‹ Les Banques LorrainesChapitre 25 sur 35 · PINS · texte numérisé non relu

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nales. Sa publicité a en partie suppléé à son manque de guichets. Elle a eu sa répercussion immédiate sur le chiffre d'affaires (1). D'ailleurs les bons rapports que la banque Renauld a toujours maintenus avec ses correspondants lui assuraient leur concours et le succès de ses souscriptions. Aussi a-t-elle pu ainsi acquérir le premier rang

dans le placement des valeurs régionales. En 10 ans, elle

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a participé à une soixantaine d'émissions locales (2), tan-

(4) Voir Annuaire Renauld, 1910, p. 11 ; chiffre d’affaires de 1897 : 212 millions ; 14898 : 259 millions, donc une augmentation de #7 0/0, alors que l'augmentation moyenne annuelle depuis 21 ans est de 34-0/0 et était de 9 0/0 avant 1897.

(2) Vezin-Aulnoye, Société Lorraine de Carbonisation, Sanatorium de Lay-St-Cristophle, Compagnie Générale Electrique, Aciéries de Micheville, Cotonnière Française, Manufacture de Jouets de Lunéville, Gemmelaincourt-Gironcourt, Tonnellerie Mécanique Fruhinsholz, Chemin de fer de Lunéville-Einville, Hauts-Fourneaux de Maxéville, Tramways d'Epinal, Marine Homécourt, Sociétés Lorraines de Charbonnages Réunies, Société Cotonnière Lorraine de Val et Châtillon, Etablissements Prudhon et Cie, Majorelle, Manufacture de Saint-Julien, Filatures de la Vologne, Marcel Vilgrain et Cie, Mines de Jarny, Filatures de l'Est, Tissage de Roville, Brasseries de Saint-Nicolas, Mines de Murville, Etablissements Coanet. Mines d’Ammermont-Dommary, de Joudreville, de la Mourière, de Valleroy, Mécanique Moderne, Chemins de fer de la vallée de Celles, Boulonneries de Bogny-Braux, Forges de Brousseval,Filature de Schlestadt, Automobiles Peugeot, Etablissements Kullmann, Société Vosgienne des Trains Renard, Grand Hôtel et Restaurant Stanislas, Aciéries du Nord et de l'Est, Eaux de Contrexéville, Moulins Hardy Lebègue, Errouville, Société Universelle des explosifs, Société Cotonnière de Mirecourt, Senelle-Maubeuge,Habitations à bon marché de Nancy, Nancy Thermal, Brasseries de la Ville de Paris,

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dis que la Nancéienne n'arrivait qu'à une cinquantaine. Chaque année, elle prend à elle seule 3 ou 4 emprunts (1). Mais dans ces opérations, rares sont les créations d’affaires nouvelles, une douzaine au plus (2). Elle a surtout facilité des transformations d'entreprises privées en sociétés par actions (3), des augmentations de capital ou des emprunts d’affaires anciennes. C’est là un principe de succès mis en lumière dans la circulaire.

« La cause première de bien des échecs financiers est que les banques avaient dû créer des affaires qui doivent stimuler l'initiative des banques. » L'art du banquier consiste plutôt à éliminer les affaires à ne pas faire, qu'à créer

des entreprises nouvelles (4).

Filatures de Cheniménil, Jeux et Jouets Français. Usines de l'Arve, Est-Electrique, Anderny-Chevillon.

(1) 1905.Majorelle, Saint-Julien, Compagnie Générale Electrique. — 1906. Filatures de la Vologne, Marcel Vilgrain et Cie. — 1907. Filatures de l'Est, Tissage de Roville, Brasseries de Saint-Nicolas, Etablissements Coanel. — 1908. Mécanique Moderne, Contrexéville. — 1909. Compagnie Générale d'Electricité, Tissage des Enclos, Société Cotonnière de Mirecourt, Contrexéville, —- 1910 Filatures de Chéniménil, Bogny-Braux,Banque Renauld, Usines de l’Arve, Brasserie de la Ville de Paris, Jeux et Jouets Français (jusqu'en septembre).

(2) Cotonnière de Mirecourt, Filature de Schlestadt, Filature de Chéniménil, Société Lorraine de Carbonisation, Manufacture de Jouets à Lunéville, Chemins de fer de la Vallée de Celles, Chemins de fer de Lunéville-Einville, Sociélés Lorraines de Charbonnages Réunies, Société Cotonnière Lorraine, Mécanique Moderne,Gemmelaincourt-Gironcourt, Habitations à Bon Marché de Nancy, Nancy- Thermal.

(3) Tissage des Enclos, Filature de la Vologne, Filature de l'Est, Etablissements Kullmann, Majorelle, Tissage de Roville, Brasserie de Saint-Nicolas, Etablissements Coanet, Tonnelleries Fruhinsholz,

(4) Voir Circulaire Renauld, 13 novembre 1909.

Fidèle à ce principe, la banque Renauld suit une affaire privée, la transforme en société au moment voulu. Elle veille alors à ce que le capital initial ne soit pas trop élevé, prend une place d'administrateur pour participer à la direction de l’entreprise et lui fournit ensuite son fonds de roulement par la création de tranches successives d'obligations.

Dans une région où l’industrie remonte à une trentaine d'années, une cause naturelle, la disparition des fondateurs, entraîne actuellement la substitution fréquente des commandites aux maisons particulières. De plus, d’autres causes économiques ou fiscales, la nécessité de la concen-: tration de l’industrie moyenne, la crainte du vote d'impôts personnels, renforcent ce mouvement et lui donnent une amplitude plus grande. Sans doute les apports constituent la majeure partie du capital initial ; cependant la banque Renauld émet plus d'actions que la Société Nancéienne. Les grosses entreprises métallurgiques, en effet, créent surtout des obligations. Aussi dans la clientèle de la Nancéienne, le capital-obligations est à peu près la moitié du capital-actions, tandis qu’à la banque Renauld il n’est que le tiers (1).

(4) 76.000.000 d'obligations, 170.000.000 d'actions à la Nancéienne (déduction faite des charbonnages qui forment un groupe encore trop récent pour pouvoir être compté ici. Dans la plupart, en effet, les travaux sont à peine commencés, pour d'autres la concession seule est obtenue ; aussi ces sociétés n'ont pas encore créé d’obli-

gations). À la banque Renauld, 35.000.000 francs d'obligations et 112.000.000 francs d'actions.

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Comme membre actif du syndicat des banques de province, la banque Renauld place avec ses confrères des valeurs industrielles françaises (1), étrangères (2), eten outre quelques fonds d'Etat (3). De plus, l'initiative de son gérant l'a fait participer à la création de certaines industries nouvelles auxquelles il s’est intéressé (4), principalement les forces hydro-électriques.

La part que M. Renauld a prise au mouvement économique de la région est d’ailleurs considérable. C'est sa personnalité qui domine dans l'Est. Il fait partie de

23 conseils d'administration (5), occupe 17 sièges d'’admi-

(1) Société Pyrénéenne d'Energie Electrique. Energie Electrique du Nord de la France.

(2) Obligations Damas-Hamah, Caisse Hypothécaire d'Egypte, Crédit Foncier Egyptien, Aciéries du Chili, Banque Agricole et Hypothécaire du Mexique, Chemins de fer de Volga-Bougoulma et de Riazan-Ouralsk, Caisse Hypothécaire Canadienne, Crédit Foncier Mexicain.

(3) Emprunt russe des Chemins de Fer, Bons du Trésor Russe, Emprunt Russe 1906, Etat de Berne, Etat de Minas-Géraès, Emprunt de Kioto, Emprunt Danois, 1909, Emprunt du Congo Français.

(4) Société Cotonnière Russo-Française, Compagnie Centrale de Chemins de Fer et Tramways, Filature de Laval, Chemin de fer des Alpes Bernoisés, Produits Electro-Chimiques des Pyrénées, Ardennes Electriques.

(5) Administrateur des Brasseries, Hôtels et Restaurants Réunis, de la Brasserie de Gerbeviller, de la Brasserie de Charmes, des Etablissements Prudhon et Cie, des Chemins du Fer des Alpes Bernoises, de la Société d'Exploitation des Tramways de Longwy, de Ernest Boigeol et Cie, de la Filature de la Vologne, des Sociétés Lorraines de Charbonnages Réunies, des Forges et Aciéries de Commercy, des Produits Electro-Chimiques des Pyrénées, de la Papeterie de Clairefontaine, des Salines de Bosserville, de Majorelle, des Filatures de l'Est, de la filature de Laval, des Aciéries du Chili. — Commissaire du Grand Hôtel du Lac, de la Blanchisserie de Thaon,

119 TROISIÈME PARTIE. —— SECTION I. — CHAPITRE Il

nistrateur, 5 de commissaire, 1 de président. Il est donc «l’homme d’affaires » lorrain par excellence. Aussi la forme de sa banque, la commandite, en lui laissant plus d'indépendance dans la direction, était un des gros facteurs de son succès, Mais sa maison devenait ainsi la « banque d'un homme ». Ce second caractère qui fait sa force pourrait un jour devenir pour elle une cause de faiblesse.

Peut-être moins technicien que certains de ses concurrents, M, Renauld a la connaissance profonde de son métier. Sa longue expérience du milieu, sa vive intelligence, son esprit très réaliste lui ont vite permis de découvrir l'orientation de la banque locale réveillée de son sommeil. C'est lui qui le premier « compris que pour subsister et prospérer elle devait devenir banque d’affaires. C’est lui qui, au moment voulu, a mis au point (1) l’innovation de la banque lorraine : ses procédés de publicité. IL a été Le créateur du marché financier de Nancy. Il n’a guère connu de déboires. Les entreprises qu'il a soutenues ont réussi en général. Il n'avait pas besoin ,pour les étudier, des Mines de Valleroy, des Boulonneries de Bogny-Braux, de Micheville, Président de la Société Lorraine des Minerais de fer.

(4) I n'a pas été leur précurseur. C'est la Banque d’Alsace-Lorraine qui, en 1892, avait créé la première circulation financière, mais cette tentative était prématurée. Elle abandonna cette publication qu'elle reprit plus tard, en 1899, un an après l’apparition du Bullelin de la banque Renauld. C'est la Nancéienne qui la première avait eu l'idée de rédiger un annuaire des valeurs régionales il y a quelques années. Mais elle en ajourna la rédaction, et l'Annuaire Renauld

parut en 1910, quelques mois avant le ÆRecueil des valeurs régionales publié par la Nancéienne.

BANQUE RENAULD 119 d’un service exercé d’études financières composé d'ingénieurs spécialistes vis-à-vis desquels d'ailleurs il manifeste une certaine défiance (1). Au lieu de savants rapports faits à distance, il avait l’avis des membres de son conseil de surveillance, industriels de la région, qui, chacun dans leur sphère, pouvaient lui donner sur place des renseignements exacts sur le milieu, les affaires, les personnes. Cette collaboration jointe, à sa grande activité, à sa largeur de vues, à sa direction habile et forte, a permis à sa banque de se développer d’une manière inouïe: son capital est passé de r à 20 millions.

Sa confiance en lui et en l'avenir n’ont cependant pas toujours dicté à M. Renauld une ligne de conduite de la plus entière prudence. Il a souvent distribué une partie de ses réserves au moment même de l'élévation du capital

social (2). Sans doute les réserves d’une commandite sont

(1) Voir Bulletin de la Chambre de commerce de Nancy, septembreoctobre 1909, p. 571. « Gardons-nous en général, dit-il, de la prépondérance de l'ingénieur dans les affaires.

(2) Répartition des réserves par action :

Répartition des réserves Années Capital par action SOS Cr ee 2.000.000 »

LOIR RE Te ee 4.000.000 50,00 1OODE PES Fe SIT &4,000,.000 35.00 AIO LR EP PE 4.001.000 de 1902. 4,000.000 30.12 4903 = 4.000.000 »

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