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Repas

Ainsi qu'il a été dit au 22, il y a deux repas principaux par jour : le matin entre 10 et 11 heures et le soir après le coucher du soleil; celui-ci est le repas principal. f

Entre temps nos noirs, surtout la femme et les enfants grignottent continuellement, au hasard de la trouvalile et de leurs ressources.

Rarement le Muluba mange seul; il a toujours un ami à sa table, si l'on peut dire. Le plus souvent on constitue de petits clubs de 4 à 5; et tantôt c'est la femme de l'un, tantôt la femme de l'autre qui prépare le repas.

Mangent-ils en silence? Oui, mais pour ne pas perdre de temps, tant qu'il y a de la viande; lors qu'il ne reste que de la pâte et de la sauce, on est moins pressé et on cause.

Chez les chefs des clans, les repas se font en commun, les hommes à part et les femmes de leur côté. Il n'est pas rare de trouver des petits clubs de garçonnets ; pour lesquels la mère prépare le repas.

C'est la femme qui a préparé le repas, qui le sert; puis elle se retire.

Ces repas se prennent d'habitude à l'extérieur des habitations, en cercle, autour de l'écuelle oii chacun puise avec la main ; avant et après le repas, on se lave les mains; après aussi, on se rince la bouche.

Balnba. Congo, B. b, 24,

On mange avec les doigts. On est assis par terre à la tailleur. On prend un peu de pâte, avec les doigts, on en fait une boulette ; d'un coup de pouce, on y fait une dépression; avec ce creux dans la pâte, on puise la sauce; avec l'autre main on prend les feuilles ou la viande.

La plupart du temps les esclaves habitent à l'extérieur du village, et c'est là qu'ils mangent.

S'ils habitent près de leurs maîtres, les hommes mangent avec les hommes, les femmes avec les femmes. Les Baluba ne sont pas dédaigneux de leurs esclaves à ce point de vue.

Habituellement ce sont les hommes qui mangent les premiers ; le repas des femmes n'a lieu qu'après.

Les chefs de race royale {Baumilohwe) — non les chefs d'élection — ne mangent jamais en public, à l'extérieur, mais dans leur case et seuls.

Peuvent seuls assister au repas la femme qui sert, le fonctionnaire dit Kamona (le rare voyant) commis à cet effet.

Si quelqu'un d'autre voyait manger le chef, les vertus des amulettes que celui-ci porte au cou seraient frappées de stérilité ; sa puissance serait perdue.

Je ne saurais assurer si dans ce cas, il y a des formules magiques pour remédier à ce mal dans des cas déterminés, en cas de force majeure notamment, ou si le chef doit recourir sans tarder à l'aide du sorcier pour acheter de nouvelles amulettes consacrées. Ce serait un point à élucider : ce ne sera pas facile, étant donnée la méfiance de nos Baluba à se déboutonner en ces matières magico-religieuses.

Un jour que le chef de nos environs vint dans la mission et demanda à boire, — il avait fort soif — les

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BALUBA

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missionnaires s'avisèrent de le mettre à l'épreuve. « Voici de l'excellente bière, lui dirent-ils, buvons ensemble à votre santé ». D'abord, il ne voulut pas boire dans ces conditions; il manœuvra pour aller se cacher dans un coin et y boire le dos tourné de notre côté. Mais nous exigeâmes qu'il but avec nous, loyalement, comme des amis, face à face. Il regimba encore; un officier de sa suite tenta alors d'élever une sorte de voile entre lui et nous. Nous insistâmes. « Tu n'auras pas ta bière, si tu ne bois pas à découvert ». Il hésita, puis faisant un effort sur lui-même et souriant d'assez bonne grâce, — prononça-t-il intérieurement un exorcisme? — il accepta notre verre et dit : « Ce n'est pas ma faute ». Et il but en notre présence.

P. Colle.

Baluba. Congo, B, b, 24.

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b) Alimentation.

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