‹ Les bases d'une paix durable, écrit à la demande du New York timesChapitre 6 sur 11 · H2 LES BASES D'UNE PAIX DURABLE · texte numérisé non relu

H2 LES BASES D'UNE PAIX DURABLE

n'y a qu'à répondre qu'il y a là une supposition aussi hardie que dangereuse.

Il y a un exemple encore plus intéressant à citer. Le 20 avril 19 14 dans un discours solennel adressé au Congrès, le Président des Etats-Unis relatait certains incidents qui s'étaient produits au Mexique, à Tampico, le 9 avril et les jours suivants. Après avoir mis en lumière les faits relatifs à ces incidents le Président poursuivait ainsi : «Je viens donc vous demander d'approuver que je fasse de la force armée des Etats-Unis tel usage qu'il pourra être nécessaire pour obtenir du général Huerta et de ses partisans pleine satisfaction pour les droits et la dignité des Etats-Unis.» Deux jours plus tard le Congrès adoptait une résolution conjointe déclarant le Président autorisé à employer la force armée des Etats- Unis afin d'obtenir réparation complète pour le traitement insultant et indigne dont les Etats-Unis avaient eu à souffrir ; en même temps le Congrès répudiait au nom des Etats-Unis toute pensée d'hostilité à l'égard de la nation mexicaine et toute idée de guerre contre le Mexique. Entre le jour où le Président s'adressait au Congrès et celui du vote de la résolution conjointe, à savoir le 21 avril, agissant en vertu d'ordres reçus par lui, l'amiral commandant l'escadre américaine au large de Vera Cruz, débarquait sur ce point un détachement de troupes de marine et s'emparait des bâtiments de la douane. Au cours de ces opérations il y avait eu du côté des américains dix-neuf soldats de marine de tués et soixante-dix de blessés, tandis que du côté des Mexicains les pertes s'étaient

élevées à cent vingt-six tués et cent quatre-vingtquinze blessés. Que légalement c'ait été là un acte de guerre, nul ne pourrait le nier.

A l'époque où se produisaient ces incidents il existait entre les Etats-Unis et le Mexique un traité stipulant en termes exprès que tout différend qui s'élèverait entre les gouvernements des deux républiques devrait, à moins d'impossibilité, être réglé de manière à ne pas troubler l'état de paix et d'amitié existant entre elles à la date de la signature du traité et que si les deux gouvernements se trouvaient hors d'état d'arriver à s'entendre ils n'auraient pour cela recours ni l'un ni l'autre à des représailles, à des actes d'agression ou d'hostilité d'aucune nature sans que le gouvernement qui se considérerait comme partie lésée eût mûrement examiné dans un esprit de paix et de bon voisinage s'il ne vaudrait pas mieux que le dit différend fût soumis à l'arbitrage de commissaires désignés par les deux parties ou à celui d'une nation amie. Cette stipulation, qui faisait partie du traité de Guadalupe Hidalgo signé le 4 juillet 1848 était explicitement réaffirmée dans le traité connu sous le nom de Traité Gadsden, signé le 30 juin 1854.

Tels étant les faits, ceux qui préconisent l'emploi de la force pour contraindre une puissance à soumettre ses différends internationaux à une autorité judiciaire ou à un conseil de conciliation avant de commencer la guerre ou même avant de menacer de la faire soutiendraient-ils que s'il avait existé en 19 14 un arrangement de ce genre il eût été du devoir

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