‹ Les bambousChapitre 15 sur 44 · LDAMBUSA SPINOSA · texte numérisé non relu

LDAMBUSA SPINOSA

Chaumes et ramifications épineuses.

qui laissent sur elles des cicatrices circulaires; souvent ces gaines persistent quelque temps, d’autres fois ces épines portent des bourgeons qui avortent et produisent ainsi des épines ramifiées. Dans certains cas, à la base des ramifications primaires, près de leur insertion sur le chaume, une des deux épines s’est allongée en un véritable rameau; dans d’autres cas, si, au moment de l'apparition de ces rameaux, qui ont une tendance à l’avortement, on supprime la végétation supérieure de manière à faire refluer la force végétative en eux, ils constituent alors de fortes et vigoureuses ramifications. Tous ces faits ne laissent aucun doute sur l’origine de ces organes.

Au sommet des ramifications secondaires grèles et genouillées sont les feuilles, distiques sur le rameau ou disposées sur deux rangs, alternes, au nombre de cinq ou six de chaque côté, rapprochées les unes des autres, terminant une gaine verte à ligule apparente bordée de rares et longs poils; le limbe est acuminé, long de 8 à 10 centimètres environ, large de 1 centimètre, se rétrécissant à la base en forme de pétiole aplati; sa couleur est d’un vert terne à sa face supérieure, à stries apparentes ; la face inférieure est un peu glauque, à nervure peu marquée. Les feuilles de cette espèce sont, au Hamma, toujours en partie desséchées, surtout à l'extrémité ou sur leurs bords, résultat sans doute des abaissements de température ou d’une humidité de l'air trop constante et trop froide pendant l'hiver.

Les rhizomes sont peu profondément enfoncés, quelquefois ils sont à la surface du sol. Ils forment, par leur développement en tous sens, un enchevêtrement inextricable dans lequel, pour l’arrachage ou la multiplication, la pioche a de la peine à se faire jour. Leur dimension moyenne ne dépasse pas la grosseur du poignet; ils sont courts, renflés, naissant à la base d’un chaume, rampant pendant 20 ou 30 centimètres pour se redresser ensuite et en produire un autre. Ils sont couverts d’écailles jaune pâle, lisses, striées, terminées par une pointe très-courte, plus ou moins aiguë; des racines les percent et s’allongent dans le sol. Dès que ce rhizome

sort de terre, ses écailles se modifient, elles deviennent dorées, plus larges; c’est-à-dire qu’elles sont alors de véritables gaines.

- En 1874, nous avons vu fleurir le Bambusa spinosa sur des touffes peu vigoureuses, mais malheureusement les inflorescences se sont égarées dans leur expédition à Paris, où elles devaient être dessinées; nous nous rappelons cependant qu’elles naquirent sur des hampes florales de 1 mètre environ, développées au pied mème des touffes. L'apparition des hampes florales basilaires, courtes, n’est pas un fait isolé, el toutes les inflorescences constatées sur les véritables Bambous du Hamma n’ont pas présenté d’autres caractères, car Îles Bambusa macroculmis et stricta n'ont jamais montré leurs fleurs sur les ramifications des chaumes, ainsi qu’on le remarque sur les Phyllostachiyées et les A rundinariées.

Cependant, d’après des souvenirs, le Bambusa spinosa aurait fleuri autrefois au Hamma sur de forts chaumes, dont les ramifications délicates et grèles portaient des fleurs éparses à olumes argentées, aspect d’ailleurs commun à la plupart des Bambusées. L’herbier du Hamma n’existant pas encore, on ne put retrouver trace des caractères floraux ni des époques de floraison et de fructification.

De la floraison de 1874 est résultée une fructification abondante dont les graines, semblables à du blé de qualité inférieure, ont produit un grand nombre de jeunes plants.

A la suite de cette fructification, les touffes, quoique peu vigoureuses, n'ont présenté aucun signe de décadence plus marquée, et si quelques vieux chaumes séchèrent, des jeunes, rares il est vrai, les remplacèrent; si bien que ces touffes âgées et florifères sont encore dans un état assez salisfaisant en ce moment, bien que d’une médiocrité indéniable, due, avant tout, à leur mauvaise situation. Cette persistance de la végétation dans ce Bambou, qu’on regarde comme monocarpique, n’est d’ailleurs pas un exemple isolé, puisque nos Bambusa macroculmis et stricla, qui ont fleuri dans les mèmes conditions, n’ont présenté aucun signe de ce dépérissement presque complet chez les Phyllostachys flexuosa et

total chez les Arundinaria faleata. Nous citons ces faits qui peuvent être variables, comme pris d’après nature, et non comme résultant d’hypothèses ou de théories non confirmées par l'observation et la réalité.

La description que donne Roxburg de linflorescence du Bambusa spinosa, rappelle celle que nous avons pu constater et se résume ainsi : Tige florifère aphylle ; panicule grande, très-fournie, épineuse, à épis presque toujours sessiles, souvent recourbés, aigus, portant de quatre à six fleurs longues de cinq à six lignes, coriaces, queiquefois monoïques, à rachis rarement visible sur les rameaux supérieurs, qui sont minces et grèles ; fleurs presque toujours réunies en verticilles trèsdenses, disposés à des distances presque égales. La glume inférieure est souvent dentée plus ou moins sur les bords. Le style est conique, bulbeux à la base; il se divise en trois parties, rarement en deux.

M Hamima, le Bambusa spinosa, examiné sur des sujets bien adultes et isolés, forme de fortes touffes sphériques, à chaumes assez rapprochés les uns des autres, hauts de 8-10 mètres, tourmentés en zigzag, s’entre-croisant en tous sens, s’inclinant, garnis de rameaux | Loris et épineux. Les chaumés ne restent pas longtemps verts; ils Jaunissent ou brunissent sous l’action des abaissements de température. Quoique d’une végétation assez robuste dans son développement, cette plante ne paraît pas être, au Hamma, dans son véritable milieu; il lui faudrait peut-être plus d'aération, moins de chaleur l'été, moins de froid l'hiver, car elle parait toujours souffreteuse et est constamment envahie par de nombreux insectes, Coccus ou Kermès, recouvrant les chaumes et les faces inférieures des feuilles d'une couche de coques, qui donne à ce Bambou une teinte sale et grisâtre. Mais, bien que n’étant pas d’un aspect agréable, il a un rôle utile à jouer, si on l'emploie comme haie et en mème temps comme abri dans les parties les plus chaudes de l'Afrique septentrionale. On en fait des haies impénétrables de 8 à 10 mètres de hauteur, à chaumes serrés les uns contre les autres, gar-

aix nis de ramifications épineuses depuis la base jusqu’au som-

216 k LES BAMBOUS.

met, haies qui ne demandent d’autres soins que d’être soumises de temps à autre à une simple taille, pour éviter son élargissement. Il existe au Hamma un assez bel exemple de cette haie, qui constitue une véritable muraille impénétrable, peut-être pas à des rats, mais au moins aux chats sauvages, ratons, elc.

Le chaume rarement droit de ce Bambou ne peut euëre s’uliliser dans l’industrie, sauf une partie de sa base, qu’on peut seule employer avec profit, sur une longueur de quelques mètres. [l est lourd, de consistance dure, fort, parce qu’il est peu fistuleux, c’est-à-aire que ses parois sont plus épaisses que sa cavilé centrale.

Ce Bambou n’exige pas une culture spéciale ni des soins particuliers ; il s’agit seulement, en Algérie et dans les climats semblables, de le placer dans une situation favorable à son développement, que contrarieraient les abaissements de température et la sécheresse prolongée du sol; il réclame donc, sur le littoral de l'Afrique septentrionale, de petites altitudes au-dessus du niveau de la mer et une exposition tout exceptionnelle.

La culture en France, en serre tempérée ou chaude, n'offre pas de difficultés ; mais elle y est peu répandue, parce que ce Bambou n’a rien d’ornemental à l’état adulte (1) ; la constitution de son rhizome réclame de grands vases pour qu'il puisse se développer.

Les procédés les plus en usage pour multiplier le Bambusa spinosa sont : le semis et la division des souches.

Le semis, provenant de graines obtenues au Hamma ou dans les pays d’origine, n’a d'autre inconvénient que d’être d'un accroissement très-long ct de demander des soins minu-

(1) Cependant, dans son jeune âge, pendant ses premières années de développement, il est, toujours dans les serres, des plus élégants et des plus décoratifs. Il est peu coanu à ce point de vue, mais en réalité les caractères de sa jeunesse en font une plante véritablement ornementale par ses tiges vertes, vernissées, flexueuses et même presque grimpantes, par ses feuilles longues, étroites, trèsvertes et luisantes. Ses tiges peuvent s’enrouler autour du tronc de gros végétaux ou retomber en guirlandes. Sous ce facics, résultat de létiolement, la plante est peu facile à reconnaitre, si l’on n’a recours à l’examen des petites épines crochues situées à la base des ramifications.

tieux. Le mode le plus prompt, le plussür, estencore la division des touffes, surtout des jeunes, car, si on les laisse vieillir sans les éclater annuellement, on opérera forcément sur de gros rhizomes d’une résistance difficile à vaincre et beaucoup moins susceptibles de reprise. Le mois de mai est la saison la plus favorable à cette multiplication.

Le bouturage, qui devrait se faire à cette même époque, semble être, pour cette espèce, un procédé bien incertain. Nous n'avons jamais pu obtenir de boutures enracinées dans nos essais réitérés, quoiqu'elles aient été l’objet d’attentions particulières. Il a été constaté seulement que ces boutures ont végété, ont émis des ramifications avec des feuilles, qui se sont conservées d’une année à l'autre, mais que pas une racine ne s'était développée.

Le Bambusa spinosa serait donc une exception à notre groupe de Bambous à touffe cespiteuse et à végétation automnale, qui ont tous des ramifications rhizomateuses servant à leur reproduction, ou alors, malgré de nombreuses expériences, nous n'aurions pu saisir le véritable moyen.

La présence d’épines, si remarquablement accentuées dans un Bambou, pourrait faire croire à un caractère assez saillant, assez distinclüif, pour ne pas laisser de doute sur la dénomination exacte de cette espèce; mais 1l n’en est pas ainsi, et le Bambusa spinosa a des synonymes dus à des rapprochements avec d’autres espèces, notamment avec le véritable Bambusa arundinacea ; c’est ce qui nous a engagé à retirer ce dernier nom à celte grande et belle plante, que nous cultivions au Hamma sous ce faux terme spécifique. Le Bambusa spinosa, d'après le colonel Munro, se distingue du vrai Bambusa arundinacea par sa panicule plus pâle, ses épis plus petits et plus coriaces, par un moins grand nombre de fleurs.

Bambusa stricta, Roxburg.

Bambusa verticillata, Wild.

G à 7 mètres de hauteur. —92 à 3 centimètres de diamètre,

(Végétation automnale, touffe cespiteuse.)

Une espèce de Bambou est entrée au Hamma sous le nom de Bambusa verticillata ; nous la trouvons exactement semblable au B. stricla des cultures lequel, du reste, porte aussi quelquefois le premier nom. Au Hamma, on cultivait sous ces deux noms la même plante, à laquelle nous laissons le terme spécifique de stricla. D'autre part, Steudel désigne le Bambusa verticillata, de Wild, comme synonyme du Bambusa stricta de Roxburg; nous sommes donc porté à les réunir tous deux sous le même nom, slricla.

Nous devons dire toutefois qu'un autre Bambsu, provenant de granes venues de l'Himalaya et remises à nous par la Société d’Acclimatation de Paris sous le nom de stricla, a ëté élevé d’abord par nos soins au Jardin du Luxembourg, puis planté au Hamma. Là, il nous a présenté des formes toutes différentes de celles des stricla que nous y avons toujours eultivés, quoique en ayant les caractères généraux. I est à l'étude.

Dans les pays soumis à l’action d'un froid léger, on rencontre souvent celte espèce ou quelques-unes de ses formes, confondues sous les noms, ou d’Arundinaria falcala ou de Bambusa gracilis. Comme aspect général, ces trois espèces ont en effet certains rapprochements : même touffe cespiteuse, même disposition de chaumes réunis en gerbe évasée où flexueuse, ou plus ou moins rigide, mêmes ramifications en faisceau appliquées contre le chaume, feuilles également étroites, ete.; mais cependant, si l’on examine l’une à côté de l’autre ces trois espèces bien distinctes, on reconnaitra les différences bien tranchées que nous tâchons d'établir dans les descriptions que nous en donnons ci-après.

Cultivées dans les serres, car elles ne résistent pas au climat de Paris ni à celui du Nord, elles peuvent présenter un même

aspect à cause de leur végétation restreinte, qui peut encore les faire confondre avec une quatrième espèce de petite taille, le Bambusa scriptoria.

Cependant on ne peut nier que, suivant les contrées, ce Bambusa stricta n'affecte des formes, surtout si l’on n’a pas de point de comparaison qui le rapproche plus ou moins de l’'Arundinaria falcata où lui constitue un type partieuher, dû sans doute à des semis nombreux, qui auraient amené une certaine variabilité du facies. Dans tous les cas, ces trois espèces sont rustiques à des degrés différents : l’Arundinaria falcata se rencont*e dans la région d'Angers et, de là, suit les côtes de Bretagne, en compagnie du Bambusa gracilis, plus délicat, mais tous deux restent ordinairement limités au climat moyen de la région méditerranéenne. Le Bambusa stricla est encore plus délicat, il réclame des parties plus abritées où même son développement est restreint, sa couleur altérée par les abaissements de Ia température.

Dans les parties chaudes du bassin méditerranéen, en Algérie, principalement, la distinction de ces trois espèces est plus facile à établir qu'en Europe. Au Hamma, bien que la climature soit un peu élevée pour lArundinaria falcata et le Bainbusa gracilis, ils s'v développent bien dans les terrains frais, mais le Bambusa stricla Y croit en forte touffe.

En Algérie, les jeunes bourgeons ou lurions sortent de terre en seplembre. Ils sont cylindro-coniques, très-aigus, formés par des gaines d’un vert intense et striées, prenant au bout de quelques jours une teinte Jaune. Ces gaines sont terminées par des limbes avortés en forme de languettes pointues, garnis de poils rougeätres, perpendiculaires et appliqués sur l'axe.

Ces gaînes spathiformes, qui accompagnent le chaume dans sa croissance, sont, à sa base, longues de 5 à 6 centimètres, elles l'enserrent complétement; elles sont surmontées d’un limbe droit élargi à la base, long de # centimètres environ, large de 2 centimètres, très-pointu au sommet et se desséchant dès son apparition. Ligule entière et peu apparente, réduite souvent à une simple ligne ou trait sinueux rougeâtre

ou noirâtre, seule démarcation entre la gaine et le limbe. Vers les parties supérieures du chaume, la gaine atteint son maximum de développement, elle a 15 centimètres de lonoueur, elle est glauque, recouverte même d’une matière pruineuse assez accentuée avant sa dessication, glabre; les limbes plus longs sont droits et accolés au chaume, se changeant, au sommet de ce chaume, en véritables feuilles d’un vert intense, acuminées, striées sur leur face supérieure, glauques en dessous; limbe sessile sur la gaine, légèrement articulé, atteionant une longueur de 10 à 15 centimètres, sur 1 centimètre ou 2 de largeur. Dans les gaines entièrement formées, la ligule est légèrement auriculée et garnie de poils blanchâtres d'un centimètre de long, très-espacés. Les gaines sont lisses extérieurement, et très-lisses, comme vernissées, à l’intérieur, dures et épaisses. Extérieurement elles paraissent terminées en pointe à cause du limbe aigu qui semble en être le prolongement : il n’en diffère que par sa couleur plus claire et sou manque de vernis. À l’intérieur laligule établit une démarcation.

L’élongation du chaume terminée, il apparaît couvert d’une matière glauque, blanche, argentée, avec ses gaines sèches, pointues à cause du limbe droit, persistantes, gaînes qui souvent arrivent à peine à la moitié du mérithalle. La glaucescence disparait au contact de l'air, mais elle persiste sous les gaines. Le chaume est cylindrique, droit, d’un beau vert; les mérithailes sont presque droits, leur plus grand écartement est de 40 à 55 centimètres ; ile ont, dans les forts chaumes, des poils rudes et rouges dressés verticalement; ils portent à leur base une auréole blanche. |

Sous la gaine persistante, l'œil commence à s’accentuer et à manifester sa présence par un renflement qui bientôt fait détacher la gaine, souvent l’éclate, et les ramifications apparaissent par cette fissure qu’elles élargissent.

Cet œil est très-aplati contre le chaume, en forme de cœur, recouvert d’une membrane pelliculeuse, à bordsjaunâtres, garnis de rares poils. Sous cette écaille sont rangées des ramifications à l’état rudimentaire, également enveloppées de membranes.

Ces ramifications naissent d’abord à la partie supérieure du chaume; elles émergent en faisceau d’un même point et semblent semi-verticillées, portant à leur base des écailles sèches, petites et pointues. Elles sont agglomérées, grèles, Jaune verdâtre, dressées, nombreuses, quelquelois de vingt à vingtcinq, au milieu desquelles se développent une ou deux tiges plus fortes, longues de 0",60 à 0,80, tandis que les autres ont 0",30 environ.

A chaque nœud de ces rameaux apparaissent une ou plusieurs ramules portant également des ramuscules, au sommet desquelles sont les feuilles.

Les feuilles sont composées d’une gaine sèche, persistante après la chute du limbe. Elles sont disposées par trois ou quatre sur un même plan, presque parallèles et distiques. Limbe lancéolé, acuminé, à base ronde insérée sur la gaine par un court pétiole, long de 7 centimètres ët large de 1 centimètre; la face supérieure verte, lisse, avec des stries; la face inférieure glauque, avec une nervure filiforme.

Le Bambusa stricta a un système souterrain très-aggloméré en rhizomes et racines; ces rhizomes sont courts, garnis d’écailles imbriquées que les racines traversent.

Les inflorescences se forment à l’extrémité de rameaux plus ou moins grêles; ce sont des sortes de panicules composées d'épis simples, droits ou légèrement arqués; 1ls portent de trois à six fleurs fertiles. On remarque à la base de ceux-ci : 1° Une gaine appartenant à une feuille; cette gaine est longue de 3 à 5 centimètres, elle emprisonne souvent lépi. À son sommet se trouve un limbe très-développé, mesurant quelquefois jusqu’à 9 centimètres de longueur sur 2 de large; il se termine en pointe effilée et sa base est un peu arrondie. De chaque côté du limbe, à son point d'insertion sur la gaine, on remarque souvent une expansion membraneuse légèrement pectinée; ® Une, deux et quelquefois trois glumes, longues de 2 à 3 millimètres, de forme naviculaire, lancéolées, presque transparentes.

Les glumelles inférieures sont de forme navicukure, longues de 15 à 20 millimètres, larges de 7 lorsqu'elles sont dé-

ployées, au nombre de seize à vingt, à sommet un peu pointu, presque coriaces, striées longitudinalement, glabres sur les deux faces ainsi que sur les bords.

Les glumelles supérieures sont plus courtes, naviculaires, bicarénées, à sommet pointu, légèrement fendues, de couleur presque transparente, glabres sur toutes leurs parties.

Les glumellules, au nombre de trois, sont petites, allongées, quelque peu fimbriées, transparentes; deux alternent avec les deux glumelles et la troisième est adossée à la glumelle supéricure.

Les étamines, au nombre de six, ont le filet blanc, capillaire, très-ténu, pendant, long de 8 à 10 millimètres. Leur forme est aplatie, s'ouvrant un peu par le sommet pour laisser échapper le pollen. Elles sont marquées de deux couleurs sur chacune de leurs faces; deux bandes brunâtres sont placées sur les côtés avec une bande jaune au centre.

Le pistil a l'ovaire très-court, presque globuleux; il porte de petits poils à son sommet. Le style, extrêmement court, un peu violacé, se divise quelquelois dès son origine et se termine par trois stigmates blancs et plumeux. La longueur du style avec le stigmate est de 5 à 6 millimètres. Le scutellum est très-développé et fait face à la glumelle supérieure.

Les graines sont souvent fertiles au Hamma. |

Le Bambusa stricla est le type de la végétation cespiteuse ; il forme une toulfe large el compacte. Les tiges droites, de 6 à 7 mètres de longueur, s'épanouissent en gerbes, et sont semblables dans leur jeune âge à des lances argentées. Les ramifications, longues ct touffues, dressées contre l'axe, forment par leur ensemble une pyramide de verdure; la tige alors penche sous ce poids; elle a l'aspect d’un jeune cyprès incliné. Ge Bambusa est tout à fait ornemental dans toutes les contrées méridionales, mais ce n’est que sur le littoral africain qu'il acquiert son parfait développement.

Le Bambusa stricla est de dimension moyenne ; souvent, au Hamma, il fleurit sur des tiges qui partent de la base. Il est très-rechcrché à cause de sa dureté, due à ce que son chaume

est presque plein; on l'emploie comme canne à pèche ct comme manches de toutes sortes.

La végétation essentiellement cespiteuse du B. stricla se prête à la division très-multipliée de ses souches, que l'on peut facilement séparer en nombreux éclats. Ses ramifications, très-serrées sur la tige, facilitent l’enracinement, cer, en dessous d'elles et sur le nœud, il se développe rapidement un grand nombre de racines et d’autres rhizomes. Souvent on voit s’enraciner les tuteurs faits avec ses chaumes.

Au Hamma, les graines sont, il est vrai, fertiles, mais le semis est un trop long mode de propagation; il faut cinq ou six ans pour obtenir une toufle moyenne.

Dans tous les cas, il faut semer à l'abri et dans une terre légère, mais constamment humide (1).

Sous le nom de PB. vertlicillata, nous avons au Hamma une espèce semblable au stricta, mais qui n’en diffère que par sts chaumes plus inelinés au sommet, ses ramifications plus étalées; tous les autres caractères étant ceux du BP. stricta, nous lui conservons ce nom et ne le considérons que comme simple forme.

Le B. verlicillala de Munro est une espèce de haute taille, qui atteint à Java 50 mètres environ.

Bambusa stricta, var. argentea, A. Riv.

Svn, — Bambusa stricta argentea, Hort.

(Développement moindre que le type.)

Sous ce dernier nom, nous avons acquis, du Jardin d’Acclimatation de Paris, une espèce qui, en se développant sous le climat algérien, nous a offert tous les caractères du B. stricta, avec celle variation que les feuilles sont striées de lignes blanches argentées. Cependant le B. stricla présente quelque-

(li On trouve quelquefois cette espèce cultivée en serre; ce ne sont plus alors des caractères remarqués à l’air libre. En pot, elle végète mal, mais en pleine terre, dans un jardin d’hiver, elle donne des chaumes minces et flexibles, trèslisses, d’un beau vert, avec des ramifications longues et effiiées portant de longues et étroites feuilles. L'ensemble est d'un vert très-gai qui diférencie ce Bambou du B. gracilis observé dans les mêmes conditions de culture artificielle.

fois cette panachure sur de jeunes tiges. Il est bon d'ajouter qu'en vieillissant ce B. striclä argentea perd sa panachure, ct 1l nest pas impossible que, par la suite, cette plante retourne au type primitif.

Il y a donc lieu de considérer ce Bambou comme une simple variété et de l’adopter sous le nom de PBambusa stricla argenteu ou striala. Elle a en effet tous les caractères du strictæ. ses gaines seules n’en diffèrent que par des stries foncées et jaunâtres. Ses chaumes sont un peu plus tortueux dans le jeune âge.

Sa mullüiplication est la même, toutefois le bouturage seul peut faire espérer d’en conserver la panachure.

Bambusa gracilis, Hort.

» mètres de hauteur, — 2 centimètres de diametre.

(Végétation automnale, louffe cespileuse.)

Celle espèce, sans contredit une des plus gracieuses du senre, est ordinairement confondue avec l'Arundinaria falcala, qui s'en rapproche par certains caractères de factes ; cependant ces deux espèces, observées dans tout leur développement, présentent des différences bien marquées.

Le Bambusa gracilis a une souche essentiellement cespiteuse, c’est-à-dire que les chaumes naissent très serrés les uns contre les autres. Touffe ronde pouvant atteindre un grand diamètre. Les chaumes agglomérés s'inclinent sous le poids de leurs ramifications touffues et forment une gerbe retombante de tous côtés.

En Algérie, la végétation se manifeste dans le courant d'août et de septembre par la sortie de terre de bourgeons aigus recouverts de gaines légèrement colorées. Ces bourgcons ou turions s’allongent et forment des chaumes dénudés, flexibles, recouverts d’une poussière glauque très-mntense, très-adhérente, qui lui donne veritablement une teinte argentée.

Les gaines spathiformes, d’abord vertes, parfois légèrement teintées de rose glauque, sèchent rapidement. Elles sont peu

larges, longues de 18 à 25 centimètres, très-étroites vers leur sommet terminé en pointe, et ne portant ni ligule ni limbe dans la partie inférieure du chaume. Dès qu'elles s’en détachent elles restent plates. Elles sont d’une consistance presque molle, striées, couvertes de petits poils à peine visibles. Vers le milieu de la hauteur du chaume, les gaines sont accompagnées d'un limbe caduc avorté, en forme de pointe, et d’une ligule très-apparente, haute de quelques millimètres, sinueuse et déchiquetée. Vers le sommet du chaume les limbes sont plus développés et constituent de véritables feuilles vertes, longues de 12 à 15 centimètres, étroites, s’atténuant insensiblement à leur point d'attache sur la gaine.

A la chute de ces gaines très-caduques, le chaume apparait cylindrique, recouvert de celte matière glauque très-intense qui s’efflace avec le temps; il est alors très-vert, puis brun en vieillissant. Les nœuds sont un peu saillants, à renflement quelquelois légèrement vivlacé du côté du soleil. Audessous du renflement existe la gouttière circulaire qui contenait la gaine, elle est bien apparente et sèche. L'œil situé entre cette goultière et le renflement du nœud est large, peu haut, aplati, composé de petits bourgeons écailleux serrés les uns contre les autres sur deux rangs.

Les bourgeons du milieu du chaume donnent d’abord naissance aux ramifications, et leur développement se continue simultanément vers l'extrémité et vers la base. Ces ramifications grêles, nombreuses, de vingt à trente, émergent d'un même point, et leur agglomération est telle qu’elles sont semi-verticillées sur le chaume ; elles sont terminées par de petites feuilles d’un beau vert.

Feuilles munies d’une gaine verte, à ligule membraneuse, sèche, très-apparente; à limbe long de 9 à 10 centimètres, large de 8 à 10 millimètres, acuminé, rétréci à sa base en sorte de pétiole, à nervure fine, apparente à la face inférieure.

Ces ramifications grèles, peu longues, dressées, entourant presque le chaume, garnies de feuilles d’un vert très-gai, forment une sorte de panache et iuclinent gracieusement ce

chaume sous leur poids, de là le terme spécifique si bien mérité de B. grucilis.

Les chaumes secs sont durs et résistants.

Malgré de nombreux essais, nous n’avons Jamais réussi la multiplication de cette espèce, soit en serre, soit à l'air libre, sous le climat de l'Algérie, par des boutures auxquelles on conservait même le faisceau de ramification. La division des touffes est le seul moyen pratique, encore doit-il être prudemment exécuté. En Algérie et dans les pays analogues, 1l faut opérer en mai ou juin, sectionner la souche par partie assez forte, mettre en pot et à l'ombre, donner beaucoup d’eau. On peut transplanter directement en pleine terre ces divisions de souche ; dans ce cas on opérera fin avril. Dans les deux modes, les chaumes doivent être coupés au moins par la moitié.

Les inflorescences n’ont jamais été constatées en Algérie. On rapporte qu’en France, et notamment dans les serres de Paris, cette espèce aurait fructifié et que de nombreux sujets obtenus ainsi seraient la cause du polymorphisme qui fait hésiter dans l'application du véritable nom. Cette observation pourrait avoir de la valeur, si la plante fructifère était bien déterminée.

Sous des climats chauds, la végétation de ce Bambou laisse à désirer dans la culture en pot. Dans une zone tempérée, dans le midi de la France, mais notamment dans les îles du lac Majeur, il prend un magnifique développement. Nous avons vu ses chaumes y atteindre 6 mètres de hauteur et 2 centimètres de diamètre à la base; les touffes mesuraient plus d’un mètre de diamètre. En Algérie, dans le sud de l'Espagne et de l'Italie, il ne craint pas la chaleur ni le soleil direct, s’il esten bonne terre et soumis à l'irrigation ; dans le cas contraire, quoique résistant, l'extrémité de ses chaumes se dégarnit et les touffes sont chétives et grêles; alors sa couleur moins glauque se rapproche du B. stricta. En France, il résiste quelquefois vers le centre pendant quelques années, mais ne supporte pas un abaissement de température accentué; sa véritable culture y est la serre froide, de l’eau et de l’espace. Bien cultivée, cette

espèce pourrait être considérée comme une des plus gracieuses plantes destinées à la décoration des jardins d'hiver, des serres et des appartements (1).

Bambusa gigantea. Wallich.

Dendrocalamus giganteus, Munro.

3 iuèlres de hauteur. — 3 centimètres de diamètre.

(Végétation autonnale, touffe cespiteuse.)

Originaire de Tenasserim et cultivée à Calcutta, où elle atteint de grands développements, cette espèce, que nous avons rapportée en 1871 du Muséum d'histoire naturelle de Paris, est des moins rustiques au Hamma. Elle a beaucoup de rapports avec le Bambusa Hookeri, mais elle est bien plus délicate. Ses chaumes n’ont jamais pu atteindre plus de 3 mètres et se dessèchent à leur extrémité dans le courant de l'hiver, pendant que les feuilles sont très-souffrantes. Les mérithalles sont droits, à nœuds peu saillants ; les feuilles sont courtes, mais on ne peut rien préciser des caractères d’une espèce qui végète à peine sous le climat le plus chaud de PAIgérie. On peut donc conclure qu'elle y est demi-rustique, c’està-dire réclamant un abri dans la mauvaise saison ; dans ce cas, sa culture n'offre aucun intérêt dans le bassin méditerranéen.

Sa multiplication ne diffère en rien de celle du Bambusa Hookeri, elle doit seulement être faite plus tard et ètre abritée pendant l’hiver par un châssis.

La culture en Europe ne peut avoir lieu qu’en serre chaude ou tempérée,

(l) On peut d'ailleurs voir le bel effet qu’elle produit dans un des grands pavillons du Muséum de Paris, dont un des murs est presque entièrement tapissé de ses chaumes flexibles, à ramificalions étalées laissant pendre des feuilles longues et étroites, le tout d’un ensemble glaucescent des plus agréables à voir

Bambusa scriptoria, Dennst.

1,50 à 2 mètres de hauteur. — 1 centimètre de diamètre.

(Végétation automnale, touffe cespileuse.)

Originaire des Indes orientales, cette espèce peut être considérée, dans bon nombre de cas, comme la plus petite du groupe des Bambous que nous connaissons, en exceptant cependant le Bambusa Forlunei, si l’on regarde ce dernier comme un Bambou et non comme un P halaris ou un Panicum.

En Alvérie et sur tout le littoral chaud et sec de la Méditerranée, ce Bambou se présente sous une forme cespiteuse trèsprononcée, formant une touffe de chaumes compacts, hauts d'environ 4°,90 à 2 mètres.

Les bourgeons ou turions, grêles et pointus, sortent de terre à la fin de l’automne, accompagnés de gaines spathiformes vertes, qui se dessèchent aussitôt. Le chaume, en s’allongeant, est vert, lisse, portant à chaque mérithalle une petite gaine spathiforme haute de 5 à 6 centimètres et surmontée d’un limbe droit et avorté, qui semble en être la continuation. Cette gaine n’atteint pas le tiers de la hauteur du mérithalle et ne l’entoure dans sa périphérie qu’à la base seulement; sa largeur varie avec le diamètre du chaume; elle est de consistance sèche, de couleur blanc jaunâtre, légèrement striée et très-vernissée à l'extérieur, et encore plus lisse et plus polie à l'intérieur. Une ligule peu apparente sépare la gaine du limbe, lequel est droit, appliqué contre le chaume, et parail être le prolongement de la gaine, dont l’ensemble présente une forme très-pointue ; seulement ce limbe avorté n’est nullement vernissé, il a des stries marquées et est très-caduc.

Ces gaines sont facilement détachées de leur gouttière par le renflement des yeux, et le chaume apparait nu avec une trace de glaucescence à l'emplacement recouvert par la gaine, glaucescence s’effaçant rapidement pour laisser au chaume une couleur très-verte dans toutes ses parties ; en vieillissant, 1l prend une teinte Jaune d'or quelquefois très-brillante. Les mérithalles sont un peu en zigzag, c’est-à-dire arqués dans

des sens opposés, mais presque droits au sommet du chaume, sphériques et lisses, à nœuds peu saillants, portant la gouttière circulaire et sèche dans laquelle était emboîitée la base de la gaine. Certains mérithalles atteignent jusqu’à 20 centimètres de long. Le chaume est grêle à son extrémité, et à sa base 1l attemt environ 8 millimètres de diamètre; dans la parlie souterraine, il est renflé et émet sur ce renflement de longues et nombreuses racines.

Ce chaume, caractère saillant, n’est pas fistuleux, il est entièrement plein.

A la chute des gaïînes, l'œil qui doit produire les ramifications est déjà très-accentué ; il est de couleur jaunâtre, luisant, formé d’une membrane transparente, garnie de poils sur ses bords et figurant un cœur renversé; il est exactement semblable à celui du Bambusa stricta.

Les ramifications naissent en faisceau; elles sont nombreuses, grêles, presque filiformes, ayant à leur point d’attache sur le chaume de petites gaines sèches et persistantes. Ramifications également ramifiées, portant, à leur extrémité, des feuilles disposées distiquement sur un même plan, au nombre de quatre ou cinq de chaque côté d’une ramille, alternes, mais quelquefois tellement serrées qu’elles paraissent opposées et former des paires.

Le limbe est petit, acuminé, long de 3 à 5 centimètres, large de 5 à 10 millimètres, presque arrondi à la base, s’attachant à la gaine par un court et large pétiole à face inférieure glauque, sans nervure bien marquée. Gaine verte, terminée par une ligule peu visible, bordée de quelques poils blonds et soyeux, de couleur vert pâle. L'hiver altère beaucoup ces feuilles, qui sont ordinairement jaunâtres.

Ce Bambou n’a jamais fleuri au Hamma.

Le froid et la sécheresse fatiguent quelques organes de cette plante, aussi les chaumes sont-ils souvent dégarnis à leur extrémité et les feuilles sèches dans une partie de leur limbe, ou jaunâtres, ou décolorées ; néanmoins, elle supporte nos étés les plus chauds.

Si ce Bambou croit à l'ombre légère d’une plus grande

espèce, qui le protège aussi bien des abaissements de tempéture que des ardeurs trop directes du soleil, il présente aussitôt un facies nouveau. Dans ces conditions favorables, aidé par des arrosements, le Bambusa scriptoria lance des chaumes de #à 5 mètres de hauteur sur 1 centimètre de diamètre, qui émettent des ramifications plus vigoureuses, chargées de feuilles serrées les unes contre les autres, plus vertes, à nervure médiane plus accentuée, feuilles surtout remarquables par la couleur bleuâtre de leur face inférieure.

Ce Bambou peut être confondu avec l’Arundinaria falcata, mais il en est bien distinct. Si l’on hésite à se prononcer d’après le facies ou les caractères extérieurs, la simple inspection de l'intérieur du chaume résout la difficulté : le chaume du Bambusa scriptoria est plein, celui de l’Arundinaria falcata, quoique épais, présente un canal bien marqué.

Sile milieu favorable cité plus haut agit sur son dévelopment, il existe les plus grands rapports entre lui et le Bambusa stricla jeune, même dans la gaine, seulement les feuilles du Bambusa scriploria sont plus petites et plus nombreuses, au sommet de ramifications plus agglomérées.

Cette plante exige, pour bien prospérer dans les contrées chaudes, une terre fraiche et l'abri léger d’autres Bambous, mais, comme nous l’avons dit, elle est très-rustique. En France, dans les régions du Centre et du Nord, cultivée en pot, elle rendrait des services comme ornementation ; les soins culturaux lui feraient perdre cette teinte jaunâtre et non naturelle aux feuilles développées dans de bonnes conditions.

Ainsi que son nom spécifique l'indique, les Orientaux emploient ses chaumes pour écrire, mais sa flexibilité, quoique avec des mérithalles pleins, lui assigne une place dans les travaux de vannerie. À ce point de vue, sa culture doit avoir lieu dans des terrains frais et irrigables.

On obtient sa multiplication par boutures ; mais sa touffe, essentiellement cespiteuse, fournit un grand nombre de sujets d’une végétation plus rapide que les boutures; chaque chaume éclaté constitue un pied formant touffe l’année même, par le développement de bourgeons situés sur son renflement sou-

terrain. On opère en avril, à mi-ombre autant que possible, avec quelques arrosements, si l’on veut avoir des plants bien verts. -

DEUXIÈME GROUPE

Phylilostachys mitis,

Bambusa mitis, Poiret.

— edulis

8 à 12 mètres de hauteur. — 5 à 7 centimetres de diamètre.

(Originaire de la Chine.)

Ce Bambou est le type de toutes les espèces du groupe des Phyllostachyées que nous connaissons, dont la végétation est vernale, les racines traçantes, les tiges canaliculées et les ramifications géminées ou dichotomes ; les autres espèces n’en diffèrent que par la taille et des caractères apparents seulement à certains moments, car, avant que sa touffe soit adulte, ce Phyllostachys mitis a la plus grande ressemblance avec les suivants, qui, d’ailleurs, sont aisément confondus entre eux ; tels sont, par ordre de taille : Phyllostachys Quilioi, viridi-glaucescens, aurea, fleruosa, violascens. Le Ph. nigra en diffère seulement par sa couleur ; comme dimension, il vient immédiatement après les Ph. mitis et Quilioi.

En Algérie, les bourgeons ou turions sortent de terre dans le courant d'avril ; ils sont coniques, droits et raides. Leur couleur est verdâtre, légèrement maculée dans les jeunes sujets, mais violacée, fortement maculée dans les sujets adultes. TIs sont accompagnés de limbes avortés en forme de languettes longues et pendantes dans les jeunes tiges (fig. 22). Le turion, en s’allongeant, forme un chaume garni de gaines spathiformes, caduques, à l'exception des trois ou quatre premières de la base qui persistent pendant quelque temps (fig. 22). Celles-ci, analysées sur des pieds dont les tiges moyennes ont atteint tout leur développement en grosseur,

sont longues de 0°,05 à 0° ,15: elles embrassent la tige à leur

base seulement, c’est-à-dire à leur point d’adhérence. Elles sont de couleur jaunâtre; leur sommet est un peu en pointe ou un peu arrondi. Elles sont relativement peu épaisses, coriaces cépendant, striées, glabres même sur les bords. La ligule est peu apparente, peu développée; 1l en est de même du limbe. Celui-ci est très-court, comme apiculé; mais il atteint parfois, sur la quatrième gaine, une longueur de 12 à 15 millimètres.

Les gaînes spathiformes qui succèdent aux premières changent de caractères et de forme; leur longueur varie depuis 0",20; elles peuvent arriver successivement jusqu’à 0",99 vers le milieu de la tige. Nous avons récolté, au Jardin du Hamma, des échantillons qui avaient cette longueur, laquelle peut être encore dépassée. La largeur atteint 0",16; nous l'avons constaté plusieurs fois. Dans ces conditions extrêmes, les gaines spathiformes du P hyllostachys mitis ressemblent à de grands cornets dont les bords se rejoignent à peine, caractère qu'on observe sur toutes, à mesure que le chaume acquiert sa grosseur définitive. Elles sont distiques, caduques ; elles se détachent et tombent selon laccroissement du chaume. Leur couleur est violacée, puis devient jaunâtre ; elles sont, en outre, tachetées sur leur partie dorsale de nom: breuses macules brunes, rondes, irrégulières de grandeur et dispersées sans ordre, Cette maculature leur donne la couleur d’une peau de serpent ou de la tige de certaines espèces d’Aroïdées (fig. 23). Elles sont coriaces. Le sommet est plus ou moins arrondi, plus ou moins ovaliforme, plus ou moins allongé; mais, dans tous les cas, il se termine comme s’il était brusquement tronqué horizontalement. Elles sont glabres sur toutes leurs parties et sur leurs bords, et portent des stries nombreuses. Comme dans toutes les espèces de Bambusacées, elles vont en diminuant de longueur et de largeur, à mesure qu’elles s'approchent de l'extrémité de la tige.

La ligule est petite, large de 15 millimètres environ, haute de 5. Elle est brunâtre, plus ou moins pectinée.

Le limbe est variable ; sur les gaines inférieures, il est long de 0",03, étroit, effilé (fig. 23) ; sur celles du centre, sa lon-

Fic. 22. — PHYLLOSTACHYS MITIS.

Tige en pleine croissance, coupée par le milieu.

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