IV. — Les ouvertures de crédit
En rapprochant les conditions offertes à un client par une maison de Nancy des déclarations faites à M. Huret par le directeur de la banque de Barmen {2}, nous avons été frappé de l'identité des taux de commission et d’inté-
rêt au-dessus du taux officiel d'escompte. Mais si l’aide est
(1) Voir Circulaire Renauld du 17 février 1907.
(2) « Nous prêtons à 1 0/0 au-dessus du taux officiel de la Reichsbank. Nous exigeons de plus 1/4 0/0 de commission sur le mouvement général des transactions financières de l'emprunteur dont nous sommes généralement chargés... Donc moyennant 1 4/# 0/0 audessus du taux officiel de l'argent, un usinier sérieux peut obtenir de nous les capitaux nécessaires à ses affaires, » — Cf. Huret, En Allemagne, le Rhin el la Wesphalie, p. 209.
donnée à profusion de l’un et de l’autre côté de la frontière, les banques lorraines ont su éviter la méthode de leurs confrères allemands. Si elles consentent des avances à longue échéance et n'hésitent pas à s'engager à fond lorsqu'un client sérieux se trouve dans un embarras temporaire, leurs participations financières ne dégénèrent jamais en commandite, comme en Allemagne (1). Elles ont paré ce danger, en faisant des ouvertures de crédit sous la forme d'effets renouvelables. Ce procédé permet tout à la fois de donner aux avances à long terme toute la durée qui leur convient, et la continuité qu'elles réclament, mais encore il laisse à la banque la possibilité de disposer de ses immobilisations en réescomptant ce papier en cas de besoin. D'ailleurs la conception française de l’industrie qui procède par étapes et se développe avec ses propres bénéfices, au lieu de créer du premier jet des entreprises énormes, n'entraîne pas la banque locale à fournir aux usines leurs capitaux fixes, mais seulement
leur fonds de roulement.