‹ Les barbaresChapitre 29 sur 38 · A L'AMIRAL TIRPITZ · texte numérisé non relu

A L'AMIRAL TIRPITZ

Je ne suis qu'un bon patriote, En marine fort ignorant, Mon amiral, mais que la flotte Jamais ne vit indifférent.

Aussi, soit dil sans flatterie, Quand j'ai lu votre édit vainqueur Décrétant la piraterie, De joie a tressailli mon cœur.

Aller dans l'ombre à la traverse.

Sans souci de leur pavillon, Detous'les bateaux de commerce Dans les parages d'Albion ;

Sans visite, arrêt ni semonce Les torpiller en tapinois, Et, dès que leur coque s'enfonce.

Au mépris de toutes les lois

S'enfuir en laissant l'équipage Sombrer avec le bâtiment, C'est un plan où, pur d'alliage.

Brille le génie allemand.

Mais elle est immense, la tàclu*.

Et nos trop rares sous-marins, Pussent-ils frapper sans relAche, N'y sulliraicnl p;is, je le crains.

Il faudrait que, par un miracle Comme, hélas ! n'en font plus nos dieux, Nous les vissions, ô fier spectacle !

Tripler, quadrupler sous nos yeux.

Or, voici ce que je suggère, A quoi servent nos cuirassés ?

Serait-ce pour une autre guerre Qu'on les garde, au port entassés?

Leurs équipages, que rebute Ce stérile et terne loisir, Soupirent tous après la lutte :

Eh bien ! qu'on cède à leur désir ;

Qu'enfin s'él oignant du rivage Où si longtemps ils ont gémi De voir se rouiller leur courage, Au large ils narguent l'ennemi,

Et, les coulant bas à leur aise Pour se venger de cet atVront, Les canons de la flotte anglaise En sous-marins les changeront !

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