‹ Les Baluba (Congo Belge). Avec une préface de Cyr. van OverberghChapitre 9 sur 98 · Situation géographique · texte numérisé non relu

Situation géographique

Le pays des Baluba que nous étudions, est limité au nord par la Lukuga; à Test par la Nyemba et la Lukumbi; au sud et à l'ouest par le Luvwa des cartes et le Lualaba.

Les principales familles qui se partagent ce pays sont ou Baluba-hemba proprement dits ou Bahemba purs.

Les Baluba-hemba sont les familles Ngoy, Luba, Kitentu, Mwika, Basonga. Les ba Ngoy habitent entre la Luisi et la Lukusu.

Les ba Luba ou gens de Luba sont venus d'au delà du Lualaba avec leur chef qui occupe un petit territoire entre la petite Nyemba et la Kibumba.

Les ba Kitentu occupent les deux rives de la Lukulu, près du Lualaba.

Les ba Mwika habitent les îles du Lualaba en amont de Kiambi.

Les Basonga ou gens de Mbuli et Kasyala habitent le sud de la Lukuga et la rive droite du Lualaba.

Les Bahemba tout court sont les familles Kyombo, Mwenge, Mulenda, Kiliba, Kinsunkulu.

Les ba Kyombo sont établis depuis la Luisi jusqu'à la Lukulu.

Les ba Mwenge près du mont Kaomba.

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Les ba Mulenda entre la Lukusuwi et la Lukulu, sur la Kimbi.

Les ba Kinsunkulu aux sources de la Lubilé.

Les ba Kiliba sur la même rivière, en aval.

Les ba Kasanga au nord de Kiliba et sud de la Lukuga.

Tous ces chefs sont de droit indépendants.

Il reste encore un certain nombre de petits chefs indépendants, tels que Mbuyu, au sud de la Lukulu, et Moliro sur la Lusindoï, mais ce sont des quantités négligeables.

P. Colle.

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Peuplades voisines.

Au nord les Bahombo ; plus vers Test, les Baholoholo, les Bakalanga et les Batumbwe, deux peuples apparentés à nos Baluba.

A l'est, les Batabwa et Babwire.

A l'ouest, les Baluba proprement dits, dont nos Baluba-hemba ont la langue et les coutumes.

1° Les Bahombo. Au nord donc, se trouvent les Bahombo, qui occupent le pays situé au nord de la Lukuga, spécialement les Luvukuta et Luwango, affluents de la Lwimbi. Ils semblent être frères des Baluba-hemba. Ils en ont presque tous les usages. Leur langue diffère, mais l'étude pourrait sans doute montrer bien des analogies. Les huttes des deux peuplades se ressemblent assez bien ainsi que les usages. Les coiffures sont différentes : les Bahombo ont les cheveux liés par derrière en chignon, ou ils portent la tresse longue; la tête est couverte d'un bout d'étoffe en raphia assez raide. Le vêtement aussi diffère : le pagne, retenu à la ceinture par une corde, est de raphia; il mesure d'habitude une aune de large sur trois ou quatre en longueur et est garni de floches en dessous. C'est principalement chez les Bahombo, qu'autrefois nos Baluba s'approvisionnaient en esclaves. Leur pipe est spéciale : une tige de bambou de 60 centimètres environ de long et 5 à 6 centimètres de diamètre, fermée par deux nœuds; à l'intérieur de ces nœuds à l'un bout un trou où l'on place le

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tabac, un autre trou à l'autre bout, en deçà du nœud supérieur où Tindigène tire sa bouffée : une pipe fourneau-tuyau, quoi !

2° Les Baholoholo, ceux qui sont ou nord de Mpala, sont d'aspect physique moins forts que les Baluba (Voir monographie ix : Les Baholoholo).

3^ Les Batabwa. Ce sont les gens de l'Itawa, au sud-ouest du Tanganika (lieu d'origine). Ils ont conservé leur nom après l'émigration. La race est plus petite que celle de nos Baluba; moins élancée, moins bien découplée; je dirais presque qu'ils ont, par contraste, un aspect ratatiné.

Les hommes sont plus barbus que les Baluba; la poitrine est souvent velue. Au moral, inférieurs, si l'on en excepte certaines familles des montagnes; moins braves, même peureux. Leurs croyances ressemblent à celle des Baluba-hemba (religion de Test) ; leurs grands fétiches sont des pierres ; on trouve peu de fétiches faits de mains d'homme : quand on en rencontre, c'est souvent par couple, un homme et une femme. Coquetterie des femmes : allonger leur poitrine le plus possible.

Cultivateurs, ils travaillent dur; connaissent le drainage. La base de la nourriture végétale est le haricot, puis le maïs. Ils sont très aptes à s'assimiler les procédés de nos cultures; ils cultivent avec succès le blé et la pomme de terre. Habiles pour le travail du fer qui se trouve en quantité sur leur territoire.

Habitués à être razziés autrefois par les Arabes. Après le pays des Bahombo, c'est celui des Batabwa que nos Baluba razziaient le plus volontiers.

Ils vivent par petits villages de 5 à 15 cases, dont les chefs sont pour ainsi dire indépendants.

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La hutte est ronde surmontée d'un toit conique, comme un chapeau, dont les bords dépassent. La propreté de ces intérieurs frappe agréablement le voyageur.

Deux confréries religieuses : le Butwa pour hommes, et le Bulindu pour les femmes.

Langue différente des Baluba. Il ne se comprennent pas. Ce n'est pas un dialecte du Kiluba. Cependant certains mots du vocabulaire se retrouvent dans les deux langues, mais pas un sur dix.

Toutefois les deux langues paraissent avoir une commune origine, mais chacune s'est développée de son côté, sans contact.

Les h des Baluba deviennent des p chez les Batabwa.

Au point de vue de l'influence du blanc, spécialement celle du missionnaire, les Batabwa se laissent plus vite influencer que les Baluba qui sont plus philosophes en ce sens qu'ils discutent davantage. Mais une fois les Baluba convaincus, les convictions sont plus solides chez eux que chez les Batabwa. Nos Batabwa chrétiens savent faire deux et trois jours de marche pour assister à la messe; ils y a là des sources d'énergie morale, qui s'affirment notamment dans les questions sexuelles.

Les Batabwa ont l'oreille très musicale. A Baudouinville, nos missionnaires sont parvenus à réaliser un chœur de chanteurs excellents. Ceux-ci ont, un jour, exécuté sans une fausse note la messe de Schubert à sept voix. Ils viendront peut-être un jour disputer la palme à nos meilleures sociétés de chant !

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4° Les Babwire. C'est, je présume, un groupe d'anciens Batabwa, de ceux qui sont venus dans la contrée avant la grande émigration Batabwa, dont il fut question dans le 3^.

Leur hutte cependant, est comme un intermédiaire entre celle des Batabwa et des Baluba. C'est une hutte carrée crépie de terre à l'intérieur et à l'extérieur; elle est surmontée d'un toit indépendant, posé sur la cloison carrée; ce toit est rond — comme celui des Batabwa.

Ils habitent du reste entre les Baluba et les Batabwa, depuis la Lukumbi.

Les usages sont approximativement les mêmes que ceux des Batabwa, dont ils se rapprochent bien plus que des Baluba ; même constatation pour la langue.

6^ Les Bakalanga portent la chevelure relevée sur la tête en forme de bonnet, de fez.

7° Les Batumbwe ont la chevelure pendante en longues tresses.

P. Colle.

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Météorologie,

L'année se divise en deux saisons : la période de temps sec allant de mi-mai à mi-novembre; la période de pluie qui se divise elle-même en deux : la petite saison de pluie, durant un mois, suivie en général d'un arrêt de quinze jours à un mois, puis la grande saison de pluie, caractérisée par ses ondées violentes. En général, celles-ci tombent chaque jour pendant 2 ou 3 heures. A Lukulu c'est presque toujours dans l'aprèsdîner, vers 2 ou 3 heures que la pluie tombe. Les orages sont amenés du côté de l'est.

Le maximum de température observée à Lukulu pendant la période de 1900 à 1908 a été 42° centigrades à l'ombre. Le mois de septembre est le plus chaud, le mois de juin le plus froid de l'année. J'ignore le minimum observé.

Les brouillards sont rares et légers, sauf dans les vallées et le long des cours d'eau. Les phénomènes de condensation nocturnes sont intenses pendant plusieurs mois de l'année, à tel point qu'il est difficile de voyager dans les endroits couverts de brousse.

Les vents sont plutôt doux et réguliers. Pendant la saison de pluie, il souffle habituellement de l'est, durant l'après-dîner; pendant le temps sec, il vient du sud-est une légère brise qui se lève vers 9 heures et dure jusque vers 2 ou 3 heures. Rarement le vent se fait sentir à la fin du jour. Vers le mois d'août il y a généralement un

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ou deux violents orages. Il est intéressant de voir durant la nuit les zigzags éclatants des éclairs sillonner le ciel d'un bout à l'autre. La voix du tonnerre retentit avec une force extraordinaire et à des intervalles rapprochés.

Le moment le plus froid de la journée est un peu avant le lever du soleil, soit vers 5 heures, surtout au mois de juin et juillet.

Etant donné l'abondance des marais dans les vallées, où la population est obligée de s'établir pour avoir de l'eau, on peut dire que le pays est relativement insalubre. De juillet 1899 à janvier 1906, huit missionnaires sur onze sont morts, tous âgés de moins de 32 ans. La fièvre était extrêmement fréquente parmi nous ; la quinine et le sel de magnésie faisaient partie de notre menu quotidien. La mortalité parmi nos noirs est assez forte. Peut-être l'insalubrité du climat en est-elle la cause prédominante.

Le soleil et les vents pénètrent librement dans l'intérieur des terres, la végétation n'étant ni très dense, ni très élevée.

P. Colle.

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Géologie.

Le sous-sol de TUruwa est composé d'une roche granitique. Elle émerge de-ci de-là , au-dessus de terre et forme plusieurs montagnes séparées les unes des autres, montagnes dont quelques-unes comme le Jobwa, le Kaomba, etc., semblent former les premiers contreforts des Mugila. La crête en est hérissée de blocs de quartz blancs, plus ou moins riches en mica blanc ou noir, disséminé dans la roche sans ordre, comme les feuillets de petits livres minuscules. Fréquemment, surtout dans le lit des rivières, cette roche est de couleur rose, où le feldspath domine, et où se trouvent emprisonnés de jolis cristaux allongés, noirs, à éclat métallique.

Partout dans le quartz se trouvent de légères taches vertes. Dans le lit de la Musinoï, sous-affluent de la Luvwa, derrière Kiambi, on rencontre une excellente pierre meulière, grise, formant de belles dalles, épaisses de dix à quinze centimères ; c'est une vraie chaussée en escaliers, couverte d'eau seulement à la saison des pluies. Le long de la Luvwa, sur les deux rives au sud de Kiambi, on rencontre de nombreuses sources salines et des marais salants produits sans doute par la dépression du sol par suite de la dissolution du sel gemme.

Par là également le sous-sol se compose d'un galet, où des cailloux gros comme des œufs de canne se

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trouvent réunis par un ciment sans consistance, tandis qu'à Test, on rencontre un galet semblable réuni par un ciment gris, dur, ou même un ciment d'hématite brune. L'hématite brune se trouve d'ailleurs partout ; mais elle contient si peu de fer que nos noirs l'ont délaissée, depuis que des relations plus pacifiques leur permettent de trouver du fer ailleurs. On trouve l'hématite surtout sous forme de roche brune, teintée de jaune et de noir, et divisée par une infinité de cavités qui lui donnent par endroits l'aspect de gigantesques éponges. Elle se trouve encore sous forme de petites boules de la grosseur d'un œuf de pigeon, au centre desquelles est un petit noyau plus foncé. C'est le plus riche en fer; il sert encore aujourd'hui aux fondeurs. Au nord et à l'est, l'on voit surgir des roches grises de schiste légèrement micacé, contenant de jolis grenats couleur rubis, quelque peu transparents, de la grosseur d'un petit pois chiche. Il y a notamment un joli rocher de ce genre près de l'ancienne mission Saint-Lambert.

Les plaines sont en majeure partie constituées par un sable argileux mêlé de mica, très pauvre en humus, et incapable de nourrir une végétation intense.

Dans les bas-fonds marécageux l'on trouve une argile grise plus ou moins pure de sable, et teintée par endroits en rouge, par l'oxyde de fer, sauf dans les couches profondes, où l'on trouve souvent une argile onctueuse, voire même du kaolin.

Nulle part, je n'ai rencontré la pierre à chaux, malgré de nombreuses recherches.

P. Colle.

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