Tome III, Q
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quitta, se rendit chez le lieutenant de police , et celui - ci le suivit au palais.
<( Monsieur, lui dit le roi, il y a un )) tripot dans la rue aux Ours-^ vous )) devez le savoir, et vous l'ignorez.
)) Que dans deux heures cette maison )) soit saisie, la banque portée au trésor , » et les banquiers au cachot : sortez. )) Vous, Charles, montez à cheval, et )) portez ce paquet au commandant de )) Spandaw (i) ».
Charles se défiait un peu du contenu de la lettre j le jeu était rigoureusement défendu; Frédéric ne pardonnait pas une désobéissance, sur- tout à ceux que son affection devait rendre plus dociles à ses volontés; cependant quelqu'ordre qu'il eût à porter à Spandaw, il n'y avait pas à balancer : il partit ; il s'arrêta sous les croisées de Brandt ,
(i) Forteresse et prison d'état, à deux milles de Berlin,
il l'appela, lui fit part de ses craintes, lui dit adieu, et prit assez tristement le chemin de la forteresse, en s'applaudissant intérieurement de laisser le brave homme à l'abri du besoin, et dispensé du travail.
Pendant que notre page avançait le plus lentement qu'il lui était possible, Frédéric, qui n'oubliait rien, écrivait à Werner :
c< Général,
(( Charles commence à faire des sot- )) tises : ne vous alarmez pas ; tous les )) hommes en font. Les siennes sont )) de nature à être punies, et je l'en- )) voie à Spandaw. Soyez tranquille, » je vous le répète : le cœur est bon ; )) ce sont ses regrets qui l'ont tralii )) pendant son sommeil. Cependant je )) le tiendrai en prison jusqu'à ce que )) je puisse l'occuper de manière à ce )) qu'il ne trouve pas un moment à )) lui ».