‹ Les Barmécides d'après les historiens arabes et persansChapitre 10 sur 16 · MONNAIES FRAPPÉES AUX NOMS DES BARMÉCIDES · texte numérisé non relu

MONNAIES FRAPPÉES AUX NOMS DES BARMÉCIDES

Monnaie d'argent au nom de Yahyâ frappée à Mohammediya en lyS (789-790), et conservée au British Muséum (Stanley Lane Poole, Catalogue, I, pi. V, n° 193).

Monnaie d'or inédite au nom de Dja'far, frappée en 184(800-801), etconsenée au Bristish Muséum (Stanley Lane Poole. Catalogue, I, 66, n° i52).

3 et 4

Monnaies d'argent au nom de Dja'far, trouvées récemment à Bagdad et faisant partie de la collection de M. le colonel AUotte de la Fuye: 3, Bagdad» 177 (793-794); — 4, Mohammediya, 181 (797-798). Des exemplaires de ces monnaies, conservées au Bristish Muséum, ont été décrits par M. Stanley Lane Poole dans son Catalogue ^ous les numéros 212 (monnaie 3)' et 197 (monnaie 4).

de ses vizirs. Leurs ennemis, qui les épiaient, dénigraient tous leurs actes (i).

Hâroûn avait fait jeter en prison l'alide Yahyâ ibn 'Abd Allah et ordonné à Dja'far, qui en avait la garde, de le faire mettre à mort. « Un homme tel que toi me fera mourir au mépris de tous les serments! » dit le prisonnier à Dja'far. Celui-ci, touché, lui offrit la liberté. «A quoi bon, puisque je serais repris. » Dja'far fît alors conduire Yahyâ ibn *Abd Allah en lieu sûr. Fadl ibn Rabî\ ayant appris ces faits, en informa le khalife, qui demanda à Dja'far des nouvelles de son prisonnnier. Dja'far dut avouer ce qu'il avait fait. Hâroûn, dissimulant sa colère, feignit de l'approuver (2), mais chercha à découvrir la retraite de l'alide. Apprenant

(i)Tabarî, Chronique, trad. Zotenberg, IV, 463. — Dans le texte arabe (éd. De Goeje, III, 668-669), Aboû Rabi'a reproche à Yahyâ d'avoir trop de pouvoir ; il devient arrogant et n'est d'aucune utilité au khalife. — Barani a conservé l'anecdote suivante. Après la chute des Barmécides, un homme du peuple s'écria devant Fadl : « La louange soit à Allah ! nous avons vu les Barmécides dans la misère et l'affliction! — Quel mal t'ai-je donc fait, moi, mon père ou mon frère, dit Fadl, pour que tu montres une telle joie en nous voyant dans le malheur ? » Cet homme déclara que personnellement il n'avait aucun grief contre les Barmécides, mais que la rumeur publique les accusait d'être athées ou hérétiques [Akhbâr-é Barmekiyân, éd. de Bombay, i25- 127). Toutes ces accusations sont-elles fondées? Si un certain nombre de témoignages font des Barmécides de mauvais Musulmans, des athées ou des Zoroastriens attachés à l'ancien culte de la Perse, d'autres, bien plus nombreux, se portent garants de leur orthodoxie et de leur piété. Quoi qu'il en soit, M. Barthold estime que les croyances musulmanes s'aflaiblirent alors qu'ils étaient au pouvoir. « Ce qui suffit à prouver que la chute des Barmakides coïncida avec un retour aux pures traditions de l'Islam, dit-il, c'est qu'à partir de 187 les monnaies nouvellement frappées cessèrent de porter le nom du khalife ou des héritiers du trône, comme l'usage s'en était établi depuis al-Mahdî. » (Article Barmakides dans rEncyclopédie de l'Islam, II* livraison, p. 683.) Par une bizarre ironie, les Barmécides, considérés par certains, au temps de leur puissance, comme un danger pour l'orthodoxie sunnite, sont devenus, dans des légendes qui ont cours en Perse, les ennemis du Chiisme. On les accuse d'avoir contribué à la (in du septième imam, Moûsâ Kâzem, mort de façon tragique sous le khalifat de Hâroûn : sa malédiction, ajoutent ces mêmes légendes, aurait amené leur ruine.

(2) Tabari, Chronicon, éd. De Goeje, III, 669-671. — Trad. Zotenberg, IV,

b'4 LES BARMÉCIDES d'aPRÈS LES HISTORIENS ARABES ET PERSANS

que celui-ci était en Khorassan, il envoya aussitôt dans cette province 'Alî ibn 'Isa ibn Mâhân.

A partir de ce moment, le khalife se montra d'une grande froideur avec son vizir Yahyâ et DjaYar. Le premier étant entré un jour chez le khalife sans en avoir demandé la permission, celui-ci lui rendit à peine son salut et, s'adressant à Djibrail ibn Bakhtichoû', se dit fort choqué de voir son vizir entrer de la sorte. Yahyâ s'excusa aussitôt: il lui était autrefois permis d'entrer sans autorisation. Il ignorait que cela avait fini par déplaire au khalife, et désormais il se tiendrait au deuxième ou au troisième rang parmi les visiteurs. Hâroûn, honteux, ne répondit pas (i). Il donna l'ordre aux ghilmân de ne plus se lever quand son vizir entrerait, et celui-ci dut leur répéter plusieurs fois ses ordres pour en être obéi. Très affecté du changement du khalife, Yahyâ n'osa cependant pas demander son congé (2).

On prêtait à Moûsâ ibn Yahyâ des projets de révolte. « Bien des personnes, vint dire un de ses parents au khalife, le regardent comme le véritable imam et prélèvent pour lui le cinquième de leurs biens. » Hâroûn attacha une grande importance à ces paroles et récompensa le dénonciateur.

Yahyâ ibn 'Abd Allah, repris, fut envoyé à Basra et mis à mort. Rassuré de ce côté, Hâroûn se tourna contre les Barmécides (3).

(i) Tabarî, Chronicon, éd. De Goeje, III, 668.

(2) Tabarî, Chronique, trad. Zotenberg, IV, 466.

(3) ibid.

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