Façon de se procurer du feu
Le feu s'obtient par friction, d'après le procédé suivant :
D'une longue tige d'un bois très léger à fortes granulations, on coupe une latte allongée, plate, large de trois à quatre centimètres, qu'on pose à terre. Au milieu de cette latte on découpe un petit trou dans lequel vient s'apposer un bâtonnet de 50 à 60 centimètres de long et large comme un petit doigt. A l'endroit précis oii les deux bois se touchent se place l'amadou.
Cet amadou est formé d'une écorce de ficus qui a servi longtemps d'habit; elle est d'un aspect jaunâtre ; plate, elle n'est pas tressée mais ramollie par le battage au maillet; une fois vieille, cette écorce devient souple et ressemble à notre amadou ; elle est très inflammable.
Baluba, Congo, B, b, 21.
Alors l'opérateur roule entre ses deux mains le bâtonnet, par mouvements brusques et rapides de haut en bas. L'étincelle jaillit, l'amadou s'allume.
C'est le vrai feu du Muluba, le feu sacré, peut-on dire, le mulilo wa nviyo. L'instrument complet s'appelle luviyo; en faire jaillir du feu se dit : Kuviya nviyo.
Les chefs, par exemple, ne peuvent manger que des aliments cuits sur un feu allumé ainsi.
S'ils mangeaient des aliments préparés sur un feu provoqué par des allumettes, les remèdes fétiches qu'ils portent au cou perdraient leur vertu.
Remarquons, en outre, que chaque repas du chef doit être préparé sur du feu nouvellement allumé.
Les Baluba attribuent au feu une origine céleste. Le Grand Esprit ayant créé le premier homme, dont le nom est Kyomba, et lui ayant donné deux femmes, déposa dans ses cheveux les germes de toutes les plantes comestibles, et lui mit en main le bois et l'amadou en lui indiquant la manière d'en extraire du feu, d'enflammer le bois et de cuire des aliments. Kyomba arrivé sur la terre où il allait habiter, mit en pratique les instructions du Grand Esprit, Kabezya Mpungu, obtint du feu, et transmit cet heureux trésor à ses enfants.
P. Colle.
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BALUBA
(Congo.)
B. ~ Vie Matérielle.
b) Alimentation.