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Espèce de nourriture

La nourriture est franchement à base végétale. Et le manioc en est la base.

Un Muluba qui s'est repu abondamment de viande ou de riz ou de tout autre chose, mais non de manioc dira : « Je n'ai pas mangé ».

En somme, tout le reste est plus ou moins accessoire et même friandise; le manioc est l'essentiel. ' Friandise, le jeune maïs qu'on grignote !

Friandise, l'arachide !

Friandise, la patate douce !

Friandises, les fruits de la brousse et de la forêt !

Le haricot se consomme beaucoup et volontiers, si bien que trois ou quatre mois après la récolte il n'y en a plus. Le haricot de l'Uruwa est surtout le nkunde, petite graine diamètre d'un petit pois, plat, par 15 ou 20 dans une gousse longue de 15 à 20 centimètres. Puis une autre espèce verte, de !a dimension d'un grain de millet.

La viande est fort appréciée, mais assez rare en somme pour la masse du petit peuple : on mange du gibier quand on en trouve. Le poisson séché est plus apprécié que la viande; c'est un plat recherché mais qui n'est commun que sur le bord des grandes rivières.

La poule se consomme dans des circonstances exceptionnelles. Tout oiseau y compris la chauve-souris est croqué avec délices ; exception faite des prohibitions

I' Baluba, Congo, B, b, 20.

personnelles, et des corbeaux, hirondelles, bergeronnettes, dont personne ne peut manger.

Le pigeon, qui est peu répandu, coûte assez cher, se mange peu ou point.

Le mouton, la chèvre, le cochon, se mangent dans les circonstances extraordinaires, dans les repas en commun, donnés, par exemple, par un chef à ses clients.

Le chien domestique est mangé par les bakabwala (voir no 119).

Le serpent se mange rarement, et jamais on ne mange le mamba.

Ils ne mangent ni crapauds, ni grenouilles, (pas même les cuisses), ni moules, ni huîtres, ni vers de terre, ni arraignées, ni le rat de maison, ni le rat musqué.

Comme gibier on préfère les antilopes, les cochons sauvages, les buffles, les chats sauvages, etc. (voir n^ 49). On pourrait dire : est goûté tout animal carnassier ou herbivore, qui n'est pas défendu. Cette défense diffère d'un individu à l'autre comme on l'a vu ailleurs. Est défendu en général tout animal qui se repaît, habituellement ou en passant, de chair humaine ou d'excréments humains : corbeau, rat de maison, hyène tachetée et rayée (l'hyène est cependant mangée par certaines personnes, je ne sais sous quel mobile).

Le Muluba ne prend pas de lait.

Le menu des Baluba, de la grande masse des Baluba naturellement, les chefs exceptés, se compose presqu'invariablement : le matin, de pâte de manioc avec un légume; le soir de manioc avec des légumes, plus, s'il y en a, de la viande ou du poisson. Mais cet extra de chair ne se mange pas plus de deux fois la semaine en moyenne.

BALUBA

(Congo.)

B, 20 [suite).

Outre cela le Muluba grignotera entre les repas, tout ce qu'il rencontrera : du maïs, des arachides, des fruits, un peu de pâte de manioc de la veille, une banane, etc.

On apprécie vivement le sel; les gens du Sud qui possèdent des salines, vendent le sel à ceux qui en sont éloignés; c'est un des rares articles qui, avec l'huile, sert au trafic commercial.

Les huiles employées pour la nourriture sont l'huile de sésame, l'huile d'arachides, l'huile de palme et l'huile de peta ou mpafu.

L'huile comestible est utilisée dans la sauce, qu'on rehausse de la sorte comme nos cuisinières rehaussent le goût d'une sauce en y mettant une pointe de beurre ou un rien de Liebig.

P. Colle.

Balnba. Cong-o, B, t>, 20.

BALUBA

b) Alimentation.

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