-hemba situé à l'ouest des monts Mitumba, descend par une série d'ondulations jusqu'au Lualaba. De-ci de-là émergent des collines et des montagnes plus élevées couvertes de forêts jusque sur les sommets. Voici les plus connues :
Kahya-Mwenya, à l'est, donne naissance à la Nyemba, la Luisi et son affuent la Lubilé.
Kaomba situé sur la rive droite de la Lukusuwi et de la Lukulu.
Kivwele longe la petite Nyemba sur la rive droite.
Mugila sur la rive droite de la Lukumbi est en somme un premier contre-fort des hauts plateaux Mitumba; comme ceux-ci il a une végétation assez maigre.
Qombe à l'embouchure de la Nyemba.
Lobelwa et Kalambwa au nord-est de Lubilé.
Toutes ces élévations du sol ne sont qu'un amas de roches de quartz amorphe recouvertes d'une légère couche d'humus. Elles dominent les collines et les plaines environnantes de 50, 100 ou 150 mètres à peine.
P. Colle.
Baluba. Congo, A. 2.
BALUBA
(Congo.)
Fertilité du sol.
L'Uruwa , peut-on dire , est en général un pays pauvre, de nature sablo-limoneuse. Sous la couche supérieure de sable et de limon, qui par endroits est mince, par endroits plus épais (50 centimètres), on trouve une couche imperméable de kaolin ; c'est la plus belle argile du Congo peut-être. On la rencontre d'habitude dans les bas-fonds et dans les vallées. Sur les collines, quand on gratte la couche sablo-limoneuse, on se heurte à la roche de feldspath, décrite plus haut.
Ce qui fait que la terre, peu riche en humus, favorise la culture des plantes amies du sol léger, tels le manioc, le maïs, le (nkunde) haricot indigène, la patate douce. Par contre, le haricot des Batabwa ne se développe guère, ni le blé, ni la pomme de terre.
Le palmier élaës qui étend ses racines sur une grande distance — 20 mètres du tronc — est dans son élément. De même le bananier, qui atteint cinq ou six mètres de hauteur, avec un tronc de base de 50 centimètres de diamètre; il est vrai qu'après deux ou trois ans il dégénère, le sol étant pauvre.
Parmi les arbres de la forêt, deux dominent, le kabamba et le mutondo. Le premier est un bois qui se rabote difficilement tandis que le second convient pour l'ébénisterie. Ce sont là les rois de la forêt.
L'arbre le plus utile est le kibarebare ; on le trouve
Baluba. Congo, A. 2.
partout ; c'est un bois superbe, d'un aspect magnifique et qui sert à la construction des barques.
Le muhafu, qui donne de l'huile, de l'encens, des fruits et qu'on peut appeler l'olivier de l'Uruwa, pullule dans le nord, à partir de la Nyemba. Il est parfois de proportions gigantesques.
Tels sont les géants de la forêt qui arrachent au sol ingrat les aliments de leur vie.
L'aspect forestier n'est pas celui de la grande forêt. C'est le bois de chez nous, mais moins développé que le bois de la Cambre de Bruxelles.
Pour donner une idée de la fertilité relative du sol, il convient de noter que le manioc, par exemple, qui ailleurs mûrit en 2 ou 3 ans, atteint ici son plein développement en une année. La chaleur y est sans doute pour quelque chose.
P. Colle.
BALUBA
(Congo.)
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Hydrographie.
Le pays des Baluba-hemba est sillonné de nombreuses rivières et cours d'eau.
A Touest et au sud le fleuve Congo, que les indigènes appellent Lualaba ou Lugalaba depuis sa sortie du Mwero et non Luvwa comme l'indiquent les cartes actuelles.
Au nord, la Lukuga, déversoir des eaux du Tanganika.
A l'est, la Nyemba qui prend sa source dans les monts Mugila au pic Kahya-Mwenya, se dirige parallèlement à ceux-ci, vers le N.-N.-O. pour se jeter dans la Lukuga.
L'intérieur du pays est arrosé par trois ou quatre rivières d'un débit assez volumineux : la Luisi, avec son affuent de droite, la Lubilé; la Lukulu que viennent renforcer plusieurs affluents relativement importants, la Kimbi et la Lukusuwi à droite, la Lunanga et surtout la Luwiboso à gauche; enfin la Lusindoï, et la Lukumbi.
J'ai dit que les indigènes appellent du nom de Lualaba le fleuve Congo en aval de Mwero. En effet, jamais je ne l'ai entendu désigner sous l'appellation de Luvwa. Ce nom de Luvwa désigne un petit bout de fleuve compris entre la rive droite et l'île située devant Ankoro. Et soit dit en passant, Ankoro désigne exactement la pointe sud de cette île, ha nkolo, ce qui signifie « à la pointe de l'île ». La rivière que les cartographes ont convenu d'appeler Lualaba, est connue partout chez les Balubahemba sous le nom de Kamelondo. Voici peut-être la raison de cette confusion : le Kamelondo roule des eaux
Baluba, Congo, A, 2.
sombres, chargées de détritus végétaux; le Lualaba indigène roule des eaux plus claires. Non loin du confluent se trouve une île longue d'une quinzaine de kilomètres. Les eaux sortant du Kamelondo passent à gauche, celles du Lualaba passent à droite. Quand elles ont dépassé Tîle, ces eaux continuent à couler pour ainsi dire côte à côte, sans se mêler. Ce n'est que bien loin en aval, tout près de Mbuli que le mélange s'est opéré. Ce qui fait qu'entre Ankoro et Mbuli, la gauche du fleuve a des eaux noirâtres, la droite des eaux plus claires. De là vient que les indigènes disent du même fleuve, le Lualaba, ou le Kamelondo, selon qu'ils veulent spécifier la partie de gauche ou la partie de droite, de là encore cette expression familière aux gens de la rive droite qui passent sur la rive gauche : « Je vais au Kamelondo », et vise-versa. Dans ces conditions, il est très compréhensible que les voyageurs, peu familiarisés avec la langue du pays, se soient trompés sur le vrai nom du fleuve.
De tous ces fleuves et rivières, seul le Lualaba est navigable pour les steamers jusqu'aux chutes situées un peu en amont de Kiambi. Au-dessus de ce point, le fleuve est sillonné de nombreuses barques, malgré les rapides, que les indigènes franchissent avec une dextérité remarquable.
La Lukuga offre le même spectacle.
Sur la Luisi et la Lukulu, on peut naviguer avec de très légères embarcations, à l'époque des hautes eaux, jusqu'assez loin de l'embouchure.
Quant aux autres rivières, on n'y voit guère que quelques pirogues de-ci de-là pour permettre aux habitants de passer sur la rive opposée quand les passages à gué ne sont plus praticables. Ces pirogues
BALUBA
(Congo.)
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appartiennent habituellement à l'un ou l'autre personnage important du village, qui se fait passeur d'eau pour percevoir un droit, consistant en une flèche ou une petite quantité de vivres.
Les rivières du pays des Baluba-hemba prennent toutes leur source dans les monts Mugila; elles s'écoulent en torrents impétueux vers le Lualaba ou la Lukuga. A la fin de la saison des pluies, leurs eaux sont tellement abondantes que le courant acquiert une violence extrême, et que par endroits elles débordent sur les rives jusqu'à une grande distance de leur lit. La Lukulu, par exemple, qui en temps ordinaire mesure 60 à 80 mètres de largeur devant la mission de Lukulu Sacré-Cœur, y atteint quelquefois une étendue d'un kilomètre et plus. On comprend que dans ces conditions le parcours des simples pirogues n'est pas toujours facile.
En général, les rives sont couvertes d'une luxuriante végétation d'arbres au feuillage épais; les pandanus et les palmiers rotang se mêlent aux mimosas dont les branches sont garnies de nids de tesserins. De-ci de-là cette belle végétation fait place à des roseaux pleins appelés malenge et à des roseaux creux appelés matete. Sur une grande partie de son parcours, entre Kiambi et les portes d'Enfer, le Lualaba est bordé d'herbes aquatiques flottantes, et de bosquets d'ambach. En amont de Kiambi, il prend un aspect beaucoup plus riant : d'innombrables îlots couverts à profusion de palmiers élaïs, dans lesquels se dressent de-ci de-là des
Baluba, Congo, A. 2.
groupes de paillottes, donnent à ce coin d'Afrique le caractère d'un Eden. Les eaux des rivières, en temps ordinaire si limpides, prennent, à la saison des pluies» une couleur terreuse.
Bien des sources distillent une eau blanche, assez semblable à de l'eau de chaux. Cela tient peut-être à une désagrégation du feldspath qui a formé un dépôt d'argile blanche ou grise, sur laquelle l'eau séjourne. Cette eau est légèrement purgative : ce qui la fait rechercher des noirs.
P. Colle.
BALUBA
(Congo.)
A, 2 {suite.) Flore,
Le Buluba-hemba est couvert de forêts, mais non pas de forêts vierges aux arbres gigantesques que le soleil perce avec peine. Ici les arbres sont assez espacés, et atteignent rarement plus de 20 mètres d'élévation. Au fond des ravins l'on trouve de-ci de-là d'épais fourrés ombrageant des sources fraîches et limpides.
Les arbres à fruits sont peu répandus. Le plus remarquable d'entre eux est sans contredit le muhafu. Son fruit ressemble à l'olive, par le goût et la forme; il donne une huile verte que les indigènes emploient surtout pour la toilette. Le suc résineux qui s'écoule du tronc est un encens parfumé; nous n'en brûlons pas d'autre dans nos chapelles; mêlé à l'alcool, il fait un bon vernis. Les noyaux des fruits servent au jeu de « peta », dont les indigènes raffolent. Le bois est excellent pour la construction de portes et de fenêtres, mais il se laisse difficilement raboter.
Un arbre fort utile et aussi fort répandu est le palmier à huile ou élaïs. L'élaïs est cultivé jusque dans les villages; chacun tient à avoir un ou plusieurs de ces palmiers. Les feuilles sont utilisées pour la confection d'engins de pêche, et le fruit pour fabriquer une huile de cuisine et de toilette.
P. Colle.
Baluba. Congo, A, 2.
BALUBA
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Faune,
Mon confrère, le Rév. P. Vandermeiren, veut bien me remettre ses notes sur la faune du pays des Balubahemba. Les voici avec le classement donné par les indigènes :
I. — Les Baluba-hemba rangent les oiseaux en deux genres : les diurnes, ou « tôni twa lyuba » et les nocturnes, ou « tôni twa bufuku ».
A, — Le genre des oiseaux diurnes se subdivise en plusieurs espèces :
1° Twa bwamba ou palmipèdes.
2^ Tuzonzoboke a) twa lui : échassiers de rivière. » b) twa ntanda : » de terre.
30 Bitekungi : rapaces diurnes.
40 Twa mu mpako : qui vivent dans le creux des arbres.
50 Twa mu lito : » dans les bois épais.
6^ Twa mu ntanda : » dans la brousse.
70 Twa nzya : » au village.
Palmipèdes : Nsekwe : canard sauvage ; kakwali bamba; kaomba; kalongo sidi; nyunzya : échassier palmé; lufufu; lukyo ; kampiti ou kayoyo : petit canard sauvage; hoani : grue couronnée; musenge wa kanlibu : grand échassier palmé; nkua : grand oiseau qui a la réputation de crier comme le lion et d'échapper avec adresse au chasseur; nkwizga; nkoo : pic bœufs; kinyinga nkomwe : sarcelle qui a l'habitude de vivre
Bàluha, Congo, A, 2.
avec un seul compagnon; kikalala; lihenye; kilondo; kisabasa ; mulobi.
2^ Echassiers à pattes non palmées :
a) De la rivière. — Kinsonka; kifolaba ; kinkutumba; nzolo lihenye; nhina kabwa; kamba; kitendatenda ou Iwiba : petit oiseau qui naît tout gris, passe avec l'âge au rouge et au noir; lunkangankanga; kavungu mutwi : oiseau qui ouvre ses ailes en nageant ; les petits poissons, disent les noirs, s'y attachent, et l'oiseau les attrape à ce moment; lumpu; kankulubindi ; mobe; lunkele nkele; munhowba : oiseau noir et blanc dont le cri imite le bruit lointain du tambour.
b) De terre, — Katumba; kazolo wa ntanda : poule sauvage, vit surtout de sauterelles; tuba : idem.
3^ Rapaces diurfies.
Nzwiba ou mukebo ou mbalanga; kizanza makanga; kikolwe; kumbya; lubemba; kanhunhanhenze; kahungu wanseso; kabemba; likubi; lulamunabyula; kakokokwe; kibà luvula : qui fait trembler ses ailes.
4^ Oiseaux qui nicheyit dans les creux des arbres : Lukwekwe ; mpala hala : bycanistes leucapigius ;
mukanga ; kibangula : pic (oiseau grimpeur) ; luihanga ;
kyobobo ; mukekye; kinkalanhongwe.
5*^ Oiseaux qui vivent dans les fourrés :
Nduba : faisan huppé à couleur métallique ;
Kiloba : » » (grande espèce);
Kalubaluba : » » (petite espèce);
Nkobonkobo ; mulongwe ou kamutende : petit oiseau qui a une queue démesurément longue ; kanyonga ; kasukwa : espèce de perroquet ; kisalozi : ressemble à la perdrix; nkulinkuli; membe : chauve souri, le fer de lance; nsanga noni ; kinsonkwensonkwe.
BALUBA
(Congo.)
6^ Oiseaux qui vivent dans la brousse.
a) Kiseti : pigeon ramier; nkuti : sorte de ramier, qui dit en roucoulant : kukukutyavunga (il a un cercle autour du cou); kahele : tourterelle ; kakulu kankuti : tout petit ramier; kamukutya (ailes rougeatres); kinyinga (ailes vertes).
b) Nkunda ou nkulimba : pigeon domestique.
c) Passereaux : sihumpe : huppe commune; talaliba : ouvre ses ailes en sifflant; mukuku : siffle presque une gamme entière matin et soir : ku ku ku ku...
Lunkwi ou lungondo : petit oiseau qui vit en bande ; muhuluhulu; kasokwa nkali : oiseau de pluie; katobotobo (idem); kinkwenka; nsonkwe; mulama; mulima : oreillard; kafuku lima : chauve-souris ordinaire; kibomowe; kyonyi ngulungu; nkinswi : perruche verte; kikwekusu; katumba ka nzme : francolinus nahani ; kizima : étourneau noir qui n'a pas de nid; kasozyo : petit oiseau mouche à long bec noir et pointu; katende : surnommé moineau de brousse; mungwa : ressemble au kizima, est plus noir encore; musala mpazi ou munsosonso (qui disperse les fourmis); kaseba : oiseau à miel; kankundulu ; kamimbi : hirondelle noire ; kalungwalungwa : hirondelle rouge; kabyo : engoulevent; mbokimboki : chante son nom : do re do re; kisohesohe; lunsingensinge; kamutombo lebwelebwe : veuve; kayabe jingi : demeure dans des trous près de Teau; kamanzenze; kanlya bumonya ; kampondo ngazi ; kyenda : yeux jaunes, poitrine blanche, pattes rouges, gros bec noir ; lingole :
Baiuba. Congo, A, a.
corbeau; kakubala nkubala; ntumba mubisiki; lutonge; kakibulu; kasenge muhuluhulu; kinsokwensokwe; kinsompolyo.
Kakikwelu ; Kilea : se pose sur les cornes des bêtes ; kinsompe ; kibongote : barbatula rubrigularis.
Gallinacées : nkanga : pintade; nkwali : perdrix.