Bambusa ou Phyllostachys mitis, Poiret, ou edulis
1 Je 1 3° 4 4° Î 5° 1 6° 1 7e 1 9e 20° 29e 23°
- .Quilioi, Hort.
— viridi-glaucescens, Carr.
— nigra, Lodd.
— aurea, Hort.
— fleæuosa, Hort.
— violescens, Hort.
— sulphurea, Hort.
Arundinaria Simoni, Carr.
— Japonica ou metake, Sieb.
falcata, Nees. et formes.
— Fortunei, fol. var., Van
Bambou à chaume carré. [Houtte (?).
Comme taille, l’Arundinaria Simoni se place entre le Ph. Quilioi et viridi-glaucescens, et l'Arundinaria falcata entre les Ph. nigra et aurea, mais les chaumes de ce dernier sont beaucoup moins forts que ceux de ces deux espèces.
PREMIER GROUPE
Bambusa macroculmis, À. Riv.
Bambusa arundinacea, Retz.
45 à 25 mètres de hauteur, — 15 à 19 centimètres de diamètre.
(Végétation automnale, touffe cespiteuse.)
C’est l'espèce qui produit, en Algérie, les plus grosses touffes, les plus longues et les plus fortes tiges; au Jardin du Hamma, celles-ci atteignent rapidement la hauteur prodigieuse de 15 à 25 mètres, sur un diamètre de 15 à 19 centimètres. Elle frappe l'imagination par l'effet qu’elle produit, par sa rapide croissance, par les services qu’elle pourra rendre.
Bien qu’elle soit généralement connue et répandue sous le nom de B. arundinacea, nous croyons cependant ne pas devoir lui conserver ce nom, qui paraît mieux s'appliquer à une autre espèce originaire de la Chine, dont la description n’a aucun rapport avec celle-ci. Au véritable Bambusa arundi nacea de Chine on n’assigne aucunement les dimensions véritablement remarquables de notre espèce, et de plus, caractère bien saillant, on le signale comme épineux.
En attendant qu’on rapporte notre Bambou à une plante déjà nommée, s’il y a lieu, nous le décrirons sous le nom de Bambusa macroculmis, à cause des grandes dimensions acquises par ses chaumes.
La touffe est très-cespiteuse ; son rhizome, très-ramassé sur lui-même, présente, au bout de quelques années, une masse compacte formée de racines, de débris de tiges et de bourgeons avortés, qui élèvent la souche au-dessus du sol (fig. 1).
Le turion ou jeune bourgeon, quand il a atteint environ
50 centimètres, reste un instant stationnaire et présente un caractère qui sert à le différencier des espèces voisines. Il est cylindro-conique, assez élargi à sa base, composé de gaines d’un brun plus ou moins rougeâtre, terminé par des limbes avortés en forme de languettes longues de 10 à 20 centimètres, un peu en gouttière (fig. 2). Ces gaines accompagnent le chaume dans son développement jusqu’à une très-grande hauteur, puis elles s’en détachent en commençant par la base.
D'abord d’une consistance molle, la gaine devient coriace et acquiert en peu de temps une constitution solide et presque ligneuse. En son jeune âge elle a une teinte rosée, recouverte sur toute sa surface de poils courts, également disposés, violacés et blonds; elle présente par place de larges taches lie de vin, cependant elle est excessivement variable dans ses tons généraux. Les bords extérieurs sont garnis de poils blancs d'autant plus apparents que, bien souvent, ils font opposition sur la base foncée de la gaine supérieure sur laquelle ils sont appliqués.
La ligule, située au sommet de la gaine, est membraneuse, pectinée, fimbriée, composée de poils ayant souvent 1 centimètre de longueur; elle est à l’état rudimentaire dans les gaînes de la base et du sommet. Ces gaines spathiformes sont terminées par un limbe avorté, à l’état d’aiguillon dans les premières gaines du chaume, mais qui, à son sommet, constitue de véritables feuilles : avant de prendre son caractère foliacé, ce limbe est rougeâtre, plus foncé que la gaine ellemème, et est parsemé de petits poils.
A la chute des gaines, dans les touffes adultes, les chaumes présentent d’abord un aspect brun avec des reflets dorés ou rouge cuivré, de nuances variables, dues au jeu de la lumière sur le duvet très-épais et court qui tapisse ces chaumes. Si l’on enlève prématurément ce duvet, la véritable couleur du chaume apparaît, mais le temps se charge de cette opération : peu à peu cette matière tomenteuse devient moins épaisse au contact de l'air, perd sa fraicheur, prend une teinte plus claire, puis sa couleur feuille morte, qui n’est pas encore la couleur définitive. C’est pendant les premières intempéries
de novembre que, lavés par les pluies, frottés les uns contre les autres par l'effet du vent, les chaumes ne tardent pas à prendre leur teinte véritable, d’un vert mat lisse, qu’ils conservent pendant leur période de végétation. En vieillissant, leur dernière métamorphose se traduit par la décoloration ; ils deviennent de couleur bois mort, jaune pâle, et s’ils ne sont pas coupés à leur cinquième ou sixième année d'existence, quelques moisissures, quelques plaques de lichens indiquent qu'ils sont à la limite de leur vie. Dans les jeunes chaumes développés par des touffes non adultes, la couleur est moins variable, et ordinairement, à la chute dés gaînes, ils sont d’un vert terne; ils sont parsemés de petits poils blonds et caducs.
Les nœuds sont peu saillants. Les chaumes portent dès la deuxième année des ramifications en faisceau. Sur les vieux, ces ramifications sont droites et longues, renflées à leur base; elles se trouvent décrites au chapitre Végétalion aérienne.
Les feuilles naissent à l'extrémité des ramules, disposées par huit à dix de chaque côté, distiques, alternes et sur un même plan. Variables de dimensions, elles ont ordinairement de 20 à 25 centimètres de long sur 4 à 5 centimètres de large; limbe aminci, arrondi à la base et s’attachant à la gaine par un court pétiole contourné sur lui-même. La face supérieure est verte, à stries apparentes; la face inférieure est plus pâle, avec une nervure fine, claire, assez marquée. Sous le climat de l'Algérie, l'extrémité des feuilles est toujours sèche.
Les chaumes, droits, s’infléchissent légèrement au sommet.
Fleurs. — Les fleurs de ce magnifique Bambou se sont montrées pour la première fois, dans nos cultures du Jardin du Hamma, en octobre 1879, sur une des touffes les plus anciennes. Contrairement à ce qui a lieu habituellement dans les autres espèces de Bambusacées, les inflorescences de celle-ci se développèrent presque directement sur la souche même, à la base de vieilles tiges entières et sur quelques-unes qui avaient été tronquées ou coupées à quelques centimètres au-dessus de la souche. Ces inflorescences sont simples ou peu
ramifiées; leur longueur peut varier de 0",50 à 1 mètre. Depuis leur base jusqu'à leur extrémité, qui est légèrement flexueuse, on remarque à chaque nœud une quantité assez considérable de petits oryanesréunisenune masse compacte et qui présente une forme globuleuse, plus ou moins développée (fig. 14). Elle est due à la réunion des fleurs portées par de petits épillets courts (fig. 15), dont le nombre peut s'élever jusqu’à cent vingt par groupe, par conséquent à chaque nœud. Le point d’insertion desépillets occupe la moitié de la circonférence de la tige; mais, d’après leur mode de sroupement, ils entourent complétement celleci, au point qu'on dirait qu'ils sont disposés en verticille, et cependant ils ne sont que subverti-