‹ Les banques du peuple en AllemagneChapitre 10 sur 43 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

L'organisation intérieure des l)anques du peuple repose, comme leurs opérations, sur le principe de solidarité. « La société, disent les statuts de la banque de Delitzsch, gère ses affaires avec une pleine autonomie et avec le concours de tous ses membres. »

L'administration proprement dite est confiée à un comité directêur, nommé par elle ; mais tous les objets qui ne lui sont pas expressément attribués, soit par les statuts, soit par des résolutions ultérieures de la société , sont du ressort de l'assemblée générale des sociétaires.

C'est elle qui forme le pouvoir constituant et législatif. Elle est appelée à poser les bases de l'association, à définir le but et l'étendue des

opérations et à régler les, rapports des membres entre eux et vis-à-vis des tiers. Elle se réserve également le droit de contrôle et de stricte surveillance de la gestion.

Les décisions portent sur les points principaux suivants : la création et la modification* des statuts, la dissolution, la liquidation ou la prolongation de la société, l'examen du compte des opérations, le choix des employés, le jugement des différends qui^urgissent entre les sociétaires et l'administration, enfin la répartition des bénéfices et la décharge des comptables.

L'étendue des attributions des assemblées générales varie selon l'importance des banques. Plus une association est nombreuse, plus ses opérations ressemblent à celles des maisons de banque, et plus on constate une tendance à diminuer l'action des assemblées au profit des comités. On se rapproche alors de l'organisation intérieure des sociétés par actions, où le soin de décider la plupart des questions est abandonné à un comité directeur, placé sous le simple contrôle d'un conseil de surveillance.

Accorder à de grandes assemblées délibérantes une action très-directe dans l'administration n'est pas, j'en conviens, sans inconvénients. Il ne

faudrait pourtant pas que la crainte du danger auquel on s'exposerait fût telle qu'on lui sacrifiât un des avantages des associations de crédit populaire, celui d'initier les associés au mécanisme des banques et de faire l'éducation financière et économique de la classe ouvrière.

Les assemblées générales sont de véritables écoles mutuelles des connaissances nécessaires à la direction d'une banque. Il se forme dans leur sein un noyau d'hommes capables de remplacer un jour les administrateurs en fonction. Si l'association n'avait de tels hommes sous la main, son sort serait à la merci d'un comité directeur qui, en se retirant, arrêterait le cours des opérations.

D'ailleurs, rien ne fortifie davantage la confiance des membres que de fréquentes réunions générales ; rien n'agit plus favorablement sur le public qu'un contrôle incessant des affaires : la publicité est une grande sécurité offerte au crédit.

Il importe donc qu'un nombre déterminé de membres puisse réclamer, en tout temps, la convocation immédiate d'une assemblée générale.

On lit dans les statuts de la banque de Delitzsch :

« En cas d'urgence, les assemblées générales peuvent être convoquées extraordinairement;

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