‹ Les barbaresChapitre 31 sur 38 · L'ISLAM · texte numérisé non relu

L'ISLAM

Poussés par Guillaume Attila Qui les tient dans sa rude étreinte.

Les Turcs viennent, au nom d'Allah, De proclamer la guerre sainte ;

Et déjà Guillaume, enchanté, Croit voir — ô magnifujuc rêve ! — Se ruer sur la chrétienté L'Islam, que leur appel soulève.

Mais l'Islam, au lieu de bouger, Réfléchit, raisonne, argumente :

C'est pour l'amour d'un étranger, D'un vil chrétien, qu'on le tourmente

« D'un chrétien ! répond le Sultan ; Ghilioun chrétien ! Quel outrage !

A la Mecque, en bon Musulman, N'a-t-il pas fait pèlerinage?

« Quand de giaours égorgés Nos troupes jonchaient l'Arménie, Ne nous a-t-il pas protégés Contre l'Europe réunie ?

« N'épand-il pas des flots de sang Dans cette guerre vengeresse Pour que flotte encor le Croissant Sur les Balkans et sur la Grèce ?

« X iminole-t-il pas sans pitié,

En Pologne, en France, en Belgique,

Des prt^tres du crucifié

La race impie et fanatique?

« Lui, chrétien ! Ses bouches à teu, Ne les a-t-il donc pas braquées Sur les églises du faux Dieu Qu'il va transformer en mosquées?

« Et tel le chef, tels ses soudards : Livrant les villes d'art aux flammes.

Massacrant enfants et vieillards, Outrageant, cyniques, les femmes,

« Ils dépassent les Mamelouks Dans leurs plus sanglantes colères, Et Kurdes et IJachi-liouzoucks En eux reconnaissent des irères. »

Très forts, certes, les arguments Que ces pauvres Turcs élaborent, Et, de leur mieux, les Allemands Par leurs hauts faits les corroborent;

Mais leurs cousins mahométans

A leurs appels restent rebelles,

— Et nos vaisseaux, dans l'entre-temps,

Canonnadent les Dardanelles .

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