LES ÉCOLIERS, LES MOIKES, LES FEMMES ET QUEL- QUES BOURGEOIS
Nous vous suivons , père Marteau.
BRissAC , à Marteau.
Donnez au moins le bon exemple, monsieur ; vous vouiez donc que les hallebardicrs du Roi se saisissent de la barricade? Aidez - moi à les retenir.
MARTEAU
Est-ce que j'ai des ordres à recevoir de vous?
BRISSAC
Sans doute , monsieur ; je puis vous sommer au nom du duc...
MARTEAU
Au nom du. duc! que voulez-vous dire , mon
4ia LES BARRICADES.
cher monsieur l'officier , il ri y a ni duc ni roi qui nous fassent peur. Vous autres , gens fie Lorraine , vous n'en voulez qu'à ce benêt de Valois 3 eh bien ! gardez - le dans la souricière, c'est votre affaire : la nôtre , c'est d'aller dire adieu à ces damnés des prés Saint -Germain Au nom du duc... ! morbleu! mes
amis • au nom de Michel Marteau ! mort aux huguenots !
// sort suwi d'une foule d'e'coliers , de femme s , de TJioines et de bourgeois .
UN BOURGEOIS , à SOU VOisiu.
Reste donc ici , Guichard ; ce Marteau est un fou qui ne veut pas de bien à monseigneur. Monsieur de Brissac a raison , il faut garder la barricade.
BRISSAC , à ceux qui sont restés.
Vous autres qui êtes plus raisonnables, serrez bien vos rangs , mes amis , et allumez vos mèches. Surtout, attention aux mouvemens de l'ennemi. — {A part.) Ah ! cà , il faut un peu se désaltérer 5 mon pauvre gosier est tout en feu, j'ai tant crié après ces chiens de déserteurs. Ah ! bon Dieu ! bon Dieu ! quels mauvais
soldats que la canaille.
// entre dans le cabaret.
LES BARRICADES. 4i3