‹ Les bambousChapitre 16 sur 44 · TA · texte numérisé non relu

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gueur augmente, ainsi que sa largeur. Il en est de mème sur les parties intermédiaires, jusqu'aux trois quarts de la hauteur du chaume; le limbe y est long de 0",10 à 0",20 sur 5 à 8 millimètres de large; il est étroit, lancéolé, légèrement flexueux, et rugueux sur ses deux faces, de couleur verdätre, quelquefois légèrement rubanée; les bords sont armés de petites dents très-fines et nombreuses.

Les dernières gaînes sont plus épaisses, moins larges; la ligule est d’une couleur plus brune; elle est plus haute et plus fortement pectinée et ses lanières filiformes sont blanches; d’un autre côté, le limbe devient plus petit et plus étroit. Sur celles de l'extrémité de la tige, à leur sommet et de chaque côté du limbe, on remarque quelques petits bouquets de poils.

A la chute des gaines, le chaume apparait d’une couleur verte, recouverte d'une matière glaucescente et pruineuse, quelquefois très-développée, mais toujours plus intense et disposée en auréole au-dessus du nœud. Ces nœuds, peu ou à peine prononcés relativement à la grosseur de la tige, se distinguent par un petit bourrelet circulaire et blanchâtre assez saillant, cicatrice laissée par la chute de la gaine spathiforme.

La tige est cannelée, portant, d’un nœud à l’autre, les rainures alternes et distiques que nous avons déjà étudiées (fig. #). Les ramifications géminées et latérales naissent au fur et à mesure que la tige poursuit son élongation. A l’état de bourgeons presque rudimentaires, avant leur développement, elles sont emprisonnées dans une gaine bicarénée ou binerviée. Cette gaine est adossée à la tige; elle est haute de 15 à 20 millimètres et large à sa base de 8 à 10; sa forme est presque acuminée. Elle se compose de deux membranes pelliculeuses, blanches, transparentes ; la supérieure est fendue sur le côté gauche et dans toute sa longueur; c’est pourquoi l’une de ces membranes est plus longue que l’autre. Sur la partie dorsale de la gaine, on aperçoit deux nervures latérales assez distantes l’une de l’autre et bordées de cils blanchâtres.

C’est du centre des gaines bicarénées que sortent les rami-

fications ; lorsque celles-ci, généralement au nombre de deux, ont atteint quelques centimètres de longueur, la gaine, qui a grandi également, peut mesurer jusqu’à 0",04. Le caractère de ces gaines a été pris sur les tiges principales, et c’est ce qui explique cette fente régulière et latérale; les gaines carénées et qui se subdivisent, se fendent sur le côté droit pour laisser passer les ramuscules, tandis que les autres se fendent à gauche. Les feuilles sont portées par ces ramuscules. Elles sont étroites, acuminées, ordinairement longues de 8 à 9 centimètres et larges de 2, lisses, glauques en dessous, sans nervures bien saillantes.

Ce Bambou, que nous avons étudié pendant une période d'environ dix années, ne nous a Jamais montré ses inflorescences, quels que soient les soins et les tentatives que nous ayons employés pour connaître les fleurs de cette espèce, que nous considérons comme le type d’un grand nombre de Bambous déjà bien répandus dans les cultures. À ce point de vue, il y avait grand intérêt pour nous à connaître son organisation florale. On prétend pourtant que le Phyllostachys mitis a fleuri au Hamma ; mais le fait n’a pu être confirmé, ou, sans nul doute, il y a eu confusion d’espèces.

Les rhizomes du P hyllostachys mitis atteignent quelquefois une très-grande longueur. Leur développement se fait horizontalement et à quelques centimètres au-dessous de la surface du sol. Leur grosseur est variable; elle dépend de La force de végétation des sujets, de leur âge et des conditions locales dans lesquelles la plante se trouve cultivée; elle peut atteindre et même dépasser 0",02. Leur couleur est jaune. Elles sont composées de nœuds très-rapprochés, 0",02 à 0,06 environ. Chaque mérithalle porte, d’un seul côté, une cannelure profonde qui prend naissance à la base de chacun des bourgeons latéraux que porte le rhizome dans toute sa longueur. Des racines filiformes, petites, garnies de radicelles, courtement ramifiées, se développent sur les rhizomes, mais seulement aux nœuds; elles sont disposées en verticille sur une ou deux rangées; dans ce cas, elles sont très-rapprochées.

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Fic. 23. — PHYLLOSTACHYS MITIS

Gaîne maculée avec son limbe avorté en forme de languette.

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Pendant leur croissance, les rhizomes sont enveloppés de longues gaines de forme et d'apparence écailleuse, à disposition distique alterne, imbriquées, d'un blanc jaunâtre ou grisâtre ; elles durent peu de temps et se décomposent à mesure que le rhizome s’allonge. C’est au-dessus de la cicatrice qu'elles laissent après leur chute, que se développent les racines. À leur aisselle on remarque un bourgeon; les rhizomes en portent donc, dans toute leur longueur, un nombre plus ou moins considérable ; ils ont, comme les gaines à l’aisselle desquelles ils sont nés, une disposition distique alterne.

Quand la croissance du rhizome est sur le point de s’arrêter, son extrémité se redresse pour sortir de terre (fig. 23) et consutuer une tige aérienne; des bourgeons latéraux peuvent se développer en mème temps.

Pendant que les tiges grandissent, 1l se développe à leur base une cerlaine quantité de racines qui viennent leur apporter de la vigueur; elles sont plus grosses et plus longues que celles des rhizomes.

Par une cause qui nous est inconnue, tous les bourgeons d’un même rhizome ne se développent pas : les uns avortent sans végéter davantage; d’autres pourrissent dès qu'ils sont sortis de terre et qu'ils ont atteint quelques centimètres de longueur; d’autres enfin restent longtemps stationnaires et semblent attendre une occasion favorable pour se développer.

IL est inutile d'ajouter que les rhizomes ne sont pas fistuleux comme les tiges.

Les chaumes du P hyllostachys mitis sont assez rapprochés les uns des autres sur leur rhizome, quoique conservant entre eux une certaine distance. Comme aspect, ce Bambou a une teinte générale vert glauque; ses chaumes sont droits, effilés au sommet, et leur couleur est bleuâtre, surtout dans les sujets adultes; dans d’autres cas, elle est vert jaunâtre. Chaque nœud porte à sa base une auréole glaucescente, persistante et très-accentuée. Les deux ramifications inégales, droites, londues et peu garnies de feuilles, forment entre elles et l'axe qui les süpporte un angle trèssouvert.

En vieillissant, les tiges deviennent jaunes, vernissées et très-dures.

Dans le sud de l'Europe, à certaines altitudes, et en Algérie, dans les contrées tempérées, les chaumes atteignent de 8 à 42 mètres de haut sur 0",05 à 0",07 de diamètre. Nous en avons vu des exemplaires de 16 mètres de haut chez M. Mazel, à Anduze (Gard). Dans le Nord, aux environs de Paris, les dimensions sont plus restreintes, mais elles ont encore une hauteur de 4 à 6 mètres.

Parmi les Bambusacées du groupe à souches traçantes et à végétation vernale, le Phyllostachys mitis est l'espèce qui croit avec la plus grande rapidité; des observations faites au Jardin d'essai du Hamma pendant plusieurs années consécutives nous ont donné comme résultats des chiffres intéressants à constater, qui sont indiqués dans des tableaux au chapitre Croissance.

En raison de cette excessive rapidité de croissance et de sa rusticité relative, le Phyllostachys mitis est une des bonnes espèces à propager dans les cultures. Ses tiges longues et volumineuses pourront servir à la confection de cabanes, de kiosques, de chaumières, de hangars légers, à la fabrication d’échalas pour la culture des vignes, et à une infinité d’autres usages. Il est très-propre à fixer les terres, ainsi que l’a fait M. Mazel à Montsauve, pour des terrains d’alluvion. Comparativement aux autres espèces, son bois est moins épais, plus léger, mais d’une très-grande résistance.

Pour cultiver ce Bambou avec tous les avantages possibles, la condition d’un climat favorable sera la première à rechercher. La région méditerranéenne lui conviendra parfaitement, ainsi que les parties tempérées de notre pays. Il trouvera les mêmes bonnes conditions en Algérie, en Espagne, en Portugal, en Italie, ete. Ce qu’il lui faut en second lieu, c’est un terrain de nature siliceuse autant que possible, profond et frais. Du reste, sa végétation normale, se manifestant à la suite de la saison des pluies, lui permet de supporter ensuite de longues et fortes sécheresses.

Cette espèce est assez rustique pour braver les hivers de

Paris et du nord de la France; ce n’est guère qu'une gelée audessus de 14 degrés qui peut en détruire les chaumes.

La multiplication du Ph. mitis est, comme celle de tousles Bambous essentiellement traçants, des plus simples et des plus faciles, au moyen du tronçonnement des rhizomes.

Les tronçons doivent, autant que possible, avoir trois yeux, par conséquent une longueur de 0",15 à 0",25. On les plante à demeure, en rigole. L'opération doit se faire en hiver, avant le départ de la végétation.

Ce Bambou est originaire de la Chine, où il est très-répandu et très-apprécié. Ses tiges droites et lisses, surlout sans épines, lui ont fait donner le nom de mitis. L'usage culinaire qu’en font les Chinois, qui en mangent les jeunes pousses comme des asperges, lui a valu le synonyme de edulis.

Phyllostachys Quilioi Bambusa Quilioi, Hort.

8 mètres de hauteur, — 5 centimètres de diametre.

Végétation vernale el rhisomes tracants.

Cette espèce est originaire du nord du Japon, d'ou elle à été rapportée en 1866 par l'amiral Du Quilio. Elle a une trèsgrande ressemblance avec le Phyllostachys mitis, mais c’est certainement la même plante connue dans quelques endroits sous le nom de Ph. Mazeli.

En Algérie, les jeunes bourgeons ou turions sortent de terre à la fin d'avril ou aux premiers jours de mai. Ils sont coniques, terminés par un faisceau de limbes avortés en forme de languettes vertes ou rougeâtres (fig. 24).

Les chaumes ou tiges de ce Bambou sont accompagnés, pendant leur croissance, de gaines spathiformes, caduques, distiques. Les premières de la base sont longues de 0®,05 à 0",15, à sommet elliptique; elles sont assez épaisses, coriaces, striées, glabres. Les bords sont également glabres et lisses, dépourvus de toute aspérité. La partie dorsale est

tachetée de brun, comme dans le Phyllostachys mitis, avec

lequel, dans sa jeunesse, il a beaucoup de rapports; il en a également, du reste, avec les Ph. aurea et viridi-glaucescens. La ligule est peu apparente, jaunâtre et légèrement ciliée. Le limbe est long de 0",08 à 0",20, large de 5 à 6 millimètres à sa base, acuminé, pointu, glabre, strié, rude sur les bords, de couleur violacée bronzée (fig. 25).

Les gaines supérieures deviennent plus longues et plus larges et atteignent des dimensions subordonnées à la grosseur des chaumes ; elles sont giabres, striées, jaunàtres, marquées de taches brunes; le sommet est elliptique, allongé ; les bords ne sont pas ciliés, ni rudes au toucher. La ligule ne s’est pas développée; elle est restée petite et ciliée. Le limbe est devenu plus long; il est lancéolé, terminé en pote; sa lonoueur est de 0",03 à 0",06 ; sa largeur, de 5 millimètres ; 1l est scabre sur la partie dorsale. Les bords sont garnis de trèspetites dents blanches très-serrées. La couleur est violacée, mais elle passe vite et devient d’abord verdâtre, puis jaunâtre.

A la chute des gaines, le chaume apparait très-vert, à peine glauque au-dessus du nœud. Ce n’est pas un caractère bien saillant à signaler, mais le Ph. mitis est beaucoup plus glaucescent.

Les tiges du Ph. Quilioi se ramifient pendant qu’elles croissent et s’allongent. Dès le principe, les ramifications sont enveloppées dans une écaille binervée, haute de 55 à 90 millimètres, et large à la base de 20 à 25. Composée de deux membranes relativement assez épaisses, elle est un peu coriace, assez mince cependant quelquefois pour être transparente, surtout lorsqu'elle est située vers l'extrémité de la tige. Elle porte sur sa partie dorsale deux nervures latérales très-éloignées l’une de l’autre, assez saillantes et garnies de poils épineux. Au moment où nous l’avons observée, la couleur de l’écaille était jaunâtre, la végétation de la tige était achevée. La membrane située en avant est fendue dans toute sa longueur et sur le côté, tantôt à droite, tantôt à gauche. Le sommet, presque toujours aussi large que la base, est divisé en trois lobes plus ou moins aigus et d’inégale hauteur (fig. 26). En outre, l’écaille est striée, glabre et non ciliée sur les bords ; elle est très-caduque.

lic. 25. Fc. 24. fic. 26-27,

PHYLLOSTACHYS QUILIOI.

l'i6. 24, Bourgeon eu développement. —F16. 25. Gaine, — F16.26. Écaille bincryce et Lriloéc. - Fi, 27 ‘annelé.

&, 27. Chaume cannelé

L’écaille binervée existe à la base de chaque ramification, mais alors elle devient moins grande sous tous les rapports, tout en conservant généralement les caractères que nous avons décrits ci-dessus.

Le chaume à la plus grande ressemblance avec celui du Ph. milis : mème couleur, même dépression cannelée composée de deux sillons, mêmes ramifications geminées, l’une forte, l'autre faible (fig. 27).

Le rhizome, très-traçant, a tous les caractères du Ph. milis. Inflorescence inconnue.

Ce Bambou atteint chez M. Mazel, près d’Anduze (Gard), de très-fortes proportions; c’est d’ailleurs le plus grand du groupe avec le Ph. mitis. Les terres riches, humides pendant l’été, lui sont favorables. Très-rustique aux environs de Paris et en Angleterre, où l'amiral Du Quilio en a adressé de nombreux exemplaires que nous avions mis à sa disposition, alors qu'il commandait la marine en Algérie. Nous souhaitons que ce Bambou reste une espèce bien distincte pour rappeler le souvenir de son introducteur, marin dislingué, amateur passionné des végétaux et notamment des Bambusées, dont il suivait au Hamma la culture avec le plus grand intérêt.

La multiplication du Phyllostachys Quilioi est celle du Ph. milis, décrite à l’article précédent.

Phyilostachys viridi-glaucescens.

Bambusa viridi-glaucescens, Carrière. G metres de hauteur. — 2 à 3 centimètres de diamètre

Végétation vernaie et rhiromes traçants.

Cette espèce, dénommée par M. Carrière, l’habile chef des pépinières du Muséum de Paris, est sans doute originaire du nord de la Chine; elle en fut rapportée, vers 1846, par le vice-amiral comte Cécile.

Elle à certains rapports avec les Ph. mitis el aurea comme aspect général.

| F1G.98.— PHYLLOSTACHYS VIRIDI-GLAUCESCENS.

Bourgeon et gaines accompagnées des appendices ciliés,

En Algérie, les bourgeons ou turions sortent de terre vers la fin de mars ou dans la première quinzaine d'avril. Ils sont coniques, pointus même, terminés par une réunion de limbes avortés en forme de languettes droites, au bas desquels se remarquent des expansions pileuses ou appendices ciliés (fig. 28).

Leur couleur est fond chamois ou verdâtre, teintée souvent de brun rouge, parsemée de macules petites plus foncées. Ils sont couverts de poils rudes (fig. 28). Leur aspect, moins la couleur, est fort semblable à celui du Phyllostachys nigra.

A la base du chaume, les gaines spathiformes sont d’abord réduites à l’état d’écailles de dimensions variables, suivant la force des chaumes. Elles sont élargies à leur base et se terminent en ovale ou en pointe; elles paraissent même acuminées par la présence d’un limbe avorté souvent peu visible ou .

ayant à peine 1 ou 2 millimètres de long (fig. 29).

Plus le chaume s’allonge, plus les gaines se caractérisent, et leurs dimensions varient avec l’écartement des mérithalles; elles peuvent atteindre 25 à 90 centimètres. Elles sont striées dans toute leur longueur, âpres au toucher par la présence de petits poils blancs et raides, qui disparaissent quand la gaine va se dessécher. Leur couleur est en général celle du bourgeon, que d’ailleurs elles formaient : fond verdâtre clair, teinté de brun par places, avec

quelques macules plus foncées; couleur très-variable dàns les tons indiqués. Elles se décolorent rapidement et ne conservent à leur base que quelques taches brunes ou violacées, ou des points de même couleur (fig. 29). L'insertion de leur base dans la gouttière du nœud ne présente rien de saillant : elles s’en délachent facilement.

La ligule est simple et légèrement échancrée, haute de 5 à 4 millimètres, verte et beaucoup plus claire que la gaîne, de consistance plus fine, se décolorant ou se desséchant avec celte dernière.

Dans certains cas, elle est obtuse, irrégulière, bordée de villosités blanchâtres. Elle est quelquefois à peine marquée et semble disparaître dans les parties supérieures du chaume, où le limbe est développé, et aussi dans le: parties inférieures, où le limbe est rudimentaire.

Le limbe, avorté, en forme de languette, est à peine apparent dans les premières gaînes de la base (fig. 28); ce n’est en quelque sorte qu’un petit appendice très-étroit et pointu, ayant quelques millimètres seulement de longueur ; puis, cet orsane se modifie progressivement avec l’élongation du chaume. Le limbe s’élargit et devient foliacé. Ces sortes de feuilles sont, pendant leur développement, vertes ou d’une couleur légèrement bronzée ; mais, comme elles ont le même caractère de caducité que la gaine dont elles dépendent, elles jaunissent avant de tomber. Sur les gaines inférieures, les limbes sont un peu ondulés et presque horizontaux ; sur les gaines supérieures, où ils sont plus longs et plus minces, de consistance plus molle et herbacée, ils s’infléchissent, s’inclinant sous leur propre poids.

Vers les parties supérieures du chaume, ce limbe a tout son développement; il atteint de 5 à 10 centimètres de lonœueur, mais resle très-étroit, puisqu'il n’a qie 3 à 9 millimétres dans sa partie la plus large. Le limbe est caduc dans cer- (ains chaumes, surtout à leur base.

Le caractère le plus distinctif des gaïnes de cette espèce, commun d’ailleurs avec celui du Phyllostachys nigra, c’est la présence, au sommet de cette gaîne, à la base de chaque côté

du limbe, d’un appendice membraneux longuement pectiné (fig. 28). Par la disposition qu’a cet organe, il semble que ce soient des faisceaux de poils qui accompagnent la base du limbe; mais lorsqu'on l’examine attentivement, on voit que la base de l’appendice est élargie et formée par une expansion du bord supérieur de la gaine et de la base du limbe. Cette expansion, en forme d'oreille ou lame horizontale, ordinairement plus longue que large, se divise en lanières filiformes, irrégulières, tourmentées, tortueuses et d’une couleur brun violacé, mais qui sont blanches dès leur apparition. Ces lanières sont disposées sur un seul rang, comme les dents d'un peigne, longues de 10 à 15 millimètres. Ces corps articulés, qui forment une sorte de collerette à la base du limbe, sont verts et brunissent en vieillissant. Cet appendice pectiné n'existe pas toujours sur les gaines de la base comme sur celles de l'extrémité de la tige ; quelquefois aussi il n’existe que sur un des côtés du limbe, et, dans d’autres cas, il est peu développé ou n’est représenté que par deux ou trois lanières.

Dans le Phyllostachys viridi-gluucescens, les gaïînes de la base sont persistantes.

Les gaines spathiformes tombées, le chaume apparait d’une couleur vert tendre, recouverte d’une matière glauque ; iloffre d’abord les caractères suivants : 1° La saillie du nœud est violacée. Au-dessous de ce nœud existe une auréole de maère glaucescente, blanchâtre même, qui disparaît au bout de quelque temps, soit enlevée par le vent, soit aucontact des ramifications. 2° À la base d’un grand nombre de mérithalles existe une tache violacée foncée, occupant une partie de sa périphérie, mais toujours du côté le plus exposé au soleil, et manquant même au côté opposé ou au plein nord; cette tache s’efface insensiblement au bout de quelque temps.

Les tiges de cette espèce se ramifient dès leur base, au fur et à mesure de leur croissance (fig. 30). Les ramifications, généralement au nombre de deux, mais quelquefois de trois, à chaque nœud, surtout en France, sont d’abord enveloppées dans une sorte d’écaille bicarénée dont la longueur peut varier de 20 à 25 millimètres, et la largeur de 5 à 10 à leur partie

Fra. 29. Fc. 30. AE MENT

PHYLLOSTACHYS VIRIDI-GLAUCESCENS.

F1G, 29. Gaîne spathiforme, — Fic. 30. Tiges à différentes époques de développement.

Fra. 31; Ecaille binervée, — Fire. 32, Tiges avec ramificalions géminées.

LL ET Re

Cr TS,

es 1 re

basilaire. Gette écaille, de forme acuminée, est composée de deux nervures latérales (fig. 31), peu éloignées l’une de l’autre, et de deux membranes extrèmement minces et transparentes : l’une adossée à la tige, l’autre recouvrant les jeunes bourgeons avant leur développement. L’écaille binervée est fendue dans toute sa longueur, sur le côté droit, de manière que le bord de cette membrane vient s'appuyer sur la nervure de droite. Il résulte de cette conformation qu’en l’étalant, il semble que la nervure de gauche soit placée vers le centre des deux membranes. Le sommet est terminé par deux pointes inégales et séparées par une légère échancrure, ce qui lui donne le caractère bifide (fig. 31); elles sont la prolongation des deux nervures qui ont outrepassé les membranes. Les bords et la partie dorsale des nervures portent des petits poils rudes au toucher.

Pendant la végétation, les bourgeons, pour se frayer un passage, écartent la membrane supérieure en la rejetant en arrière. Quelquefois, par la rapidité de la croissance de la tige, l’écaille binervée se déchire de bas en haut, et, comme elle est extrèmement caduque, elle disparait assez vite.

L’écaille binervée se retrouve à la base de tous les bourgeons ou jeunes pousses, quelle que soit leur origine ; mais alors elle subit des modifications dans sa largeur et sa hauteur, restant constante dans ses deux nervures, et bifide dans le plus grand nombre des cas ; mais ce dernier caractère disparait sur les écailles observées à la base des ramifications de troisième et de quatrième ordre. En outre, toutes les écailles qu'on remarque à la base des rameaux de second ordre portent leur fente longitudinale sur la partie gauche.

Sous le climat de Paris, lorque les chaumes du Phyllostachys viridi-glaucescens ont terminé leur croissance, ils présentent les caractères suivants : presque droits, se déjetant un peu de droite à gauche et d’un nœud à l’autre ; presque cylindriques, quelquefois cependant un peu méplats, comprimés; de couleur verte, luisants; nœuds un peu saillants, d'un violet foncé; mérithalles plus ou moins longs, de 0",08 à 0°,25, ct portant, alternativement d’un nœud à l’autre,

so LES BAMBOUS.

une double canrelure plus ou moins profonde et séparée par une sorte de petite côte longitudinale arrondie.

Nous avons dit que les chaumes du Ph. viridi-glaucescens portent des ramifications dès leur base, au nombre de deux, quelquefois de trois (fig. 32), à chaque nœud; les deux latérales, ordinairement d’inégale longueur, sont plus vigoureuses que celles du centre; elles forment, dès leur point d’insertion, une bifurcation dont l’angle est assez ouvert. Au centre de cette bifurcation naît la troisième ramification, très-petite et quelquefois avortée. Les ramifications latérales ou de premier ordre sont plus ou moins longues; elles sont grêles, d’un vert luisant, portent des nœuds plus ou moins rapprochés, d’une couleur violacée ; les mérithalles sont cannelés et les cannelures sont ou doubles ou simples.

Pendant la végétation de ces ramifications de premier ordre, on remarquait à chaque nœud une gaine spathiforme longue de quelques centimètres, portant une ligule peu apparente et un limbe plus ou moins développé; puis, tout à fait à l'extrémité, et au terme de la végétation, trois ou quatre feuilles parfaitement constituées. Celles-ci sont composées : 1° d’une gaine de 0*,07 à 0",08, glabre et enroulée autour de la tigelle; 2% d’une ligule à sommet denté, de couleur violacée ; 3° d’un limbe elliptique lancéolé, long de 0",10 à 0",15, large de 10 à 15 millimètres, aux bords garnis de très-petites dents épineuses, glabre et d’un vert glauque sur ses deux faces, particulièrement en-dessous, caractère qui à fait donner à ce Bambou le nom qu’il porte; 4 d’expansions membraneuses divisées en lanières filiformes, relativement assez longues, de couleur purpurine, et disposées en collerette autour de la tigelle, mais au sommet de la gaine et de chaque côté du limbe. Ces expansions sont caduques, car on ne les retrouve plus sur les feuilles anciennes.

Les ramifications de premier ordre, examinées vers la partie centrale d’unetige, peuvent présenter de dix à quinze nœuds, à chacun desquels naissent les ramifications de second ordre. Celles-ci portent vers leur base deux ou trois gaînes spathiformes de dimensions étroites, puis elles se terminent par

trois ou quatre feuilles dont nous avons donné ci-dessus les caractères. C’est sur les nœuds que portent les gaines spathiformes que se développent successivement des ramifications de troisième ordre, et toujours d’après les mêmes principes. Quant à la ramification centrale, elle reste toujours grêle, tout en se subdivisant quelque peu. Quelquefois, mais rarement, 1l s’y en ajoute une autre parlant du même point et croissant dans les mêmes conditions.

Pendant toute la durée de l'existence du chaume, ses ramifications se subdivisent à l'infini; mais toutes ces ramificalions nouvelles ne sont plus accompagnées à leur base de l’écaille binervée que nous avons signalée sur le développement de première année. Cet organe est remplacé par un autre à peine apparent ; les gaines spathiformes sont également remplacées par de très-petites et courtes écailles caduques, au nombre de trois ou quatre.

Tels sont les caractères d’un chaume de Phyllostachys viridi-glaucescens durant sa période de croissance, laquelle a lieu en quelques semaines seulement. Ces caractères, saillants sur cette espèce, peuvent d’ailleurs servir à la description générale des ramifications du groupe des Phyllostachyées. Développé en France sur une touffe de cinq à six ans placée dans de bonnes conditions de climat et de terrain, le chaume peul alteindre une hauteur de 5 et 6 mètres, avec 2 à 3 centimètres de diamètre. Au bout de deux ans de végétation, il est d’un vert jaunâtre, luisant, à nœuds assez saillants, formant comme un bourrelet de couleur olivâtre, avec un petit cercle pruineux en dessous, à mérithalles longs de 0",10 à 0",20 et à cannelures simples ou doubles, comme nous l’avons précédemment indiqué.

Si c’est dans le midi de la France, en Algérie, ou dans des conditions analogues de climat, qu'est cultivé le Phyllostachys viridi-glaucescens, ses tiges prennentun tout autre caractère que dans le nord. Elles sont plus vigoureuses, deviennent plus droites, plus cylindriques ; leurs mérithalles sont plus allongés, leurs nœuds plus saillants et leurs ramifications au nombre de deux seulement, sans doute parce qu'il y à eu

doi. LES BAMBOUS.

avortement de la centrale, par suite de la rapidité de la croissance. En Algérie particulièrement, ce Bambou devient un vévétal dont on n’a aucune idée dans les régions septentrionales. Les chaumes, sous ce soleil ardent, deviennent d’un beau jaune doré ; le bourrelet supérieur de chaque nœud est d'un jaune foncé, tandis que Pinférieur, moins apparent, est orisâtre, et le cercle pruineux qui existe en dessous est alors plus visible.

Le rhizome, ordinairement enterré, rampant à 0",25 ou 0",30 de profondeur, est de dimension beaucoup moindre que le chaume, de couleur jaune clair, lisse, presque sphérique par parties. Nœud peu saillant. C’est en généralle caractère de tous les rhizomes de ce groupe; seulement celui-ci est un peu orèle. Inflorescence inconnue dans nos cultures.

Sou le climat de Paris, cette espèce est souvent confondue avec le Phyllostachys aurea, avec lequel elle à en effet beaucoup de rapports; cependant elle y est moins traçante. En Algérie et dans le midi de la France elle l’est essentiellement. Elle est très-employée dans la décoration des jardins du Nord, à cause de sa robusticité.

Son aspect est fort semblable à ses congénères du même sroupe ; cependant ses tiges sont plus flexueuses que le Ph. nilis, plus hautes que celles du Ph. aurea. Ses chaumes, de moyenne grosseur, s'élèvent à # mètres environ (climat de Paris) et sont d'un vert jaunâtre; ses ramifications sont rigides, orèles, longues, peu touffues; ses feuilles, moyennes, vertes en dessus, glauques en dessous.

Par sa rusticité et la facilité avec laquelle on peut le cultiver dans toute sorte de terrain, le Ph. viridi-glaucescens pourra rendre de grands services à l’industrie, qu’on l’emploie soit à la fabrication du papier, soit aux nombreux usages dont il est question précédemment dans un chapitre spécial.

Le mode de multiplication est le même que pour tout ce eroupe : les rhizomes, peu enfoncés, émettent beaucoup de radicelles à chaque nœud. La reprise est facile

Phyllostachys nigra, Bambusa nigra, Lodd.

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