‹ Les barricades, scènes historiques, mai 1588Chapitre 18 sur 61 · L.X. GUICHE · texte numérisé non relu

L.X. GUICHE

En conscience . je n'en sais rien.

VILLEROI , haut.

Pour moi , messieurs, je suis convaincu que

i64 LES BARRICADES.

si monsieur le duc met le pied dans la ville , Sa Majesté le lui aura permis sans nous en faire part.

Pardonnez-moi , monsieur , c'est contre le gré de Sa Majesté , c'est même a son insu , que monsieur de Guise ose venir.

VILLEQTJIER.

Mais , en vérité, vous savez tout . le dessus et le dessous des choses 5 rien ne vous échappe. Certes , vous avez là un singulier privilège • car nous autres , membres du conseil tout comme vous , nous ne savons jamais rien.

LA GUICHE

Indiquez-nous donc la source où Ton s'approvisionne si bien de vérités ?

d'elbekke.

Elle serait trop vite tarie si nous étions tant de gens k y puiser.

VILLER01.

Monsieur d'Elbenne fait le mystérieux.

VILLEQriER.

Entre collègues ce n'est pas bien.

LES BARRICADES. i6S

VILLEROI

J'espérais que les secrets et les cachotteries étaient partis du Louvre avec le seigneur d'Épernon.

VILLEQriER.

Ah ! fi donc ! mon ami , vous faites injure à monsieur l'abbé en lui donnant un trait de ressemblance avec ce vilain serpent.

D^ELBENNE.

Messieurs , je serais fier de l'imiter dans sa manière de servir le Roi et l'Etat.

LA GUICHE

En vérité , vous êtes de ses amis? Eh bien ?

voilà le premier que je rencontre} vous ne

devez pas trouver beaucoup d'écho.

Entrent le chancelier d'O , Alphonse d'Ornano et quelques gentilshommes .

Je gage que ces messieurs vont faire chorus

avec nous.

S' adressant aux nouveau^venus .

N'est-il pas vrai , messieurs , qu'on respire

plus à l'aise en ce pays . depuis que messire

d'Épernon en a délogé ?

i66 LES BARRICADES.

LE CHANCELIER

Il n'y a qu'une voix la-dessus , monsieur le gouverneur : chacun se réjouit de voir enfin le soleil après une si longue éclipse.

Nous commençons à pouvoir aborder Sa Majesté à toutes les heures , et sans être écou' tés par quatre oreilles au lieu de deux.

VILLEROI

Il est certain qu'on ne vit jamais page ni chien couchant plus constamment sur la trace de son maitre que celui-là.

VILLEQUIER

Il suivait Sa Majesté comme son ombre.

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