‹ Les banditsChapitre 3 sur 31 · DISC DISPOSE · texte numérisé non relu

DISC DISPOSE

temeot accentuée, ce jour devait être pour vous un jour de bonheur. Nous avions deviné votre amour, et Marthe allait devenir votre femme...

— Est-il possible ! s*écria le jeune homme; Marthe!...

— Faites préparer deux chevaux, mon fils, poursuivit le vieux comte ; armez-vous, et gardez vos pensers d'amour pour un temps meilleur. Nous allons partir ce soir et gagner TAllemagne, où le service de Sa Majesté réclame notre épëe.

— Aujourd'hui, mon père?

— Dans quelques heures.

— Abandonner Marthe !

— Vous êtes gentilhomme, Arthur, et le roi est en danger.

— Ma vie est au roi, dit Arthur, qui baissa la tête et se dirig«» vers la porte.

Le marquis de la Vcyre le suivit jusqu au seuil d'un regard paternel.

— Cest un noble enfant! raurmura-t-il.

44 LF.S AVENTURKS tt'cil taififet.

— Que diable veut dire tout reei? ^ruiumêlait Eustachedans son coin.

— Dieu veuille, reprit le marquis vu - i rant la main de son vieux frcrc d'armes , que des jours meilleurs nous jMîrmellfnf i' ^ complir nos projets.

— Je serai très-fier de le nommer mou fils.

— Merci, mon ami, merci, murmura le comte qui refoulait éncrgic|nriui ni sim ••inotion.

— Viendrez- vous avec nous ?

— Je pars ce soir pour Paris avec Marthe... Mon avis est que lu place d'un gentilhomme est auprès du roi.

— Vous avez peut-être raison , répondit le comte ; mais, si bon praticien que soit un père, il hésite et tremble en sondant la plaie de son enfant. Le roi est un père : voudrat-il accepter nos épces autrement que dans le fourreau ?

— Lui seul peut répondre à cette question,

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mon cousin. Se retirer ressemble à fuir : je veux rester en France.

— Mon ami , dit le comte avec une certaine irritation dans la voix, vous ignorez peut-être que je vais sur ma soixantequatrième année... 11 y a bien des jours dans soixante-quatre ans, et jamais je n'ai éprouvé, fût-ce durant la dixième partie d*uoe minute , rieo qui ressemblât à de la peur...

— Se retirrr, croyoz-inoi , ne ressemble pas toujours à fuir, et quand la bataille est k la frontière, les fuyards ne sont pas ceux qui tournent le dos à Paris...

— M. mon cousin!... interrompit M. de la Veyre avec liauteur.

— M. mon ami , reprit le comte : à Dieu ne plaise que j'aie eu Tintention de vous offenser; mais il y a trois générations de Condé de l'autre côté du Rhin, et vous avez prononcé le mot fuir... J'ai dû vous rappeler h vous-même.

46 LES AVE?iTuiiEs o'c?i Êiitinâ.

Eustache se faisait petit, afin de nélre point aperçu.

Entre deux amis qui se querellent , un ciroD est de trop. Eustache sentait cela , et depuis quelques minutes il venait de combiner un plan pour l'exécution duquel il lui fallait toute la bienveillance de M. d'Arrbans.

La porte était restée ouverte ; il se coula le long du lambris , et sortit sans exciter Tattention.

La première personne qu'il reocontra dans la cour fut Arthur, qui, la mine désolée, obéissait à son père, et s'occupait des préparatifs du départ.

— Voilà de quoi faire réfléchir un philosophe! se dit Lointier en ricanant. Ce garçonlà était menacé ce matin d'une pléthore de félicités, et le voilà maintenant plus malheureux que moi.

— Ma foi, tout ce que j'ai entendu me semble annoncer du changement autant qu'on en peut désirer. Nous vivons dans un bon

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temps , cl je ne chnnp;erais pas ma position de pauvre diable pour celle d'un duc et pair... II faudra que j'aille à Paris, voir un peu... Ce vieux portrait de famille de marquis de la Veyre dit que c*e$t la place d'un gentilhomme... Peut-être aurai-je l'occasion de le voir pendre... ce serait curieux !

II composa son visage et s'avança vers le jeune d'Arrhans.

— M. Arthur, dil-il, votre chagrin me fend le cœur. Ne puis-je rien faire pour le soulager?

— Je vais quitter Marthe ! soupira le pauvre amoureux, sans la voir! sans lui dire adieu!...

— C'est déchirant, ma parole d'honneur ! Il n'y a pas bien loin d'ici à la ville. A votre place, je sauterais en selle... un temps de galop pour aller, un autre pour revenir...

~ Et mon père?

— - Puisqu'il sait tout maintenant... D'ailleurs, je l'occuperai...

Arthur hésita.

48 LES AVF^Ti iu> I»'» ■>« fmm;r»

T^a voir encorr une lois. inurtinÉiiM-Él.

échanger des serments...

— C'est absolument indispensable, dit gravement Loinlier.

— Oh! oui. Cette dernière enlreme est nécessaire... Pauvre Marthe!... je siii< l»i»'n malheureux !

Eustache porta le revers de sa flMin h ses yeux.

— Vous m'arrachez des larmes, M. Arthur, dit-il ; mais tout cela n'aura qu'un iemjpê. Après l'orage, le soleil...

— Puisses-tu être bon prophète !

— Après l'absence , le retour, c'est-à-dire le mariage, le bonheur.

Arthur serra la main de Lointier plu» cordialement qu'il ne l'avait fait jamais.

— Tu me rends la vie ! s'éeria-t-il. Oui!... je vais la voir, la consoler, enfin lui jurer. . .

— C'est cela ! jurez, consolez.

Arthur était déjà en selle.

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