LE CONCORDAT
Le 26 messidor an IX (15 juillet 1801), les diplomates romains et français ^ se félicitent de toucher au terme désiré, et presque inespéré, de leurs fatigues et de leurs angoisses, par la signature de la mémorable convention qui réglera désormais les rapports de l'Eglise et de l'Etat. Ratifiée le 15 août par Pie "VII, et le 8 septembre par le général Bonaparte, elle ne serasolennellement publiée que l'année suivante, lorsqu'on aura résolu la grave question de la démission des évêques, et que, à l'insu du Pape, les légistes de Paris auront forgé de nouvelles chaînes à l'Eglise de France.
Pour connaître le personnel ecclésiastique, le Premier Consul ordonne une vaste enquête. En conséquence, dès le 21 juillet, le ministre de l'Intérieur, Ghaptal, demande aux préfets un rapport confidentiel sur la situation des prêtres de leur département « qui méritent la confiance du gouvernement et jouissent de l'estime publique ».
Richard envoie une liste de 181 prêtres qui tous exercent, sauf 71. «Partout, les prêtres émigrés et déportés se trouvent en opposition avec les prêtres constitutionnels. Il y a des troubles et discussions domestiques, souvent des voies de fait.»- Son rapport est en partie inexact, pour ne pas dire mensonger. Pourquoi n'avouer que 181 noms pour toute la Haute-Garonne dont le territoire s'étend jusqu'au delà de Castelsarrasin? Ne sait-il pas, d'après les dossiers transmis à la préfecture''', qu'à la date de sa réponse, 233 * prêtres ont souscrit la promesse de fidé-
* Les représentants de Pie VII étaient : le cardinal Consalvi, Mgr Spina, archevêque de Corinthe, et le P. Caselli, théologien ; Joseph Bonaparte, frère du Premier Consul, le conseiller d'Etat Cretet, et l'abbé Bernier, curé de Saint-Laud d'Angers, représentaient la France. Cette convention, appelée Concordat, comprenait dix-sept articles.
' Cité, d'après les archives nationales, par l'abbé Sicard : L'aucun Clergé de France, t. III, p. 535 3 Arch. départ. Série V, liasse 5.
* Arch. rnunicip., leg. Serment de l'an VIJJ, du II messidor an Vlll jiisquà la fin de l'an IX; nous n'avons pas compté, dans le total de '2;}.'{, (luelques maliieureux prêtres qui avaient apostasie pendant la Terreur et n'exerçaient plus. — 11 existe un état nominatif de 40 prêtres qui avaient refusé la promesse de fidélité, dans le déparlement. (Arch. départ. Bérie V, liasse 5.)
lité devant la commune de Toulouse, et cessé légalement d'être suspects aux autorités? Et n'a-t-on pas quelques raisons d'évaluer à un chiffre au moins égal le nombre des ecclésiastiques soumissionnaires qui exercent dans le département? Il en coûte au vieux jacobin de constater l'indéniable victoire de la religion. Car, le catholicisme poursuit dans le silence sa marche conquérante.
Les registres ne portent aucune trace des négociations que nécessite la préparation du nouveau régime ; ils attestent, au contraire, jusqu'au mois de mai 1802, la persistance d-e l'ancienne organisation du culte. L'abbé du Bourg reste l'administrateur indéfectible, dont l'espoir en la publication prochaine du Concordat décuple la vigueur. Il visite les paroisses rurales des environs; il signe d'innombrables dispenses, suppléé rarement par l'abbé Carrière. C'est à eux deux surtout i que Mgr de Fontanges adresse de Palma, à la date du 20 décembre 1801, une admirable et longue réponse à de récentes condoléances :
« Je reçois, messieurs, avec autant de sensibilité que de reconnaissance, la lettre dans laquelle vous nie dites que le nombreux et fidèle clergé du diocèse de Toulouse veut bien honorer ma démission de son affliction et de ses regrets...
Si c'eût été le pouvoir civil seul qui m'eût demandé ma démission, j'y aurais résisté... Mais quand c'est le Pape qui m'invite à la lui donner, je dois déférer à son invitation, parce qu'il est mon supérieur et le juge suprême de toutce qui concerne le bien général de la Religion...^
Cette filiale, quoique douloureuse, obéissance au Souverain Pontife, en des conjonctures d'une exceptionnelle gravité, n'a pas que d'humbles imitateurs dans l'épiscopat; trop imbus d'idées gallicanes, certains prélats opposent un refus regrettable à la demande de se démettre. 3
En attendant la nomination des titulaires aux nouvelles circonscriptions diocésaines, les vicaires généraux conservent leurs pouvoirs dans les limites des anciens évèchés. * Nous retrouvons la plupart de leurs noms, pour la région méridionale, dans les registres de Saint-Etienne s, qui mentionnent aussi les principaux curés du diocèse : MM. Louis Dirat, archiprêtre de Grenade, Purpan, archiprètre de Caraman, Raymond Sicart, archiprêtre de Montastruc, Dubois, desservant de Muret et Moutet, de Fronton o.
* Les noms de MM. Monjousieu et Saltel ne sont plus cités sur les registres; ils ne figureront pas davantage sur les listes officielles des noininitions de Mgr Primat. Faat-il en conclure qu'ils étaient morts ?
^ Abbé Salvan : De V Eglise de Toulouse pendant la Révolution, p. 112-117 (brochure de 118 pages, reproduite presque entièrement dans le quatrième volume de son Histoire de l'Eglise de Toulouse, où cependant cette lettre n'est pas citée).
3 L'archevêque de Narbonne, les évéques de Rodez, Carcassonne, Lombez, furent du nombre des 35 qui refusèrent de démissionner. Voir : Mémoire des évéques français résidant à Londres, Londres, 1802, et les Réclamations canoniques et très respectueuses adressées à N. 6'. Père Pie VII, Bruxelles, 1804.
* Conformément aux articles 2, 3 et 4 du Concordat, par ses lettres du 29 novembre 1801, Pie Vil avait établi en France 10 archevêchés et 50 cvêchés. Le cardinal légat, Caprara, de concert avec le Premier Consul, assigna de nouvelles limites aux diocèses et les publia par ses lettres du 2 avril 1802.
5 MM. Capmas, Pons et Séré étaient vicaires généraux de Montauhan; David et Lucres, de Kieux; Vitalis, de Lectoure; Charles, abbé de Mauvoisin, de Condom; Dayreux, d'^uch^
Ce dernier succède à un intrus dont les brusqueries de caractère et les intempérances de langage ont provoqué des désordres et la fermeture de l'église. Pour s'être « permis en chaire des discours tendant à armer les citoyens les uns contre les autres, et à avilir les autorités », Antoine Pouch a été, en avril 1801, mis en surveillance à Toulouse et déféré à la justice.! Pieusement Sermet recueille cette épave et l'installe dans sa métropole. Il existe, à la cathédrale, un cahier de baptêmes et mariages schismatiques administrés, du 11 ventôse au 18 messidor an X (2 mars - 7 juillet 1802), par « Pouch, curé, vice-archiprêtre de Fronton, desservant Saint-Etienne » : les signatures de Lose et Bardinet sont très rares.
En comparant ces actes avec ceux de M. Bernadet, durant la même période de quatre mois, il nous sera facile de noter la recrudescence des sympathies populaires à l'adresse du clergé fidèle.
PAROISSE SAINT-ETIEXXE
ANNÉE
MARL^GES
H vent.-lSmes' an X
(2 mars-7 juill.)
Schismatiques
Orthodoxes
ScLismatiques
Orthodoxes
Le cloître seul sépare Saint-Etienne de Sainte-Anne ; mais en face de l'hostilité tapageuse des habitués des deux églises qui se lapident et brisent les vitraux, on a dû murer la porte de communication.- Sainte- Anne, assure le maire Picot de Lapeyrouse, esprit libéral et conciliant, a est un cloaque qui n'a ni plafond, ni plancher, presque point de jour, et des avenues extrêmement incommodes » ^ ; le total des baptêmes et des mariages ci-dessus indiqué démontre qu'on ne recule pas devant le mérite de la fréquenter.
Les registres qui les relatent notent, au 17 mai 1802, une dernière dispense accordée par M. du Bourg, et, au 25 mai, l'intervention d'un nouveau vicaire général, V8ihhé Despanés, ancien chanoine de Saint-Etienne, qui administrera le diocèse, de concert avec l'abbé Carrière, jusqu'au commencement de juillet. C'est une époque de transition entre les deux régimes ecclésiastiques.
Chièze, de Carcassonne; Delmas, de Saint-Papoul ; Lacoste-Belcasfol, do Lavaur; Boyer- Danti, d'Albi; Méjanis Voillac, de Rodez; Dailhan, de Saint-Pons; Delpech, d'Alais. (Reg. de Saint-Etienne, 1801-1802.)
M. Moutet avait béni et purifié l'église de Fronton, à son arrivée, le 24 décembre 1801, a par ordre de MM. les vicaires généraux de Mgr François du P'onlangcs, seul léfiilime archevêque de Toulouse ». Arcli. parois, de Fronton. (Voir : Histoire de h ronton a du Frontonnaix, par Adrien Escudier, p. 4i7; Piivat, 1905.) * Arch. départ. Série L, reg. 61 (3044), arrêté du préfet du 27 germinal an LK.
2 Arch. municip. : le 22 fructidor an VIII (reg. Cidles, II).
3 Arch. municip., reg. Correspondance du Maire, 8 thermidor an X; le maire au préfet.
96 r.ES BAPTÊMES A TOULOUSE PENDANT LA REVOLUTION
Le 18 germinal an X (8 avril 1802), Portails a présenté au vote du Corps législatif et du Tribunal, le Concordat de 1801, grossi de prescriptions arbitraires et choquantes, élaborées sans la participation de Rome, contre l'Eglise, a camisole de force qu'on appelle articles organiques ».* On publie la liste des évêques nommés dans les diocèses nouvellement érigés.
L'abbé du Bourg est promu à l'évêché de Limoges; juste hommage rendu à l'héroïsme, à la sainteté de ce sage et ferme administrateur, dont l'élévation à l'épiscopat réjouit Toulouse reconnaissante, mais dont le départ pour Paris, oîi il sera sacré le 7 juin dans l'église des Carmes, attriste un diocèse éminemment orthodoxe, à l'heure où le gouvernement lui inflige une humiliation imméritée.
Mgr de la Tour du Pin, de passage dans notre ville, écrit le 29 mai à M. Emery « que la consternation est générale à cause du successeur donné 2 » à Mgr de Fontanges, le doux et digne prélat qui accepte par dévouement le modeste siège d'Autun. 3
Parmi les douze évêques constitutionnels dont l'intransigeance de Bonaparte exige l'institution canonique, figure M. Primat, ex-oratorien, évêque intrus de Cambrai en 1791 et de Lyon en 1798 : doué de qualités remarquables, mais faible de caractère, il n'a jamais su et ne saura jamais résister au pouvoir civil. C'est lui qu'on a désigné pour l'archevêché de Toulouse.* Sermet trouve le châtiment de son schisme dans le dédaigneux oubli de tous; sensible à cet abandon, il ira finira Paris une vie déshonorée, si brillante et si féconde à ses débuts. ^
Dans notre ville, on se dispose à inaugurer solennellement l'ère du Concordat. Richard, qui conforme sa conduite aux évolutions religieuses des gouvernants, adresse aux maires une sage circulaire, en un langage où le jacobin ne se reconnaît plus :
«... L'autorité civile ne doit rien négliger pour entourer les ministres du culte de cette considération qui inspire la confiance et commande le respect : l'installation de ces ministres devra se faire avec toute la pompe que les localités permettront.
Vous ferez sévèrement punir tous ceux qui, par des écrits ou des actes publics, tendraient à compromettre ou à avilir le caractère des ministres du culte et de l'Evêque...» "
On s'est hâté de mettre en vente le bois des gradins et estrades de la
» Cardinal Mathieu : Le Concordat de iSOi, p. 326. — Les articles organiquei comprennent 4 litres et 77 articles.
2 Mgr Méric : op. cit., H, p. 106 : lettre de M. Emery à Mgr de Fontanges.
3 il porta le titre d'archevèque-évêque d'Aùtun, comme Mgr de La Tour du Pin, celui d'archevéque-évéque de Troyes; il succomba, on 181 'i-, à une maladie contractée en soignant des prisonniers de guerre. Voir abljé Cayre : Histoire des Evtyues et Archevêques de Toulouse, p. 471.
* Le diocèse de Toulouse comprenait alors les déparlements de la Haute-Garonne et de
l'Ariège.
^ D'après Du Mège, il fut nommé chanoine de Saint-Denis (op. cit., t. III, p. 196, ; il mourut le 24 août 1808 : Grégoire prononça son oraison funèbre.
6 Le préfet aux maires, 30 germinal an X (20 avril 1802) : arcii. municip., reg. Cultes,
nef métropolitaine et les matériaux du mur qui la sépare du chœur, afin de rétablir l'église dans son unité; et, faute d'acquéreur, le maire les a tait transporter à l'Hôtel de Ville. ' Enfin, Mgr Primat prévient le préfet de son arrivée, pour le 18 messidor,- et prie l'abbé de Barbazan de l'installer. Il emmène un compagnon que M. Cayre^ croit, à tort, être l'abbé Prépaud, qui, depuis plusieurs années, remplissait déjà, sur la foi des registres, les fonctions de secrétaire général auprès de M. du Bourg.
Le 22 messidor (dimanche 11 juillet), la solennité de l'installation, annoncée la veille par la sonnerie joyeuse de toutes les cloches*, se déploie dans la cathédrale. Les autorités civiles, militaires, judiciaires, y assistent ; on échange des discours émus ; à l'élévation, les tambours battent aux champs : on se donne le baiser de paix ; après la lecture de la loi du 18 germinal, un orchestre exécute le Te Deum : une foule immense remplit l'édifice. C'est la réconciliation qui s'opère entre l'Eglise et l'Etat, entre l'orthodoxie et le schisme, c'est l'aurore ardemment désirée d'un avenir réparateur.
A Saint-Etienne, il n'y a plus qu'un clergé : la chapelle Sainte-Anne est abandonnée. ^ Le registre des orthodoxes consigne un baptême conféré le jour même de la cérémonie, dans l'église métropolitaine par « Pouch, prêtre délégué », et un autre le lendemain, 12 juillet, par Bernadet, curé et chanoine », ^ qui, dans une lettre au maire, se plaint de l'état désolé des lieux, et révèle la bonté de son cœur :
«... Depuis trois jours, l'église de Sainte- Anne ne sert plus à l'exercice du culte, mai»? bien celle de Saint-Etienne qu'il est nécessaire de pourvoir de tout ce qui est indispensable, comme d'une chaire au milieu de la nef, d'un autel dressé tout près de la sacristie de paroisse, et, des fonts-haptismaiix au lien accoutume pour la commodité des sages-femmes et la santé des petits enfants qui pourrait être altérée par le courant des airs...y> ^
Ailleurs, les registres nous découvrent une situation d'aspect anormal, ignorée, croyons-nous, des historiens, Mgr Primat est seul et légitime archevêque. Il ne doit donc y avoir qu'une tamille de prêtres désormais unis sous son autorité : et pourtant, jusqu'en novembre, les deux clergés, précédemment hostiles, continueront d'administrer chacune des paroisses de la ville autres que Saint-Etienne et Saint-Pierre. On ne peut d'emblée reconstituer un vaste diocèse.
Sans tarder, l'archevêque prélude à la réorganisation laborieuse des
* Arch. départ. Série V^ liasse i; lettre du maire au préfet, 9 noréai (29 avril). ' Ibid. : lettre de l'archevêque au citoyen Richard, 9 messidor.
3 Histoire des évêques et archevêques de Toulouse, p. 476.
* Arch. départ. Série \\ liasse 1 ; arrêté du préfet, 17 messidor, et du maire, 19 messidor. — Ibid., lire le récit de la cérémonie.
» La chapelle Saint- Jacques-Sainte-Anne fut démolie en 1812 et reconstruite on lcS30, mais dans la direction du sud au nord.
8 Arch. de Saint-Elienne, reg. des Baptêmes, 1802, fol. 49. — Le clergé fut obligé d'adopter, dans ses registres, le nom des mois du calendrier ivpublicain.
' Arch. munie, reg. Cultes, ill : lettre de M. Uernadel au maire, le 24 messidor an \ (.13 juillet 1802J.
cadres ecclésiastiques par la nomination de ses trois vicaires généraux, MM. de Barhazan et de Camhon, qui le furent sous Mgr de Fontanges, et Hibert, le curé intrus de Saint-Sernin. ' Porlalis a écrit aux évêques qu'ils plairont au gouvernement s'ils prennent un grand-vicaire dans les rangs des prêtres constitutionnels. Le choix des chanoines titulaires et des curés de Toulouse, au nombre desquels l'élément assermenté figure dans une très minime proportion, 2 satisfait davantage les justes exigences de l'opinion publique.
Par une ordonnance spéciale, Mgr Primat incorpore la cure de la Métropole au chapitre, dans l'espoir de prévenir le retour de difficultés antérieures. Dans une autre, il fixe au dimanche, veille de la Toussaint, l'installation de M. Bernadet et du chapitre, et au lendemain, la prestation du serment de fidélité par les chanoines et les curés de la ville, en présence du préfet.
Toulouse ne comprend que quatre cures dont les titulaires sont 3 : MM. Pierre Bernadet, pour Saint-Etienne, Jean Mathieu pour Saint-Sernin, Jean Tliéron^ pour la Daurade, et Jean Campardon pour Saint-Nicolas. A cinq autres paroisses est officiellement attaché le simple titre de desservant qui est porté par MM. Roure^, à laDalbade; NayraL^^, au Taur; Bourrée'^, à Saint-Pierre; Marceille, à Saint-Jérôme (Pénitents Bleus), et Taverne^, à Saint-Michel (Récollets).
Des neuf9 curés de Toulouse, ce dernier est le seul qui ait adhéré au schisme. Le 11 novembre 1802, il a signé son dernier acte de baptême à la Daurade *•*. C'est au début de ce mois, que les registres marquent par-
* Les nominations furent approuvées par le gouvernement le 5 fructidor an X (27 août 1802) ; le registre de Saint-Etienne mentionne des dispenses accordées déjà le 3 août par M. de Cambon et le 13 août par M. de Barbazan.
* Un seul chanoine sur neuf.
3 Arch. départ. Série V, liasse 1 ; nominations des vicaires généraux, chanoines et curés.
* C'est le P. Théron, ancien doctrinaire. Emprisonné à deux reprises après fructidor et après l'insurrection royaliste, il fut chaque fois remis en liberté, par l'administration centrale, pour s'occuper « du triage des livres dans le dépôt littéraire des ci-devant Grands- Carmes I). (Arch. départ. Série h, reg. 60, Arrêtés de police, fol. 49.) Le motif de sa mise en liberté fait honneur à l'administration centrale.
5 Revenu de l'exil en juin 1802.
6 M. Navrai emmena M. Dirat comme vicaire au Taur, et M. Jean Mathieu emmena à Saint-Sernin son frère Dominique, qui devait lui succéder comme curé. Le premier emporta un registre de St-Sernin au Taur, et le second un registre du Taur à St-Sernin.
' M. Esealfre, dont l'abbé Bourrée était vicaire, revenu de la Guyane en mai 1802, se sentit trop souffrant pour conserver la cliarge de la paroisse Saint-Pierre.
8 M. Chabanettes, trop fatigué, se retira.
9 La paroi.ssc Saint-Aubin, la dixième, ne fut érigée qu'en 1843.
^0 Arch. parois, de la Daurade. — Son premier acte de baptême à Saint-Michel est du 21 novembre (Arch. parois, de Saint-Michel-Saint-Exupère). — Par ordonnance du 2 janvier 1807, Mgr Primai institua une succursale sous l'invocation de Saint-Exupère, dans l'église des Carmes-Déchaussés, en prenant une partie du territoire de Saint-Michel, avec M. Douarre, vicaire de Saint-Sernin, comme desservant. Celui-ci était encore connu sous son nom de guerre, Lafontainn. Aussi, les habitants du quartier disaient-ils, selon qu'ils entendaient la messe aux Récollets ou aux Carmos-Déchaussés : « Moi, je vais à la laverne. et moi je vais à la fontaine. » En janvier ISui), le titre paroissial des Récollels étant supprimé, M. Douarre devint l'unique cure des deux paroisses réunies sous le double vocable de Saint-Exupère-Saint-Michel. (Arch. municip., reg. Cultes, IV; arch. départ. Série V, 3.)
tout la fin de ce pénible dualisme de pouvoirs ecclésiastiques et l'avènement d'une seule et régulière autorité dans chaque paroisse.
Le Concordat est désormais en vigueur. Malgré l'abusive introduction desarticles organiques, « la religion catholique, apostolique et romaine, religion.de la grande majorité des citoyens français... sera librement exercée en France.* » La paix et la joie renaissent avec la reprise, sans entraves, des habitudes traditionnelles; car a le curé orthodoxe, en communion avec le Pape, est à peu près aussi indispensable au village que la fontaine publique ; lui aussi, il étanche une soif, la soif de l'àme... hors de lui, il n'y a point d'eau potable pour les habitants -. »
1 Article l"'' du Concord;it.
* Taine, La Révolution, t. III, p. 415.