DIEU DISPOSE
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La lettre était de madame la marquise de la Veyre.
Le comte pâlit aux premières lignes.
Quand il eut achevé répitre entière, il la rendit sérieusement au marquis.
Outre Arthur et les deux vicillijnU, il y avait dans le salon un quatrième pcrsunoagc.
Eustache Lointier s*était glissé à la suite de M. de la Veyre, curieux de voir et d'en-
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tendre ce qui allait se passer, li (Uimurjut immobile dans un angle de la pièce, et feignait de donner son attention entière il un livre qu*il tenait ouvert en sa main.
11 se fil un long silence.
Les deux vieillards semblaient consternés, ce qui amenait un sourire méchamment railleur à la lèvre d'Eustache Lointier.
Arthur regardait alternativement son père et le père de Marthe. Il pressentait un malheur.
La lettre de madame de la Veyre ne contenait pas un mot qui eût rapport au mariage de sa fille.
Ce n'était point une réponse.
La marquise écrivait sous l'impression récente et terrible des événements des cinq et six octobre.
Elle avait vu la reine bassement outragée jusque dans ses appartements royaux.
Elle avait entendu les hideuses clameurs de la populace, rendue ivre et folle par les
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haraiJjjiR's dtiiii-burlesques , demi -diaboliques des prédicateurs du Palais-Hoyal, — ce centre néfaste d*où tant de fois le mensonge, la trahison et Tinfamie débonlèrent en gerbe sur la France !
Elle avait tremblé, l'infortunée grande dame, en voyant de près la physionomie repoussante et inconnue de ces êtres à face presque humaine que le vieux Paris sait vomir aux jours de la colère divine; les gardes du corps étaient tombés assassinés sous ses yeux ; des hommes nobles , bons , braves , avaient été massacrés par des créatures sans nom, lâches, viles, de ces créatures auxquelles on jette un écu en leur disant de frapper, et qui frap[M.>nt...
La marquise disait tout cela dans sa lettre.
Elle disait encore, ce que tout cœur honnête se refuse à croire et qui était trop vrai pourtant, qu*il y avait derrière ces bras sanglants et sordides des mains blanches qui 1 4.
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payaient le crime; clic (iisaii (inc i • ii.iniM)ii grandissait au sein de la cour, jusque ^ur les marches du trône, et qu une bouche princière, dans ces mêmes salons où M. le régent partageait jadis ses loisirs entre ses amitiés d'outre-Manche et les hontes babyloniennes de ses orgies, avait prononcé contre le roi des paroles de mort...
Elle disait enûn que Louis XVI avait besoin de ses serviteurs , que le prinee de Condé, son flls, et une partie de la noblesse, avaient passé le Rhin, pour aviser aux moyens de repousser la révolte, et que d*autres, suivant une voie contraire, se pressaient autour du trône chancelant afin de le soutenir ou de s'ensevelir sous ses débris.
Il y avait à choisir entre ces deux routes opposées.
Le comte, au bout de quti(iu«'s nuiiiitrs qu'il avait employées à réfléchir, prit la inaiii de son fils :
— Arthur, dit-il d'une voix lente et tris-