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DANS LES CULTURES D'EUROPE ET DU NORD DE L’AFRIQUE

Il y a quelques années, nous n'avions pas encore introduit au Hamma toutes les espèces qui forment maintenant cette belle collection admirée de tous. L'Établissement possédait un certain nombre de plantes qui, bien que portant des noms différents, n'étaient souvent que la même espèce; aussi nous sembla-t-il urgent et de la plus grande nécessité de réunir sous une seule dénomination, la plus exacte possible, tous ces termes spécifiques appliqués à une même plante.

La vérification de cette nomenclature était d'autant plus réclamée que nos procédés rapides de multiplication sous ce climat favorable commençaient à répandre, dans une trèslarge proportion, ces précieux végétaux, non-seulement en Afrique, mais dans tout le bassin méditerranéen et en Europe. Il convenait alors de les bien différencier, de les bien préciser, afin que leur culture et leur multiplication, établies d’après deux groupes bien distincts, fussent rendues plus faciles.

En présence des difficultés que nous avons démontrées de dénommer exactement les Bambous, on comprend que certaines de ces plantes peuvent avoir reçu par des botanistes des noms bien différents des nôtres, mais, sans aucun moyen de contrôle, nous nous sommes bornés à maintenir la nomenclature connue et en usage dans les cultures, en supprimant toute synonymie, ou plutôt en ramenant au type le plus exact toutes ces mêmes plantes portant les termes spécifiques les plus variés. Il'importe surtout de réformer cette propension à mettre au catalogue le plus grand nombre de noms d'espèces, lesquelles souvent ne représentent qu’une seule et même plante avec des origines diverses ou un développement différent, suivant lesterrains ou les milieux. C’est en réunissant tout ce que

les cultures européennes en possédaient c’est en mettant dans les mêmes conditions de végétation toutes celles existantes en Algérie, que nous avons pu, à l’aide de caractères extérieurs décrits dans celte étude, rapporter au mème type toutes ces mêmes plantes d'une spécification si variable. Certainement il reste encore beaucoup à faire pour élucider la question, que nous ne pouvons résoudre, mais, au point de vue pratique, il en résultera cet effet, qu'ayant vu, sous le ciel du Hamma, tous ces végétaux se développer dans toute leur force et leur vitalité, les Bambous qui sortiront de ce grand centre de multiplicalion auront pour nous, sinon une nomenclature botanique indiscutable, du moins une individualité propre, c’està-dire que la diffusion d'une même plante ne se fera pas sous des noms différents. Alors on pourra leur appliquer, sans crainte d'erreur, le climat, la culture et la multiplication qui conviennent aux deux groupes que nous avons formés avec les Bambous connus dans nos cultures et dans nos collections.

En dehors des vingt-trois Bambous décrits dans cette étude et qui constituent les plus importantes des espèces réunies dan: nos collections d'Europe ou du nord de l’Afrique, nous en avons encore quelques-uns en expérimentation, et un grand nombre d’autres sur lesquels les essais n’ont pas toujours été heureux, sans cependant être concluants. Parmi ces diverses tentatives, on a à regretter la perte d’es pèces réellement remarquables, notamment d’une plante américaine, l'A rundinaria macrosperma, Michaux, qui n’a pu supporter les lenteurs du voyage, Bambou qui rendrait des services dans toutes nos parties tempérées de l’Europe et s’avancerait même vers le Nord.

Un envoi important de Java, adressé au Hamma en 1870, sur notre demande, eut à subir quelques retards préjudiciables, en même temps que l'emballage laissait à désirer pour un si long voyage; néanmoins, nous püûmes voir végéter pendant un certain temps les espèces suivantes, qui, encore faibles, furent détruites par les froids exceptionnels de l'hiver de 1871. Elles étaient accompagnées des noms suivants, dont

quelques-uns sont consignés dans la Monographie du Colonel Munro :

Gigantochloa maxima.

— — var. minor (?).

a atler.

— apus.

— aspera.

Melocanna brachyclada.

— — lutea.

Bambusa vulgaris.

— — lutea.

Plus quelques autres Bambous, dont un épineux, sous le nom de B. species, et certains de nomenclatures diverses, dont on ne trouve pastrace dans les Monographies de Ruprechtetde Munro.

Quoi qu’il en soit, les échantillons que nous avons eus à notre disposition nous ont offert des facies que nous ne connaissions pas encore ; beaucoup même avaient des panachures ou lignes jaunes assez larges, nullement semblables à celles du Bambusa vulgaris vittata de nos cultures. Si, d’après les indications fournies, ces espèces n'avaient pas de grandes dimensions en hauteur, du moins le chaume de quelquesunes était-il remarquable par l’épaisseur de ses parois. Ces plantes, originaires de climats très-chauds, ont paru sensibles au premier hiver qu’elles ont eu à supporter, et elles ont fini par disparaitre sans avoir manifesté grande végétation. Seul, le Melocanna brachyclada lutea a résisté quelques années, puis il a disparu, tué insensiblement par les mauvaises saisons, après nous avoir montré, avec des chaumes panachés, des feuilles également lignées de jaune.

Les espèces décrites dans ce chapitre sont classées dans les deux groupes formés par les caractères déjà indiqués.

Le premier groupe à végétation automnale et à touffe cespiteuse comprendra les espèces suivantes, rangées par ordre de tailles constatées dans nos essais. Leur végétation est limitée aux régions chaudes et tempérées du bassin méditerranéen.

1° Bambusa macroculm.,A.Riv.Répandusouslesfaux noms

Do s

7° 8° Qe 10°

de B .arundinacea et media(?).

vulgaris, Wendl. Même espèce dans les culturesqueles B.Thouarsii, Madagascariensis, distorta.

vulgaris vittata, A. Riv. Même plante dans les cultures que le B. variegata.

Hookeri. Au Hamma, même espèce que celles cultivées sous les noms de B.mazimaetaltissima(?).

spinosa, Roxburgh.

siricta, Roxburgh. Même plante que le B.

verticillata des cultures.

stricta argentea ou striata argentea, Hort.

gracilis, Hort. et variétés ou formes.

gigantea, Wallich.

scriptoria, Dennst.

Le deuxième groupe comprendra les Bambous à végétation vernale et à rhizomes traçants, également rangés par ordre de tailles constatées dans nos essais. Leur végétation, vernale dans le bassin méditerranéen, est estivale dans le centre et vers le nord de l’Europe, où le tempérament robuste de ces espèces leur permet de s’avancer.

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