JUSTICE
Princes nés à l'ombre Ju trône.
Grands seigneurs, gloire de la cour, Généraux que la foule pn^ne, Preux chevaliers de la « Kullur »,
Brûleurs de villes sans défense Et cambrioleurs de chùteaux, Bourreaux chamarrés de l'enfance, Nobles borabardeurs d'hôpitaux,
Bientôt l'impartiale Histoire Les clouera tous au pilori ; Mais d'abord c'est dans un prétoire Que leur nom doit être flétri.
Si dans les hasards de la lutte Ils ne tombent pas sous nos coups, Si le ciel, différant leur chute, Les réserve, vivants, pour nous,
Il faut qu'accusés dans les lormes, Condamnés juridiquement, Ils j)ayent leurs crimes énormes D'un long châtiment infamant.
Pour eux, point de conseils de guerre; Leurs forfaits sont de di'oit commun :
Juges du malfaiteur vulgaire, A vous seuls appartient le Hun.
Eh quoi I ces bandits d'Allemagne Mourraient dune balle, en soldats I Qu'ils aillent languir dans un bagne Sous la casaque des forçats,
Et que, suant l'ignominie, Sentant lunivers les honnir, Ils soient, dans leur lente agonie.
Bourrelés par le souvenir !