‹ Les bambousChapitre 14 sur 44 · LA · texte numérisé non relu

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que les gaînes spathiformes qui, du reste, tombent peu à peu. Ce n’est que l’année suivante qu’elles se ramifient, commençant par constituer, au sortir de l’écaille qui les renfermait, un bourgeon de forme aplatie; l’année suivante, l’écaille, composée alors de deux membranes, se divise et laisse échapper les jeunes pousses.

Les ramifications portent à leur extrémité les véritables feuilles, qui se présentent horizontales ou sur un même plan, disposées distiquement et parallèlement, alternes, très-rapprochées les unes des autres, ordinairement au nombre de quatre de chaque côté de la tige. Le limbe est plan; quelquefois ses bords sont un peu relevés; il est vert, avec une teinte jaunâtre par moment, long de 20 centimètres, large de 25 millimètres, lisse, acuminé au sommet, élargi à la base, mais se rétrécissant brusquement à son point de contact avec la gaine, qui est jaunâtre et luisante. La face inférieure est un peu glauque, à nervure filiforme peu apparente.

Le Bambusa vulgaris, habitant les régions chaudes, comme les îles Bourbon, Madagascar et certaines parties de l’Inde, ne pourra prospérer dans nos cultures que dans des conditions analogues. Au Jardin du Hamma, d'Alger, owÎT végète avec une extrême rapidité, ses tiges acquièrent des proportions relativement considérables; déjà, dès leur deuxième ou troisième année de végétation, elles présentent une certaine résistance, elles se caractérisent, portant des ramifications assez nombreuses qui commencent à naître vers le printemps.

C’est une fois ces proportions acquises qu’elles présentent cette couleur verte et vernissée dont nous avons parlé, couleur qu’elles conservent plusieurs années, pour devenir d'un blanc sale ou jaunâtre, tout en restant luisantes.

Les nœuds sont peu saillants, mais on y remarque une sorte de petit bourrelet grisâtre, ayant la conformation d’un anneau mince et faisant une fois et demie le tour de la tige; 1l sert de point d'appui à la gaine. Le premier nœud qui apparait au-dessus du sol porte un cercle de racines adventives, longues de 0",01 à 0",02, disposées en verticilles sur trois

rangs et alternant entre elles. Mêmes caractères sur les trois nœuds suivants, ces racines, toutefois, étant moins apparentes et seulement à l’état rudimentaire. Elles naissent ordinairement à 0,01 au-dessus de l’anneau.

Les mérithalles sont légèrement arqués, mais alternativement d’un nœud à l’autre, c’est-à-dire que chacun est arqué dans le sens opposé au précédent : par exemple, le premier l’étant sur le côté droit, le suivant l’est sur le côté gauche, et ainsi de suite, de sorte que la tige, tout en conservant une direction verticale, est légèrement mouvementée, sinueuse, et l’un de ses noms spécifiques, distorta, désigne bien ce caractère. La longueur des mérithalles est variable; cela dépend, dans bien des cas, de l’activité plus ou moins grande de la végétation; cela dépend aussi de la partie du chaume sur laquelle on les observe. Au Jardin du Hamma, lorsqu'une louffe de ce Bambou a atteint son maximum de force, il n’est pas rare de voir les mérithalles mesurer de 0",15 à 0",30.

Le chaume s'incline, chargé de ramifications peu agglomérées, très-vertes, flexueuses, grêles, peu longues, et serrées à tel point qu’il disparaît au milieu du feuillage.

L'examen de la végétalion souterraine du Bambusa vulgaris n’est pas sans intérêt; le développement de ses tiges a lieu d’une facon toute spéciale. Si l’on arrache une tige aérienne avec sa partie souterraine, et cela une année après son développement et lorsqu'une nouvelle végétation vient de se produire, comme le représente la figure 18, on remarque d’abord que la tige, avant de sortir de terre, s’est traînée horizontalement, puis, qu'arrivée au maximum de son trajet souterrain, elle s’est redressée et est sortie du sol pour constituer une autre tige aérienne semblable à la précédente, portant à sa base six bourgeons, trois de chaque côté. Relativement gros, ceux-c1 se développent à angle droit, rampent horizontalement, soit à la surface du sol, soit à une profondeur qui peut aller jusqu’à 0",50, et lorsqu'ils ont atteint de 0",20 à 0°,2, ils se redressent pour sortir de terre et constituer le chaume ou tige. Durant leur végétation souterraine, ils sont composés de gaines nombreuses, de forme écailleuse, d’abord

très-rapprochées les unes des autres et comme emboitées, mais devenant plus distantes à mesure que le chaume s’allonge et qu'il arrive au terme de sa longueur. Suivant la place qu’elles occupent, ces gaines offrent des caractères différents : celles de la base sont à peine hautes de 5 centimètres, et le sommet en est obtus ; au-dessus elles sont plus hautes et leur sommet, légèrement cilié sur les bords, se termine par une pointe aiguë. Si l'on détache d’un des bourseons souterrains une des gaines qui occupent la partie médiane et si on l’étale, sa forme est celle d’un triangle à base plus longue que les côtés.

Ces bourgeons, sur la plus grande partie de leur longueur, ne portent que des gaines simples, c’est-à-dire dépourvues de tout appendice, mais il en est autrement sur celles qui se rapprochent de la surface du sol: celles-ci sont déjà plus grandes ; la pointe du sommet s’est modifiée et élargie en se transformant en une sorte de limbe haut de 2 centimètres environ et large de 15 millimètres à sa base.

Au sommet de la gaine on voit déjà apparaitre la ligule, qui est peu développée et qui n'offre rien de particulier. A la base et de chaque côté du limbe se forment des expansions membraneuses auriculaires, portant déjà des sortes de poils filamenteux.

Les gaines souterraines sont coriaces, résistantes, glabres, d'apparence sèche, d’une couleur jaune paille très-pâle ; leur face inférieure appliquée sur la tige est très-brillante, et leur partie dorsale est terne; elles sont persistantes, mais il est bon d’ajouler que, par suite de leur situation, leur décomposillon à lieu pendant l’année qui suit leur formation.

D'après ce mode souterrain de végétation, il est facile de comprendre que les tiges du Bambusa vulgaris sont plus éloignées les unes des autres que dans certaines autres espèces du même groupe; au bout de quelques années cependant, elles forment, par leur enchevètrement dans le sol, des souches presque inextricables qui cependant ne s'élèvent pas audessus du sol comme celles du B. macroculmis.

Les tiges offrent encore un autre caractère : toute la partie

aérienne est fistuleuse d’un nœud à l’autre, tandis que la partie rampante, souterraine, est complétement pleine.

Ce Bambou n’a jamais fleuri en Algérie ni dans les cultures européennes.

La multiplication du Bambusa vulgaris est très-simple par le bouturage de tronçons ramifiés de la tige. Il se fait aussi par division de jeunes touffes. On emploie également la division des rhizomes, mais avec cette réserve que le rhizome coupé seul ne végéterait pas; il a besoin d’être enlevé avec le pied ou la base de la tige qui lui a donné naissance : c’est une division par éclat.

Le B. vulgaris exige un sol moins frais que celui dans lequel se plaît le B. macroculmis, maïs il a la même rusticité sans avoir une végétation aussi vigoureuse.

Bambusa vulgaris vittata, À. Riv.

Bambusa variegata. Hort.

8 mètres de hauteur, — 7 à 8 centimètres de diamètre,

(Végétation aulomnale, touffe cespiteuse.)

Ce Bambou, que nous avons cullivé d’abord au Jardin du Hamma sous le rom de Bambusa variegala, ne nous a plus paru, à la suite de nos observations, pouvoir être considéré que comme une variélé du Bambusa vulgaris : même genre de développement que celui-ci, même sinuosité de la tige, avec l’arcure légère des mérithalles.

C’est bien la plus saillante et la plus remarquable du genre. Les chaumes sont d’un beau jaune d’or, rayés de lignes et de bandes vertes dans toute la longueur de chaque mérithalle, mais diversement disposées sur chacun d'eux. Sauf dans quelques cas exceptionnellement remarqués, c’est toujours la couleur jaune d’or qui domine. Par contre, les gaines sont vertes et lignées de jaune. Malheureusement, ce caractère ornemental, qui serait recherché par l'industrie, ne se conserve pas; les couleurs de la tige coupée disparaissent à me-

sure qu'a lieu son dessèchement, el elle n'offre plus qu'une surface très-vernie, mais entièrement décolorée, d’un blanc sale, comme celui du B. vulgaris dans un état avancé de vieillesse.

Les tiges de cette variété du B. vulgaris se couvrent de ramifications, courtes mais peu touffues, qui leur forment une colonne de verdure tellement serrée qu’elles disparaissent au milieu. Toutes ces ramifications, même les plus petites, et quelquefois aussi les feuilles, présentent également les lignes de couleur dont il est question plus haut, vertes pour les unes, jaunes pour les autres.

Le Bembusa vulgaris vittata se multiplie par les mêmes procédés que le simple B. vulgaris. Tous les caractères de panachures se reproduisent parfaitement, et, dans les nombreuses multiplications que nous en avons faites, nous ne les lui avons jamais vu perdre. Il est peut-être un peu plus délicat que son type.

Plusieurs autres espèces ou variétés non connues dans les cultures ont également des panachures constantes, tels sont les Melocanna brachyclada lutea etle Bambusa vulgaris lutea, plantes qui semblent différer entièrement de celle que nous analvsons ici. Il serait extrêmement important d’avoir à nouveau, pour l’étudier, ce Bambusa vulgaris lulea que nous avions reçu de Java, afin de bien déterminer si le Bambusa vulgaris a deux variétés bien distinctes, l'une, que nous appelons PB. vulgaris vittata, l'autre, cultivée à Java sous le nom de B. vulgaris lutea.

Cette plante est encore appelée Bambusa striata, Munro.

Bambusa dumetorum, Hance.

Sous ce nom se trouve, dans les cultures en serre d'Europe, une espèce à chaumes verts, qui, mise en pleine terre au Hamma depuis quelques années, n'est autre que le Bambusa

vulgaris.

M. Munro fait de ce Bambou le Schizostachyum dumetorum, espèce naine à petits chaumes lisses et grêles, originaire de la Chine : elle n’a donc rien de commun avec notre grande plante, le Bambusa vulgaris.

Bambusa Hookeri, au Hamma.

Bambusa maxima, Poiret.

Dendrocalamus Hookeri, Munro.

12 mètres de hauteur, — 8 c?ntimètres de diamètre.

(Végétation aulomnale, touffe cespiteuse.)

Ce Bambou, originaire d’Amboine et de la Chine, à une assez grande ressemblance avec notre Bambusa macroculmis ; mais il est, en Algérie, d’une végétation moindre et plus délicate, car 1l supporte mal nos hivers et ne végète que très-tardivement, alors que la saison n’est plus favorable à son développement. Ces dernières considérations établissent donc une différence bien marquée entre ces deux espèces.

Ce Bambou porte aussi, au Hamma, le nom de Grand Martaban. Nous l’avons également reçu sous la dénomination de B. Hookeri.

Les turions ou bourgeons cylindro-coniques sortent de terre à la fin de l'automne, très-tardivement, et, dans certaines années, se développent avec peine au milieu de l'hiver, ils sont de couleur jaune verdâtre, recouverts de poils blonds, roux ou marrons, d'un aspect un peu hérissé à cause de leurs ligules fimbriées composées de filaments blonds, longs de 1-2 centimètres; ils sont accompagnés de limbes avortés, un peu cucullés, roides, pointus, bordés de rouge.

Les gaînes spathiformes qui enveloppent le chaume ont une grande ressemblance avec celles du Bambusa macroculmis, mais elles sont plus pâles et couvertes de poils marrons, dressés et raides; leur partie supérieure se termine par des sinus arrondis en forme d’oreillettes un peu inclinées; leurs dimensions varient avec celles du chaume, et leur intérieur

est très-lisse. Leur caractère le plus saillant réside dans la ligule rougeâtre, peclinée (fig. 20), composée de grands filaments blonds. Jusqu'à une hauteur de 1°,50 sur le chaume, le limbe est réduit à l’état de pointe ou d’organe peu déve-

F6. 20, — BAMBUSA HOOKERI

Gaine,

loppé ; mais à cette hauteur il commence à se transformer en une véritable feuille, caduque avant la gaine.

Quand les gaines ont disparu, le chaume apparait d’abord d’un vert Lerne, couvert de poils blancs argentés, puis il brunit ou prend des teintes violacées. Les mérithalles sont droits, quelquefois longs de 40 à 50 centimètres, non renflés aux

extrémités, à nœuds non saillants, à gouttières sèches el peu apparentes. Le chaume est ordinairement très-droit ; Pextrémité seule se recourbe.

Les premières ramifications naissent vers l'extrémité du chaume et se produisent de haut en bas, sur tout son parcours jusque vers les premiers nœuds, près de la souche. Cest d’abord un bourgeon central qui apparaît recouvert de gaines poilues à ligules pectinées; quand il s’est allongé, d’autres poussent à sa base, munis de gaînes offrant les mêmes caractères, mais de dimensions moindres, et ainsi se trouve formé un faisceau de six ou sept ramifications assez longues, droites, légèrement violacées dans leur ensemble et terminées par des feuilles.

Dans certains cas, les feuilles sont très-larges; elles sont remarquables par leur gaine violacée garnie, pendant un certain temps, par des poils blancs et rudes, et par leur ligule légèrement pectinée. Le limbe, à stries apparentes, est d’un vert pâle, jaunâtre, dernière teinte due sans doute à l’action du froid, acuminé au sommet, mais arrondi à la base et s’attachant à la gaîne par un court et large pétiole contourné sur lui-même. A la face inférieure, la nervure médiane est accentuée; cette face est douce au toucher, veloutée, composée qu’elle est de petits poils mous, couchés, à peine visibles, qui lui donnent une teinte d’un vert d’eau. La base de cette face inférieure est garnie de poils blonds et soyeux réunis principalement de chaque côté de la nervure et s’étendant jusque sur le court pétiole. Certains rameaux abrités des intempéries développent des feuilles bien vertes, qui ont 25-50 centimètres de long sur 6 de large vers leur milieu, où elles sont un peu renflées.

Le rhizome cespiteux est entièrement semblable à celui du Bambusa macroculmis ; mais, comme toute la plante, il est moins développé.

Ce Bambou n’a jamais fleuri au Hamma. Cette plante supporte mal les intempéries de l'hiver en Algérie; les chaumes s’atrophient, ne se développent pas annuellement, ou atteionent rarement des dimensions assez élevées. Les feuilles

sont jaunätres et évidemment souffrantes; l'extrémité des grands chaumes est souvent dégarnie ou desséchée.

En Algérie, au Maroc, en Tunisie, cette espèce demande donc des expositions exceptionnelles pour bien végéter : abris des vents du nord, terrains arrosés l'été, non humides l'hiver. Nos essais dans un sol entouré d’eau pendant l’hiver donnent de mauvais résultats, également ceux exposés aux ardeurs du soleil dans une terre sèche; on peut d’ailleurs voir ces expériences comparatives dans l’île de la Mare du Hamma.

Le littoral de la Tripolitaine, le bord des canaux de l'Égypte, sont des conditions favorables au développement de cette espèce, dont les chaumes très-droits sont également trèsrésistants et capables de rendre de véritables services.

La multiplication est exactement semblable à celle du Bambusa macroculmis. En Algérie, les touffes étant peu garnies de chaume, la multiplication par éclat donnerait peu de sujets et fatiguerait la souche. Le bouturage est préférable, et des chaumes de deux ans, avant de bonnes ramificalions, offrent les meilleures conditions d’enracinement. La fin d'avril est une époque convenable pour multiplier cette plante, dont les boutures doivent être surveillées pour les arrosements et pour les binages, parce qu’elles ont moins de vitalité que celles des autres espèces.

Bambusa spinosa, Roxburg.

8 à 10 mètres de hauteur. — 5 à 6 centimètres de diamètre.

(Végétation automnale, touffe cespileuse.)

Ce Bambou habite les Indes orientales, le Bengale, Calcutta, Tenasserim, etc., d’après Munro, et Java d’après Steudel.

En Algérie, le jeune bourgeon ou turion sort de terre dans le courant de septembre ou d'octobre ; il est cylindro-conique, pointu, recouvert de gaînes d’un vert jaunâtre, qui se dessèchent bientôt et deviennent grisâtres. A la base du chaume,

elles sont de dimensions réduiles comme hauteur, et terminées par une sorte de pointe ou limbe plus ou moins accusé, sans ligule apparente; plus le chaume allonge, plus leur développement s’accentue, et elles peuvent acquérir ainsi de 15 à 20 centimètres de hauteur avec une largeur égale à leur base; leur modification est très-sensiblement accentuée suivant leur place sur le chaume, bien qu’elles présentent des caractères variables avec les stations et la culture. Dans tous les cas, élalées, elles ont une forme triangulaire, terminées par un appendice ou limbe avorté, aigu, droit et perpendiculire, strié et poilu ; les deux côtés de ce triangle s’évasent à la base, et l’ensemble d’une gaine aplatie peut être comparé à un grand ïer de flèche. Ces gaines sont fortement striées, garnies sur tout leur parcours de nombreux petits poils raides et foncés, agglomérés par place, principalement à la base; l’intérieur est lisse et strié.

Leur ligule, très-apparente sur certaines gaines, est composée d’expansions en forme de poils longs et aplatis.

Leur limbe, droit, presque cucullé, s’allonge de plus en plus et devient, vers l'extrémité du chaume, une véritable feuille verte, presque pétiolée, comme articulée, longue, ayant 3 ou 4 centimètres de large, renflée au milieu, acuminée au sommet.

Quelquefois le sommet de la gaine est légèrement auriculé ou forme un sinus. Gelte gaine n'occupe que la moitié de la longueur d’un mérithalle et ne l’enroule complétement qu'à la base.

A sa chute, ou mieux, lorsqu'elle se déroule du chaume, car elle reste souvent suspendue ou retenue par une ramification, ce chaume apparaît recouvert d’une matière glauque assez adhérente qui, effacée avec le temps, le laisse d’un vert intense et lisse, mais il est décoloré et jaunâtre en vieillissant ; il est un peu en zigzag à cause de ses mérithalles arqués dans un sens, alternativement d’un nœud à l’autre, c’est-à-dire que chaque mérithalle est arqué dans le sens opposé au précédent. Les mérithalles sont hauts de 30 à 40 centimètres dans leur plus grand développement, présentant un aplatissement, ane

dépression, une large gouitière même, du côté de l'œil, dépression large à la base, mais qui s’atténue vers le haut. Le nœud est renflé, accompagné d’un bourrelet circulaire trèssaillant et recouvert de poils nombreux, serrés, roses et dorés, bourrelet formant la gouttière où était enchâssée la gaine.

A chaque nœud, un bourgeon d’abord unique, écailleux, détache ou fend la gaine et embrasse, par son empâtement, au moins le Uers du chaume. Ce bourgeon, qui constitue un rameau plus ou moins long, est vert, roide, un peu sinueux, ordinairement développé, à angle presque droit par rapport au chaume; il est enveloppé à sa base par des écailles sèches, persistantes, au nombre de huit à douze, disposées distiquement, c’est-à-dire sur deux rangs, et superposées les unes au-dessus des autres, en sorte qu’une ligne droite passerait par le milieu de chacune d’elles: elles sont très-aiguës ; étant élalées elles forment un triangle, un fer de flèche. Elles sont de consistance sèche, un peu violacées, striées, ayant sur le dos une arèête accentuée due à la dépression de la base durameau, couvertes de quelques petits poils rudes et rouges ; leur intérieur est strié et lisse; leur hauteur ne dépasse guère 7 à 8 centimètres, sur une largeur un peu moindre ; en résumé, elles sont un diminutif des caractères généraux dé la gaine spathiforme.

Ces écailles, ou gaines réduites, presque persistantes (fig.21) ne disparaissent qu'après la formation de trois ou quatre ramilications à la base de ce premier rameau; car d’abord, sous ces écailles, à la base et de chaque côté du rameau central, sont disposés deux yeux, élargis à leur base, pointus, aplatis, renflés en leur milieu, enveloppés d’une membrane jaunâtre, lisse ; quelquefois 1l existe d’un seul côté, à la base d’un de ces deux gros yeux, un autre plus petit. Tous ces yeux doivent produire trois, quatre où cinq ramificalions qui émergent d'un même point (fig. 47). Ces ramifications sont d’inégales dimensions, souvent la centrale est plus forte que les latérales, souvent aussi c’est l'inverse.

Une ramufication primaire présente les caractères généraux du chaume : même couleur verte moins la glaucescence, même

dépression du côté de l’œil, même goullière accentuée contenant les gaînes, etc... Elle est raide, tortueuse, longue de 1 mètre à 1”,50, portant des ramifications secondaires grêèles, de même couleur, avec les mêmes caractères moins accusés.

L'étude de ces ramifications secondaires mérite d'être enregistrée spécialement, parce que c’est sur elles que se rencontre plus marqué le caractère saillant de lespèce, la présence des épines. La base des ramifications primaires et secondaires est, comme nous l'avons vu, accompagnée d’écailles sèches et persistantes, sous lesquelles sont deux ou trois gros yeux bien développés; au-dessus de ceux-ci se trouvent également d’autres yeux de dimension moindre, donnant naissance à des bourgeons, mais bourgeons qui avortent et se métamorphosent en véritables épines (fig. 21), dures, pointues, acérées, renflées à la base, un peu recourbées, vertes, atteignant quelquefois de 3 à 4 centimètres de longueur. Ces épines se font jour à travers les écailles. Elles ne sont pourtant pas régulièrement distribuées et se développent dans diverses circonstances et sur certaines parties de Ja plante. Dans les chaumes un peu vieux ou souffrants, sur des rameaux de la base d’une touffe qui se trouve alors dans de mauvaises conditions de végétation, sur des rameaux issus de chaumes tronqués, on constate plus régulièrement et plus oénéralement la présence de nombreuses épines. Il existe d’abord, à la base des ramifications primaires, deux épines très-développées (fig. 21) ; puis, toutes les ramifications secondaires sont réduites à l’état de petites épines ordinairement ainsi disposées : une épine centrale plus ou moins longue et droite, ayant à sa base deux plus courtes et recourbées. Quand l'avortement en épine de ce rameau central n’a pas eu lieu, ilest long et grêle, et ses ramifications tertiaires sont plus ou moins développées, quoique souvent réduites aussi à l’état de petites épines sans régularité dans leur position. Ces épines sont des rameaux avortés : c’est un fait morphologique facile à constater et que nous avons cité bien souvent comme exemple dans nos cours depuis une dizaine d'années. Dans le jeune âge, ces épines sont accompagnées de gaines

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