SCÈNE V
Mardi lo mai , 9 heures du soii-.
L'hôtel de Guise , faubourg Saint-Antoine.
Un salon. A droite , une grande chemine'e sans feu , et remplie de feuillage et de fleurs, selon l'usage du temps; à gauche, des feuêlres donnant sur la cour. Dans le fonJ , une porte qui conduit à une galerie , et devant cette porte une tapisserie suspendue à une tringle de fer par quatre anneaux.
Aumilieu du saloD , une table servie et trois couverts.
Le signorRondolello , maître de chapelle de madame de Montpensier , accompagné de dix Tnusiciens , savoir quatre comem.uses , trois clarinetles et trois bassons {fagolti ] , dispose les pupitres et les banquettes pour donner une sérénade.
RONDOLETTO.
Dunque, signori fagotti , attenzione.... Nettoyez ben vos tuyaux . se vi piace , perche la poussière pourrait compromettre la mia riputazione ; e voi , signori cornamuse , soufflez
ferme. Attenzione. ( A Tune des clarinettes.) Ah ! per carità , signor francese . un poco d'estro , indiavolatevi. Attenzione , eccoli quà.
Un page relève la tapisserie suspendue devant la porte de la galerie. Entrent la duchesse de Montpensier , le duc de Guise , d'Espignac , archevêque de Lyon ; après eux Brissac , Saint-Paul , Bois-Dauphin et Chamois.
Le duc, la duchesse et d'Espignac s'asseyent. d'espignac. après avoirfait le signe de la croix. Voilà pourtant plus d'une heure que nous faisons attendre cet excellent souper.
GUISE
Il faut t'en prendre à notre chère duchesse,
LA DUCHESSE
Que voulez -vous? la joie m'a ôté l'appétit.
d'espigxac.
Je gage qu'au Louvre on ne mangera guère non plus , mais ce sera pour un autre motif.
guise , à la duchesse.
Comment , des musiciens ? Sans doute une de vos galanteries , ma mie ?
LA DUCHESSE
Musiciens d'Italie , mon cher Henri : c'est la fleur des sérénades : écoutez
Elle fait signe à Rondoletto .
RONDOLETTO.
Diavolo , attenzione !
Il donne un grand coup de son bâton de mesure sur le plancher , et la symphonie commence .
Les clarinettes débutent par une phrase excessivement lente , a ta manière du plain-chnnt ; les cornemuses la répètent , puis les bassons , et les trois parties continuent à se suivre ainsi , toujours a pas de tortue.
GUISE , à la duchesse , sans faire attention à la
symphonie.
Vous ne mangez pas de cette chou-croute ?
LA DUCHESSE
Non , je n'ai pas grand goût pour vos mets lorrains.
GCISE.
Vous les trouvez trop épicés ! Eh bien ! en revanche , vos ménestrels me semblent un peu fades.
LA DUCHESSE
Comment, des Italiens? Vous aimeriez mieux
peut-être vos tambourins de Lorraine? — Et vous , dEspignac , qu'en pensez-vous ?
D*ESPiG>"AC , la bouche pleine.
Voici des perdreaux farcis que je trouve divins.
LA DUCHESSE
Mais voyez donc, moi qui comptais si bien régaler vos oreilles !
criSE.
Que voulez-vous? ils nous jouept des airs à mener les morts en terre.
LA DUCHESSE
Allons , Rondoletto . un peu plus vite, s'il est possible.
RONDOLETTO.
Signora duchesa , c"è il gran stile , dell' invenzione delsignorZarlino di Bologna : musica stupenda !
LA DUCHESSE
Soit , mais un peu plus vite.
ROKDOLETTO.
Dunque sarà mezzo oarattere. Attenzione , signori fagotti !
2n6 LES BARRICADES.
SAIKT-PATJL.
Je gage qu''ils vont encore nous ennuyer. Monseigneur , dites-leur plutôt de nous jouer le branle des huguenots; au moins , ça veut dire quelque chose !
GCISE.
Parbleu ! c'est vrai. — Allons , mon compère , le branle des huguenots.
nONDOLETTO.
Signore mio , non lo conosco. {j4 part. ) Brutta musica !
GUISE
Eh bien ! la rotissade.
RONDOLETTO.
Non la conosco , signore mio.
GCISE.
En ce cas , mon compère , plus de musique. Descends à la cuisine , on te donnera quelque chose.
ROKDOLETTO.
Mille grazie , signore mio. {A part. ) Oh ! bestie ! bestie tutti quanti ! {A ses musiciens.) Prenez bien garde à vos tuyaux . signori cla-
rinetti , on ne va pas tous les jours à Venise
pour les faire raccommoder. — Mille grazie ,
mio signore.
Les musiciens sortent.
GUISE , à (TEspignac.
Ah ! çà , notre saint père , quand feras-tu donc quartier à ce pauvre cochonneau ?
DESPIOAC.
Quand mon pauvre estomac ne sera plus aux abois, monseigneur : ce n'est pas jeûne aujourd'hui; je suis en règle .vous n'avez rien à médire. [Il continue â manger gloutonnement. )
Entre Bussy.
CUISE
Ah ! c'est vous . maitre Bussv : donnez-moi votre main . mon camarade.
BUSST.
Je baise la vôtre , monseigneur.
Eh bien ! tremblez-vous toujours ?
BUSST.
Non , monseigneur . depuis hier vos amis ne tremblent plus ; mais c'est maintenant le
tour de votre bien-aimé cousin. On m'a conté l'entrevue de tantôt , et je vous jure que j'ai plaint le pauvre diable de toute mon âme. GtnsE , se levant , dit aux laquais.
Enlevez ce couvert. {A la duchesse.) J'ai fait dresser des tables dans la galerie : si quelques tours de pi'ime peuvent vous tenter , voici ces messieurs tout prêts à vous tenir tête.
LA DUCHESSE
Vous y viendrez aussi ?
GUISE
Deux minutes . et je suis à vous.
Z^ duchesse , d'Espignac , Brissnc , Snint-Faul , Chamois et Bois- Dauphin sortent par la porte de la galerie. Guise et Bussy restent seuls , Guise assis dans un grand fauteuil devant la cheminée y Bussy debout.
Eh bien ! qu'en dites-vous , Bussy ? avais-je tort de ne pas vous écouter hier ? Ne sommesnous pas maintenant dans une admirable position ?
BUSST
Grâce à un vrai miracle , monseigneur.
GOSE.
C'est là le secret , mon cher : il faut savoir
risquer à propos. Sans cette visite qui vous faisait si peur , dès aujourd'hui j'étais obligé de me mettre en guerre ouverte , et vous savez si nous sommes en état ?
BUSSY
Ma foi , je ne vois guère ce qui nous en empêcherait.
GUISE
Je prétends ne rien brusquer.
BUSST.
Vous ne comptez pourtant pas attendre qu'on vous attaque ?
criSE.
Pardonnez-moi.
BUSSY
Mais, monseigneur, ne m'avez -vous pas
dit hier à la porte Saint-Denis
GciSE , Tinterrompant.
Vous avez mal compris : il me faut un prétexte, un prétexte puissant.
BUSST.
Diable ! nous voilà bien loin de compte , monseigneur ; car si le prétexte n'arrive pas ,
a8o LES BARRICADES.
vous allez passer tout votre été a faire des visites au Louvre , ou à jouer tranquillement à la prime et au passe-dix.
cm SE.
Pesez mieux vos paroles , je vous prie : je passerai mon été comme bon me semblera.
BUSSY
A coup sûr , monseigneur ; mais , de grâce , mettez-vous à la place de pauvres diables , qui risquent tous les matins de se faire pendre pour votre service.
GUISE
Pourquoi , diantre ! êtes-vous si pressés ?
BUSST.
C'est qu'il y a cinq ans que nous attendons : et qu'à la fin on se lasse du métier. Vous , monseigneur , rien ne vous presse , je le conçois bien : tant que vous, aurez l'épée dans le fourreau , vous êtes sûr de garder votre tête sur vos épaules , et de rester duc de Guise. Voilà pourquoi vous hésitez.
GxnsE , éleuant la voix.
Je n'hésite pas ; mais j'ai mes plans , et
j'entends qu'on me laisse les exécuter à ma fantaisie.
BUSSY
Soit, monseigneur 5 mais nous aussi , nous avons nos plans.
GUISE
Et quels sont-ils ? s'il vous plaît ?
BUSSY
De nous rendre maîtres de la ville et «lu Louvre après demain matin , pas plus tôt , pas plus tard.
GUISE
Enfantillage.
BUSSY
Nous l'avons juré.
GUISE
Et que pouvez-vous sans moi... ?
BUSSY
Vous vous mettrez à notre tête j monseigneur.
GUISE
Non pas , ventrebleu !
BUSSY
En ce cas , monseigneur...
crisE.
Eh bien... ?
BUSSY
Si votre seigneurie refuse , le roi d'Espagne a des enfans...
GUISE
Qu'est-ce à dire , monsieur Bussy ? Vous êtes un maître fourbe.
BUSST.
Pardonnez-moi , monseigneur.
GUISE
Un double traître !
BUSST.
Non pas , monseigneur.
GUISE
Je croyais avoir mieux placé ma confiance. Bussr.
De grâce , monseigneur, écoutez-moi. Foi d'honnête hoir» me , je voudrais, pour l'amour de vous , passer par le trou dune aiguille. Dieu et tous les saints me sont témoins que je ne mets jamais les pieds à l'ambassade d'Espagne; et si je formais la Sainte-Union à moi
tout seul , pensez-vous que je vous tiendrais de tels discours ? Mais vous savez bien que nous sommes de toutes les couleurs j et même, parmi nos vrais amis , je ne vous cache pas qu'il y en a bon nombre qui ne se feraient pas scrupule de planter là votre seigneurie. Ces maudits doublons sont si puissans !
GT7ISE.
Je ne suis pourtant pas d'humeur à me laisser faire la loi.
BUSSY
A votre place , monseigneur , j'en serais tout consolé : la partie est si belle !
GUISE
Morbleu ! je sais un moyen de leur faire sentir la bride. Dites-moi, n'ai-jepas de quoi les faire pendre vingt fois tous tant qu'ils sont ?
BUSSï.
C'est très vrai , monseigneur 5 mais ils ont aussi entre leurs mains certaines lettres de vous dont le parlement ferait bien son profit. Ainsi , c'est tout un entre vous et eux : ils sont sous votre griffe , et vous êtes sous la
284 l-ES BARRICADES.
leur. Ce qu'il vous reste de mieux à faire , c'est donc de vous ménager les uns les autres. Un peu de politique, monseigneur. Si je vous parle si ferme et si franc , c'est que j'ai à cœur , plus que vous , peut-être , de vous saluer au Louvre du nom de roi j et , pour preuve que je suis vraiment votre loyal serviteur, je vais de ce pas porter à nos amis votre parole de duc qu'après demain , à cinq heures du matin , vous serez à cheval , et Tépée au poing.
GUISE
Pas de mauvaise plaisanterie , morbleu ! je vous dis encore une fois...
BUSST.
Monseigneur pourra faire ce qu'il lui plairaj mais quand il me donnerait mon pesant d'or, je ne me chargerais pas de rapporter à mes amis une autre réponse que celle-là. Après tous les mensonges que je leur ai forgés pour donner bonne couleur à vos retards , il m'assommeraient si je leur disais la vérité. Arrive que pourra , ils vont recevoir votre parole , et vous la tiendrez , monsejgneur , parce que vous êtes homme de cœur , et que vous savez
qu'une occasion perdue ne se retrouve plus. Mille pardons , monseigneur.
// prend son chapeau et se dirige vers la porte.
GUISE , vivement.
Ne partez pas , Bussy . . . Ce sont des folies . . . vous allez tout perdre...
BUSST.
Monseigneur , j'aurai l'honneur de venir prendre vos ordres demain à votre lever.
// sort.
GUISE, seul.) et se promenant lentement.
Je m'en doutais , ils veulent m' entraîner... mais je leur tiendrai tête. — Prenons
garde cependant quils ne m'échappent
après tout, pourquoi tant de prudence? la place n'est pas si forte qu'on ait besoin de l'assiéger en règle 5 un bon coup de main fera l'affaire. Je mettrai tout sur le compte d'une émeute : c'est une excuse qui en vaut une autre. ( Il s'assied. ) Il est dur pourtant de se sentir dominé par cette canaille • il n'y a pas à dire, je suis leur valet... j mais si jamais...
c'est une leçon.
Entre d'Espignac,
d'espign A.C , riant à demi-voix.
Ah ! vous êtes là . monseigneur ! par saint Georges . vous allez rire ! — Mais qu'avez-vous? vous paraissez tout rêveur.
GtlSE.
Moi ? non... je n'ai rien. — Qu'est-ce donc qui te fait rire ?
• d'espignac.
Imaginez-vous que ce pauvre ambassadeur d'Espagne...
GUISE
Il est donc là , l'ambassadeur ?
d'espigkac.
Oui , monseigneur.
GUISE
Son neveu est-il avec lui ?
d"espigka.c.
Non.
GursE.
Tant mieux, c'est un espion de moins. Quant à l'oncle , il n'est pas dangereux.
d'espigkac.
Oh ! non , par Dieu , je vous jure , et sur-
tout à la prime. A peine entré , le pauvre diable est allé s'asseoir à côté de la duchesse qui , au lieu de le laisser débiter sa vieille galanterie espagnole , lui a mis sans pitié lés cartes à la main, et , en vérité , je crois qu'elle l'a pipé , car en moins d'un instant , elle lui avait gagné trois cents doublons : c'est un vrai pillage , et si vous ne vous en mêlez , la bourse de l'ambassadeur va s'en aller à
sec.
GUisE, -préoccupé.
Ma foi , laissons-les faire ,- c'est de l'argent de bonne prise. — D'Espignac , tu vas écrire à d'Aumale de nous amener ses lansquenets demain dans la journée.
d'espignac.
Quoi ! déjà , monseigneur ? il y a donc quelque nouvelle anguille sous roche ? — Mais voilà notre pauvre ambassadeur délivré.
Enlrent l'ambassadeur , Maynci'ille , Chamois et Bois-Vauphin.
GUISE , allant au-deuant de l'ambassadeur.
C'est très bien à vous , monsieur l'ambassadeur, de venir visiter de pauvres proscrits dans leur retraite : je suis seulement fâché que ma
a88 LES BARRICADES.
sœur vous ait fait si mal mes honneurs : on dit qu'elle vous a cruellement maltraité.
l'ambassadeur , saluant et balbutiant.
Oh! bagatelle...
d'espignac , répondant pour lui.
Monsieur l'ambassadeur n'est pas homme à se plaindre : ce sont les chances de la guerre.
Ent,-e la duchesse suiuie de Brissac.
GUISE
Eh bien ! ma mie , arrivez donc. Vous fautil tant de temps pour compter votre fortune?
LA DUCHESSE
Sans l'aide de monsieur de Brissac , je ne serais pas encore là. En vérité , mon cher Henri, j'ai tant de bonheur depuis deux jours, que j"en perds la tête. ( Elle s'assied. ) Vous riez, messieurs? mais voyez, je vous prie, si tout cela ne tient pas du prodige. D'abord , notre cher duc se tire de la gueule de la baleme à-peu-près aussi miraculeusement que feu Jonas ; je gagne plein ce sac de doublons , moi qui perds toujours ; et ce qui est bien plus
inexplicable, je trouve onze fois le roi dans mon jeu! onze fois, entendez-vous, Henri? Il est impossible que cela ne signifie pas quelque chose.
d'espignàc, dun air moqueur ^ à F ambassadeur. Qu'en dit votre grandesse ?
l'ambassadeur, balbutiant.
Oh! bagatelle...
LA nrCHESSE,
A propos , monsieur lambassadeur , sans rancune. A dire vrai , c'est tout plaisir de vous gagner j avec vous, pas le plus petit remords ? car , je vous le demande , qu'est-ce que cinq cents doublons de plus ou de moins, quand on a le Pérou à son service?
l'ambassadeub , s' efforçant de rire.
Ho! ho! ho!...
GUISE
Monsieur l'ambassadeur est-il aUé au Louvre , ce soir ?
LAMBASSADEUR.
Oui, monseigneur , je m'y suis présenté^ mais le Roi ne recevait pas.
LA DUCHESSE
L'entrevue de ce matin lui aura donné la migraine.
l'ambassadeur.
Il y avait grand désordre au château. Croiriez-vous , monseigneur , qu'on n'avait pas encore allumé une seule bougie à la nuit close ? il a fallu que mes propres valets m'éclairassent jusque dans la galerie.
GUISE
Si c'est ma présence qui leur donne tant de souci , je ne les comprends vraiment pas, Suis-je donc un homme si dangereux?
LA DUCHESSE
Pas tant de modestie, seigneur duc. Je vous promets que si j'étais fr^re Henri de Valois , vous me feriez une peur horrible. Il va , je gage, vous voir en rêve toute la nuit. Quel cauchemar ! il n'en dormira pas , le pauvre pénitent.
GUISE
S'il a peur , ce n'est pas faute d'être bien gardé. J'ai compté hier trois cents hallebardiers pour le moins , rangés en haie dans son vestibule.
■jgi
LA DUCHESSE
Oui , mais j'aurais encore mieux aimé votre cortège que le sien.
On entend des cris dans la rue .
b'espio'Ac.
Quel est ce bruit?
Brissac oiwre la fenêtre , et l'on distingue ces cris : Vive monseigneur de Guise !
LA DUCHESSE
Il n'est pas besoin de leur demander qui vive ! ce sont des amis.
Les ctis s'approchent de plus en plus, Onfrappe h la porte de l'hôtel.
GUISE
Majneville , allez donc voir ce qu'ils viennent chercher ici à l'heure qu'il est.
Mayneville sort.
BRISSAC, à la fenêtre, et s'' adressant au portier.
Eh bien ! Mathurin , qu'est-ce que tu attends pour ouvrir ? N'entends - tu pas comme on frappe ? De quoi as-tu peur ?
d'espignac.
U n'est pas des plus braves , le pauvre garçon. Quand je suis entré hier avec mes ca-
Valiers , j'ai cru qu'il allait tomber à la renverse.
BRissAC , toujours à la fenêtre^ et se retournant vers le duc.
Ce sont des hommes d'armes, monseigneur : ils portent l'habit de la garde bourgeoise. GUISE , à part.
Sans doute quelque tour de maître Bussy* Je m'y attendais.
BRISSAC , jermant la fenêtre.
Voilà Mayneville qui revient.
tA. DrcHEssE , courant ouvrir la porte à Mayneville
Eh bien ! monsieur de Mayneville , qu'est-ce qu'ils veulent ?
MAY>EVILLE , aU duC.
Monseigneur, c'est la compagnie de la place de Grève et celle du Marché-neuf qui viennent vous demander le mot du guet.
GUISE
A moi ?