‹ Les baptêmes à Toulouse pendant la révolutionChapitre 11 sur 13 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Au terme de cette étude, livrée par fragments durant plusieurs années, au fur et à mesure de la mise en œuvre des résultats de nos longues recherches, — modeste contribution à l'histoire de Toulouse pendant la Révolution, — nous regrettons que des loisirs trop courts ne nous aient point permis de la rendre moins imparfaite de style et de composition. Elle nous semble, toutefois, comporter des conclusions non dépourvues d'intérêt.

1°) De 1789 à 1802, les registres, recueils de documents de premier ordre, nous dévoilent des côtés obscurs de l'organisation et de la vie intérieure de l'Eglise de Toulouse, et nous initient à quelques particularités de la vie sociale.

2°) Rédigés avec soin jusqu'à la promulgation de la loi qui retira aux prêtres la tenue des actes de l'état-civil, en novembre 1792, et plus tard avec un zèle inégal, par suite de craintes intermittentes, ils attestent, dans leur ensemble, la fidélité du clergé schismatique lui-même à certains devoirs essentiels et rattachement de toute la population à ses croyances chrétiennes.

3») Les actes de provenance orthodoxe, consignés par les pasteurs légitimes au péril de leur vie ou sous peine de la prison, proclament, plus éloquemment que tout discours, leur héroïque volonté de séjourner à Toulouse pour le bien des âmes, en des temps d'eflroyable présécution.

4°) Du nombre de ces actes se tire la preuve de la réalité des préférences dont les signataires insermentés furent l'objet.

5") Sur le témoignage des registres, nous pouvons affirmer que, de la Constitution civile au Concordat, même sous le règne des terroristes, presque tous les nouveau-nés reçurent le baptême; nous pouvons conclure également que, par l'ininterruption et les progrès de la pratique du culte résistant aux attaques des jacobins et aux dangers d'un défaut de libre organisation, notre ville concourutà manifester la vitalité propre du catholicisme antérieurement "au Concordat.

6") Seuls avant 1793, et ensuite de concert avec les registres des naissances, ils nous apprennent que, si l'immoralité de l'époque révolutionnaire, démontrée par le total des enfants illégitimes, distança grandement celle du siècle précédent, la natalité, assez haute, ne subit point de trop appréciables reculs. De ces positions élevées où elle ne put longtemps se maintenir, la natalité est progressivement descendue jusqu'à nos jours. Ce fait lamentable est tangible.

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