‹ Les bambousChapitre 8 sur 44 · VITE DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

VITE DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE

La distribution géographique des Bambous est des plus intéressantes et des plus utiles à connaître pour les personnes qui ont l'intention de s'occuper de leur culture. Tout nous fait espérer que le nombre de ces personnes s’accroîtra facilement, car ces végétaux, vu les nombreux genres de produits qu'ils peuvent nous fournir, méritent certainement à plus d’un titre d’être plus connus et plus répandus parmi nous.

La géographie végétale ou botanique, c’est-à-dire la distribution naturelle des plantes sur le globe, nous fait connaître dans quelles conditions vivent ces plantes à l’état spontané. C’est une science encore assez nouvelle et qui commence à être appréciée, par suite des services qu’elle nous rend, services qui seront de plus en plus signalés à mesure que s’étendront nos connaissances. On conçoit, en effet, qu’il n’est guère possible de cultiver convenablement une plante sans savoir quels sont les éléments et les milieux qui lui conviennent, soit sous le rapport du climat, soit sous le rapport géologique.

Depuis une vingtaine d'années, la culture en Europe des végétaux exotiques a fait un immense progrès; cela vient de ce que maintenant, lorsque, de pays éloignés, on reçoit des espèces nouvelles, on s'inquiète tout d’abord des conditions dans lesquelles vivait la plante avant son introduction; on la traite alors d’après les renseignements recueillis.

Les Bambusacées, très-nombreuses en espèces, sont assez répandues dans les régions chaudes ou tempérées de notre globe, en Afrique, en Amérique, en Océanie, en Asie, L’Europe fait exception, elle ne possède pas de Bambous à l’état spontané.

Le tempérament variable de ces végétaux les a répandus un peu partout : on les rencontre en effet dans les parties les plus chaudes, vivant dans des terrains secs ou marécageux,

formant parfois des forêts immenses, des jungles, qui s’étendent à plusieurs lieues, tandis que d’autres habitent des réoions plus tempérées et plus douces, qui rappellent celles du midi de la France ou celles de nos côtes de Bretagne et de Normandie. D’autres espèces envahissent les montagnes, qu’ils couvrent de leur végétation unique, s’élevant à une altitude considérable, et arrivant, dans les monts Himalaya et autres environnants, sur le Singa-Selah, montagne de l’Islumbo, entre le Népaul oriental et Sikkim, à une hauteur de 11000 pieds au-dessus du niveau de la mer.

Jameson rapporte avoir rencontré des Bambous, le Chusquea aristata, Munro, à une hauteur de 15000 pieds, sur la chaîne occidentale des Andes, et dit qu’à 15 000 pieds il couvre complétement le sol, formant ce que les gens du pays appellent un carizal, impénétrable aux hommes et aux animaux, et continuant ainsi jusqu'aux limites des neiges perpétuelles.

Au contraire de ces stations extrêmes, M. Hooker dit que le Dendrocalamus edulis a une limite très-tranchée en élévaion, montant à 4000 pieds, où il abonde et fleurit chaque année; après lui viennent le Cephalostachyum capilatum et l’'Arundinaria Hookeriana, ce dernier arrivant jusqu’à 6000 pieds et plus, et, dans ces conditions, produisant abondamment des graines. Ce qu’il y a de particulier, c’est que ces espèces ne franchissent jamais les limites qui leur sont assignées par la nature.

On comprend, d’après toutes ces conditions variables, combien il est indispensable, pour mener à bien la culture des végétaux exotiques, de connaître non-seulement ie pays d’où vient la plante, mais aussi sa station au point de vue de son altitude, afin de ne pas faire d'école, comme on dit en horticulture, ce qui, malheureusement, a encore lieu trop souvent, faute de connaissances sur ce sujet.

Si nous avons touché cette question, c’est que nous y atlachons un très-grand intérêt, et que l’un de nous a élé à même, dans sa longue carrière horticole, d'enregistrer bien souvent des mécomptes dans la culture qu’il a entreprise de nombreux végétaux, après les avoir reçus sans renseignements suffisants

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