CHAPITRE II
Le principe de solidarité sur lequel reposent les associations allemandes est tellement sain, tellement fécond, qu'il s'applique aussi bien à toutes les exigences qu à toutes les branches de l'industrie. Il permet d'acheter en gros, c'est-àdire à bon marché, de fabriquer à l'aide de machines, d'établir la division du travail sur une vaste échelle, d'acquérir des métiers et des modèles d'un prix élevé, de fonder des dépôts, de se monter, en un mot, à l'instar des grands industriels; mais, avant tout, il a le mérite de mettre à la portée du travailleur le crédit, le plus puissant instrument de réforme sociale.
Le crédit populaire! C'est là le vrai point de départ d'une sérieuse régénération économique,
d'une distribution plus équitable des fruits du travail national.
L'association solidaire, qui n'est en vérité que de la fraternité en action, est appelée à réparer les maux de la liberté de l'industrie, à corriger les vices de la concurrence illimitée. Elle sauve le petit industriel d'une ruine imminente; elle invite le travailleur à jouir des bienfaits de la liberté économique.
Pénétrons dans les détails de son organisation ; indiquons la manière dont les banques du peuple s'établissent et fonctionnent en Allemagne. Je ne connais pas de sujet d'étude qui présente un plus vif intérêt d'actualité; peut-être serons-nous assez heureux pour éveiller chez nos compatriotes de la classe laborieuse le désir de suivre le mémorable exemple donné par leurs frères d'outre-Rhin.
Dans nos sociétés modernes, au début de chaque entreprise, la première personne avec qui il faille compter, c'est l'État. On est réduit à se demander : ai-je besoin de solliciter son autorisation préalable?
Les promoteurs de l'institution du crédit po- > pulaire durent se poser cette , question, et ils se prononcèrent pour la négative. Ce ne fut pas