‹ Les bambousChapitre 17 sur 44 · mètres de hauteur. — 2 à 3 centimètres de diamètre · texte numérisé non relu

mètres de hauteur. — 2 à 3 centimètres de diamètre

(Végélalion vernale et rhixomes traçants.)

Ce Bambou est originaire des Indes orientales. Il est remiarquable par la couleur noire de ses tiges. Comme dimension, dans les pays tempérés, il vient en troisième ou quatrième ordre, dans le groupe des {raçants connus, c’est-à-dire après les Phyllostachys milis, Quilioi, et viridi-glaucescens ; cependant, dans certains cas, il dépasse ce dernier en hauteur et surtout en diamètre.

En Algérie, le jeune bourgeon ou turion sort de terre du 15 avril au 1% mai. Il est cylindro-conique, légèrement aplali cependant, quelquefois d’un brun rougeätre, ordinairement teinté de rouge pâle, recouvert danstoutes ses parties de poils blancs, raides et courts (fig. 33), et d’une matiëre glaucescente. Il se termine par un faisceau de limbesavortés en forme de languettes vertes, rigides, sinueuses, au bas desquels sont de petits corps auriculés garnis de longs poils (fig. 35).

La tige s’allonge et les caractères des gaines spathiformes s’accentuent. Les quatre ou cinq premières de la base, hautes de 0",03 à 0",07, embrassent la tige par leur partie basilaire ; elles ont une forme presque acuminée, et, comme sur beaucoup d’autres espèces, elles persistent plus longtemps que les gaines supérieures. Leur texture est assez épaisse, coriace, de couleur jaunâtre. Elles sont glabres; cependant, dans leur Jeunesse, quelques petits poils couchés et caducs recouvrent leur partie dorsale. En outre, elles sont striées et portent sur leurs bords des cils nombreux et jaunâtres. La ligule s'y trouve quelquefois assez développée, de couleur brunûtre, et quelque peu ciliée. Le limbe est assez court, épais, coriace, légèrement acuminé, et glabre.

Les gaines spathiformes supérieures à celles que nous venons d'étudier deviennent beaucoup plus grandes et plus

longues; elles peuvent avoir de 0",10 à 0",20, et peut-être davantage sur des sujets à végétation plus puissante; leur largeur est subordonnée à la grosseur de la tige qu’elles embrassent, de manière que leurs bords se rejoignent dans une grande partie de leur longueur. Assez épaisses, coriaces, striées, de couleur violacée pendant leur développement, puis jaunâtres en vieillissant, elles sont très-caduques. Leur sommet est plus ou moins brusquement obtus; les bords sont ciliés dans la moitié de leur partie supérieure. La plupart d’entre elles sont légèrement recouvertes de poils couchés sur leur partie dorsale; celles de l’extrémité sont glabres ou à peu près.

La ligule est plus développée sur les gaines supérieures; elle a quelquefois de 4 à 6 millimètres de hauteur, avec une largeur subordonnée à celle du sommet de la gaine qu’elle couronne. Elle est brune, rouge, plus foncée que la gaine, plus ou moins obtuse, fimbriée, pectinée, quelquefois déchirée. Dans le haut de la tige, cette ligule a une couleur carmin foncé.

Le limbe ou languette est assez épais, coriace, légèrement ondulé pendant qu’il se développe; sur les gaines inférieures, sa largeur est de 8 à 12 millimètres et sa longueur de 0",02 à 0",06 ; mais sur les gaines supérieures 1l devient plus long, atteignant 0",10, quelquefois davantage. Dans ce cas-là, il reste étroit; 1l est alors lancéolé et terminé en pointe. La face supérieure est glabre, l’autre est légèrement scabre et les bords sont garnis de très-petites dents épineuses. Sur les gaines qui vont terminer la tige, le limbe devient foliacé, comme dans toutes les autres espèces; dans cette condition de droit qu’il était sur les gaînes inférieures, il se coude à sa base pour s’infléchir sur la tige.

Au sommet de la gaine et de chaque côté du point d’insertion du limbe, on remarque une expansion membraneuse plus ou moins élargie à la base (fig. 33), et se divisant, sur les côtés et à son sommet, en lanières filiformes, tortueuses et de couleur brunâtre. Dans bien des cas, ce caractère n’existe pas sur les gaines basilaires et disparaît sur celles de l’extrémité de la tige; quelquefois aussi il n'existe que d’un seul

côté, ou bien cette membrane est atrophiée. Ordinairement ces expansions se dessèchent rapidement.

La tige s’accroit, conservant sur la plus grande partie de sa longueur les gaines spathiformes enroulées autour d'elle. Cependant ces gaines ne tardent pas à se détacher par leur base, sous l’effort des ramifications. Elle apparaît alors couleur vert tendre, et glaucescente seulement au-dessous du nœud.

Quelquefois, et surtout sur les touffes non adultes, les jeunes tiges sont entièrement glauques.

Avant leur développement, les ramifications des tiges, sous les gaines spathiformes, sont enfermées dans une gaine bicarénée, offrant un caractère particulier : elle est bifide, c’est-à-dire divisée en deux lobes comme acuminés, aigus el formant un V très-ouvert (fig. 54).

La longueur de chaque lobe peut ètre de 10 à 20 millimètres avant le développement des ramifications; mais lorsque celles-ci ont quelques centimètres, il devient plus long el peut atteindre 0",03. Cette gaine bicarénée est composée de deux membranes très-minces, pelliculeuses, diaphanes, et de deux nervures jaunes latérales, formant la bifurcation que nous avons indi-

quée. Elle est due aux deux mem- si | ri branes qui se résorbent dans leur ,, 33 pHyLLosrAcHYS NIGRA partie supérieure, mais qui restent Bourgeon.

unies par leur base; celle du devant est fendue jusqu’en bas (fig. 84). Sur leur partie dorsale, les nervures sont couvertes de villosités blanchâtres, et les bords sont ciliés (fig. 3%).

Lorsque les ramifications de la tige ont alteint une longueur de 0",20 à 0",30, chacune d’elles porte à sa base des gaines d’un autre ordre, proportionnées en dimensions à la place qu’elles occupent. Leur texture est extrêmement mince; presque membraneuses, elles sont en partie couvertes de villosités blanchätres sur la face extérieure; les bords sont ciliés. La ligule est assez développée, à sommet arrondi; le limbe généralement très-petit. Ces gaines de second ordre étant très-caduques, leur existence est de courte durée.

Il en est de même des ramifications de troisième ordre; leurs gaines vont en diminuant de développement.

Pendant leur première année de végétation, les tiges du Phyllostachys. nigra sont d’un vert olivâtre et d’un brun foncé à l'approche des nœuds; ce n’est qu’en vieillissant qu’elles deviennent noires. Lorsque la touffe a été cultivée à la même place depuis quelques années, dans de bonnes conditions de climat et de terrain, elles peuvent avoir une longueur de 5 à 7 mètres et une circonférence de 0",10 à 0",12. Cylindriques dans une partie de leur longueur, elles vont toujours en s’amincissant. Dès cet âge, la couleur des tiges est déjà d’un beau noir brillant, surtout à la partie opposée au soleil; cette coloration noire commence à se mamifester par la partie supérieure du mérithalle. Les nœuds sont généralement peu saillants (fig. 35); ils sont assez remarquables en ce qu’ils sont, en quelque sorte, composés d’un bourrelet dont le supérieur est noir et l’autre blanchätre. Entre eux deux est une cicatrice circulaire, linéaire et blanche, indiquant la place qu'occupait chaque gaine spathiforme. D’un nœud à l’autre on compte de 0”,06 à 0",15, les mérithalles du bas de la tige étant toujours plus courts que ceux du centre; ils portent

Fic. 34.

PHYLLOST. NIGRA.

Écaille binervée,

presque tous un double sillon assez accusé (fig. 35).

Dans le Bambou noir, les ramifications ne commencent à apparaitre que vers le huitième ou le douzième nœud à partir du sol. Alors les tiges se modifient; elles portent d’un nœud à l’autre, et alternativement jusqu’à leur extrémité, deux cannelures généralement peu profondes, l’une plus large que l’autre, séparées par une côte longitudinale. Deux ou rarement trois ramifications, partant d’un même poini d'insertion, sortent de chaque nœud.

Lorsqu’elles sont deux, elles forment une sorte de V (fig. 35) dont les branches sont un peu fermées; l’une est un peu plus grosse et un peu plus longue que l’autre, suivant en cela la diflérence de largeur des cannelures. Leur disposition est oblique; elles sont raides, de forme à peu près triangulaire, comme aplaties d’un côté, longues de 0",80 à 1°,30. Ces deux sortes de branches se subdivisent ellesmêmes; chacun de leurs nœuds porte des ramifications : une sur les nœuds du bas, deux sur les nœuds du centre, trois sur ceux de l’extrémité ; mais sur ces derniers, celle du centre est extrêmement petite et comme atrophiée. Ces ramifica- Fic. 35.— PHILLOSTACHYS NIGRA. lions secondaires se Tige avec ramifications. Naissance des ramifications

subdivisent encore à leur tour en une multitude de petites ramuscules, ténues, presque filiformes, à l'extrémité desquelles sont les feuilles.

La gaine est grèle, longue de 20 à 25 millimètres, glabre. Le limbe est relativement petit, elliptique, acuminé, long de 0",07 à 0",10, large de 10 à 12 millimètres, glabre sur les deux faces, mais portant de petites dents épineuses sur les bords ; il est plus vert en dessus qu’en dessous. La nervure médiane est peu apparente; sur chacun de ses côtés on en remarque quatre ou cinq autres plus petites, ce qui en porte le nombre à huit ou dix; le sommet a les bords quelque peu ciliés. La ligule est brunâtre, petite, comme légèrement déchirée, tronquée. Au sommet de la gaine, et de chaque côté du limbe, se trouvent des expansions membraneuses divisées en quelques lanières filiformes relativement assez longues.

Comme caractère général, les ramifications du Bambou noir ne présentent jamais à leur extrémité que quatre ou cinq feuilles, qui tombent au bout d’un an.

Les rhizomes s’enfoncent peu dans le sol, à quelques centimètres seulement; ils sont, comme la tige, de couleur noire et portent alternativement d’un nœud à l’autre une cannelure plus ou moins prononcée; leur grosseur moyenne est de 0",01 à 0",02. Les mérithalles sont cylindriques, courts, de 0",02 à 0",03 de diamètre. Ils sont fistuleux d’un nœud à l’autre; mais, par suite de l’épaisseur du rhizome, le canal est très-étroit. Par contre, la cloison qui forme les nœuds est très-épaisse, relativement à l’exiguité du canal. Les nœuds sont peu saillants; à chacun d’eux apparaît un verticille de racines, généralement au nombre de six, peu longues, coriaces, résistantes, et portant un nombreux chevelu capillare. À chaque nœud est un bourgeon qui peut, selon les circonstances et le caprice de la nature, produire ou une tige aérienne ou un rhizome. Avant son développement, ce bourseon est enveloppé dans une sorte d’écaille bicarénée, composée de deux membranes pelliculeuses dont l’une est adossée au rhizome et dont l’autre lui est opposée. Sur la partie dorsale de l’écaille s’aperçoivent deux nervures latérales assez

éloignées l’une de l’autre et formant presque les bords. La membrane inférieure s’est déchirée dans presque toute sa longueur, en sorte que l’écaille semble être divisée en deux lobes; la membrane supérieure est fendue dans toute sa hauteur. Cette écaille bicarénée, haute de 0”,01 environ, est noirâtre, etses nervures sont couvertes de poils grisätres. Durant sa végétation, le rhizome porte à chaque nœud une gaine écailleuse, qui recouvre chaque entre-nœud.

Le Phyllostachys nigra n'a jamais montré ses inflorescences dans nos cultures. En Algérie, tous les essais tentés pour en obtenir la floraison sont restés infructueux.

Cette espèce est assez rustique pour supporter les hivers moyens du climat de Paris, mais alors ses dimensions sont limitées et son caractère traçant très-amoindri; il préfère les régions tempérées et chaudes de l’Europe et celles de l’AIgérie, où 1l peut parfaitement quitter les plaines du littoral et s'élever dans le Sahel et dans les régions montagneuses.

C’est, parmi les espèces cultivées, celle qui offre les tiges les plus jolies et les plus justement recherchées. Noires, naturellement luisantes à partir d’un certain âge, elles s'élèvent de D à 7 mètres avec un diamètre de 0",02 à @°,04. L'industrie les recherche beaucoup, et nous avons dû en étendre largement la culture au Jardin du Hamma. On les exploite au moyen de coupes annuelles faites avec soin au-dessus du rhizome.

La multiplication du Ph. nigra est très-facile au moyen de tronçons de rhizomes.

Quelquefois plusieurs tiges naissent très-rapprochées sur le même rhizome et forment des touffes avec les rhizomes voisins; on peut, dans ce cas, les séparer et enlever des mottes assez fortes, qui constituent alors immédiatement de grosses touffes.

Phyllostachys aurea,

Bambusa aurea, Hort.

Page 1