SUITE DU PRÉCÉDENT
La famille de la Veyre était à Glascow depuis un an, et habitait un antique hôtel seigneurial, dont ks deux ailes en saillie avançaient sur le square appelé la Croix de Saint-Dunstan, dans Leslie-Honour.
Le marquis avait passé par Londres sans vouloir s'y arrêter. Peut-être ctait-il attiré vers rÉcosse parce vieux |>;irTMin de loyauté
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qu'exhalent les traditions et Thisloire de cet héroïque pays.
Proscrit de la cause royale, peut être espërait-il rencontrer plus de souvenirs et plus de sympathies sur cette noble terre où les Stuarts proscrits trouvèrent si souvent un asile et des défenseurs.
A quoi bon d'ailleurs expliquer ce choix ? Tout royaliste n*a-t-il pas au fond du cœur une corde qui vibre à ce seul nom d'Ecosse ? L'Ecosse où combattit Monrose, TËcosse où chanta Scott, le poëte des infortunes royales!
Oh ! certes, il y a un bon vent dhonneur et de chevalerie qui, même en notre siècle souillé , fait bruire les chênes nains des highlands et caresse le noir granit des séculaires palais d'Auld-Reekie.
A l'heure où nous écrivons ces lignes, l'Ecosse se souvenait des lis qui fleuronncnt le double trescheur de son écusson.
C'est chapeau bas et la main sur le cœur qu'elle recevait le fils do France rendant à
DE LOnOMBS A GLASCOW. SOI
ses inoutagiies la visite de rhospitalité reçue. Elle faisait fête à Texil, et ses barons mettaient du velours et des fleurs aux murailles de leurs historiques châteaux.
Prêtres, nobles et peuple, tous s'inclinaient avec un respectueux amour; tous saluaient les grands souvenirs d*un passé de quinze siècles et les promesses d'un large et glorieux avenir.
Marthe de la Veyre avait maintenant vingtdeux ans.
Elle était dans tout léclat dune briiiante jeunesse, et son charmant visage, en dé{)ouillant les grâces indécises de l'enfance, avait pris les séductions d'un autre âge.
Sa douceur native ne l'avait point abandonnée, mais les jours de sang et de larmes dont s'était composée, pour elle, l'époque où d'ordinaire les jeunes filles se donnent aux frivoles plaisirs du monde, avaient mis dans sa douceur une résignation sérieuse et mélancolique. Elle savait désormais souffrir.
sot LES AVKMTUBKS D l> EXItiRt.
Pendant ces cinq années qu'elle avait passées loin d'Arthur, elle avait précifMivrmi'uf gardé son souvenir.
Sa tendresse était restée jeune, fraiclie et vive, comme au bon temps de leurs naïves causeries en la province de Rouergue. M. de la Veyre, dont les sentiments pour la famille d'Arrhans n^avaient subi aucune altération, approuvait Tamour de sa fille et n'avait rien épargné, depuis son arrivée en Angleterre, pour connaître le sort du jeune comte.
Toutes ses démarches jusi|u alors avaient été complètement inutiles.
Quant à madame la marquise de la Veyre, la mort de la reine, pour qui elle professait un dévouement sans bornes , et les terribles malheurs dont la famille royale avait été accablée, avaient dompté jusqu'à un certain point le hautain esprit de contradiction qui faisait le fond de son caractère. Elle n'était point portée plus que par le passé à épouser les opinions du marquis , mais il y avait en