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Nous arrivons à la plus puissante maison de banque
lorraine créée en 188r au capital de 16 millions
par un
groupe d'hommes d’affaires dont les noms étaient attachés
aux plus grandes maisons des diverses industries régiona-
les. Le président était un inspecteur général des finances ;
le vice-président, le directeur du Comptoir des sels de l'Est
à Nancy, les administrateurs : le gérant des salines de
Saint-Nicolas ; M.
Keller, faïencier, de Meixmoron, de
Dombasle, fabricant de machines agricoles ; M. Michaut,
directeur des cristalleries de Baccarat ; M. Norberg, de l’imprimerie Berger-Levrault; M. Vieillard, maître de forges, auxquels s'adjoignaient des financiers: un autre inspecteur des finances, le baron de Ravinel; M. Blavoyer, administrateur de la Caisse des Dépôts et Comptes courants à Paris, et M.Darrieu, le président de la Société Générale de crédit industriel et commercial dont la Société Nancéienne devenait naturellement sinon la filiale, du moins le correspondant. Le directeur était l’ancien directeur de la Banque de France à Nancy.
La Société Nancéienne re devait pas rester une banque locale. Les puissants appuis qu’elle trouva dans saclientèle, grace à la composition de son conseil, lui assurèrent le développement régulier de son chiffre d’affaires, Après avoir absorbé en 1884 la maison Bourgeon et Cie,elle a créé ses premières succursales en reprenant la banque Lenglet de Nancy et ses deux succursales de Lunéville et Pont-à- Mousson en 1894. Gette vieille affaire fondée en 1842 par M. Husson, sous la raison sociale Husson et Cie, avait été reprise en 1856 et continuée par son gendre M. Lenglet, auquel succéda son fils jusqu’en 1894. Avec un capital de deux millions fourni par la famille, elle fut sous la forme de commandite par actions jusqu'en 1890, puis devintune affaire privée. Dans les quatre dernières années elle faisait 300 et {oo millions d’affaires. En 1902,pour compléter son rayon d'action dans les Vosges, la Nancéienne reprenait la maison Lung, fondée en 1864 par M.Lung et son beau-frère,
M. Tarraut, qui apportaient chacun 50.000 francs. Le ca-
pital fut progressivement porté à 300.000 fr. Le chiffre d’affaires initial de 5.000.000 atteignait 10.000.000 en 1870
Il doubla après la guerre et était de 35.000.000 en 1881, époque à laquelle M. Tarraut se retira. Alors pour remplacer la société en nom collectif, en septembre 1881 fut formée une société en commandite simple pour dix ans ‘au capital de un million (dont un quart versé) avec la raison sociale G. Lung et Gie. Le chiffre d’affaires atteignit 50.000.000. En 1897, la société fut renouvelée pour dix ans. En 1901 la concurrence des établissements de crédit avait ramené son chiffre d’affaires à 44.000.000, auxquels il faut ajouter les 20.000.000 de la succursale de Rambervillers créée en 1873. Puis en 1905, la maison Greff de Pont-à- Mousson, et Fordoxel de Longuyon fusionnaient avec la Nancéienne. La banque Fordoxel avait été créée en 1869, sous le nom de Comptoir d'Escompte, par M. Fordoxel,
auquel succéda en 1876 sa veuve, puis le second mari de
celle-ci jusqu'en 1890, époque à laquelle Maurice Fordoxel prenait la direction. Le chiffre d’affaires était d’environ 12.000.000 alors, et atteignait 31.000.000 en 1905 pour le dernier exercice (21.000.000 d'affaires de banque et 11.000.000 d’affaires de bourse). Mais, non contente de reprendre des maisons existantes, la Nancéienne créait des agences à Raon-l'Etape et Plombières en 1902, à Longwy en 1903. Dans cette dernière ville l'apparition de cette nouvelle concurrente hâta peut-être la retraite d'un homme dant le nom avait été si intimement lié au développement
économique lorrain et dont l'honorable maison avait joué
un rôle si fécond. En effet, en 1907, la banque de Meurtheet-Moselle,H.Thomaset Cie,était reprise par la Nancéienne, Cette maison, fondée en 1863, au capital de 400.000 francs eut des débuts modestes et prudents jusque 1870. Après la guerre, M. E. Thomas, frappé de la situation que créait à l’industrie métallurgique la nouvelle frontière, transforma la commandite simple en commandite par actions au capital de 2.000.000. La banque étudia les projets nombreux qui surgirent, s'y intéressa souvent pour inspirer confiance et surtout pour faire des avances de capitaux aux industries prospères maintenant et dont les débuts furent souvent difficiles. Le succès fut presque général, grâce à d’heureux concours de circonstances et à la valeur du directeur. Pour suivre le développement industriel, la maison avait dû porter son capital à 6.000.000, et en 1898 à 8.000.000. À cette date la raison sociale devint E. et H. Thomas et Cie. Puis en 1903 la Société Générale et la Société Nancéienne arrivèrent à Longwy. M. E. Thomas s'était retiré après 44 années de labeur. Son fils, H. Thomas, préféra à la concurrence, l'accord avec la Nancéienne qui avait le même programme, les mêmes conceptions, et, en 1907, il céda sa banque. En 1909, la banque Xilliez de Blàmont fut rachetée. Enfin en 1910, la Nancéienne put réaliser le projet qu’elle avait depuis longtemps de s'installer dans les Ardennes où elle reprit la jeune mais active maison H. Herbulot et Cie de Charleville, avec ses succursales de Vouziers, Attigny et Rethel, et ses bureaux de Vri-
gne-aux-Bois et Hautes-Rivières. Fondée en avril 1892 au
capital de 500.000 francs, porté en 1898 à 800.000 francs, son chiffre d’affaires avait progressé de 73.000.000 la première année à 128.000.000 pour le dernier exercice clos le 30 juin 1909.
L'effet de cette concentration se remarque nettement dans l'examen du chiffre d’affaires de la Nancéienne dont
on peut voir l'augmentation parallèle à celle du capital
social.
Années Evénements Chiffre d’affaires Capital 1881. Fondation 263.000.000 16.000.000 1882. 344,000 .000 16.000.000 1883. 393,000 .000 16.000.000 1884. Reprise de la banque
Bourgeon 465 ,000,.000 16.000.000 1885. 436.000 .000 16.000.000 1886. 437,000 .000 16.000.000 1887. 441.000.000 16.000.000 1888. 469,000 .000 16.000.000 1889. 500.000.000 16.000.000 1890. 543,000 .000 16.000.000 1891. 594,000.000 16.000.000 1892. 562.000 .000 16.000.000 1893. : 559.000.000 16.000.000 1894. Reprise de la banque
Lenglet 935.000.000 16.000.000 1895. 926.000.000 16.000.000 1896. 940 000.000 16.000.000 1897. 967.000 .000 16.000.000 1898. 977,000 .000 16.000.000 1899. Capital porté à
1902. Reprise de la maison Lung et fondations d'agences 1.109.000 .000 20.000.000 1903, 4.240.000.000 20.000.000
LES ORGANISMES BANCAIRES pen
1904. 1.312.000 .000 30.000.000 1905. 1.504.000.000 30.000.000 1906. 1.762.000.000 30.000.000 1907, Reprise de la banque
Thomas 2.159.000.000 45.000.000 1908. 2.737.000.000 50.000.000 1909. Reprise de la banque
Xilliez 2.905.000 ,000 50.000.000 1910. Reprise de la banque
Herbulot » 60.000.000
Banque de Nancy.
Elle est la plus jeune des banques de Nancy. Elle n’a que sept années d'existence. Elle a été fondée en 1903 par M.Brüllard au capital de 100.000 francs sous la forme d’une Société anonyme. C'était alors une simple agence de bourse; mais en 1905 elle fusionna avec la banque Brûllard, banque particulière d’escompte, dirigée par le père du fondateur de la banque de Nancy. Le capital fut porté à 1.000.000 et élevé par étapes successives jusqu'à son chif-
fre actuel de 5.000.000.
Années Capital Chiffre d’affaires fr. fr.
1000 Lo e 1.000.000 39.909 000 OO ETES 1.000.000 52.560.000 OO Pa ut 2.000.000 69.054.000 LODONR Er 2.000.000 86.939.000
OO Us 3.000.000 119.981.000
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