DN ÉCOLIER
Il est donc huguenot ?
VS MOIKE.
Ma foi, le duc n'est plus là, nous allons nous divertir.
MARTEAU
Celui-là paiera pour l'autre : cest encore un Viilet du Louvre , un cafard , un espion.
GUILLAUME
Grâce ! grâce ! monsieur le maître aux comptes , pourquoi voulez-vous qu'on m'assomme ? je ne vous parlerai jamais des cinquante pistoles que vous m'avez empruntées à la Saint- Michel.
MARTEAU
Tu en as menti , vieux cuistre , je ne te dois pas un liard.
GUILLAUME
Soit : mais pourquoi voulez -vous qu'on m'assomme? je vous promets de vous garder gratis votre robe et votre bonnet, item, vous me devez bientôt quinze mois.
MARTEAU
Veux-tu te taire ? Allons, camarades, cassezlui les os.
GUILLAUME
Écoutez , monsieur Marteau . écoutez : nous ne dirons plus un mot de tous les dîners à la buvette...
MARTEAU , Je jetant par terre d'un coup de pied.
Tiens , voilà pour tes dîners... Allons, courage , chacun un coup de bâton sur ses vieilles épaules de bois, il nous dira quel bien ça
fait.
4io LES BARRICADES.
GriLLAtTME.
Ave ! aye ! au secours !
BRISSAC
Monsieur Marteau , je vous en supplie , je vous demande sa grâce.
MARTEAU
Monsieur le comte , si vous voulez commander l'exercice , allez chercher vos lansquenets . nous autres nous n'aimons pas les ordres.
criLI.AUME
Miséricorde? aye ! aye! au secours !
Entrent un écolier et un moine, tout courant. lÉCOLIEK.
Holàî les amis, qu'est-ce que vous faites donc plantés comme des grues derrière ces vieux tonneaux ? il faut venir de l'autre côté de Teau , c'est la qu"il y a de bons coups à faire. Voilà tous les huguenots qui décampent des prés Samt- Germain : les gueux ! si nous n'y prenons garde , ils vont emporter leur argent.
MARTEAV.
Bravo ! aux huguenots . morlilen ! aux lui-
LES BAKRICADES. 4»i
<njeuots : ca vaut encore mieux que d'assoramer ce vieux hibou.
tJN BOURGEOIS.
Mais qu'est-ce qui gardera la barricade ?
ru ÉCOLIER.
Elle se gardera bien toute seule.
MARTEAU
Restez , si vous voulez , moi j'y vas.